LA PRESSE CANADIENNE
Tom Higgins
Directeur de l’arbitrage, LCF
Les derniers jeux du match Als-Bombers
Si vous êtes des lecteurs réguliers de cette chronique, vous savez que j’ai une confiance énorme en nos officiels. Ils font un très bien un travail qui est très difficile et pour cela, ils méritent notre admiration et notre respect. Vous savez également que je crois à l’honnêteté – et au fait d’admettre que des mauvaises décisions ont été rendues. Vendredi soir dernier lors du match opposant les Bombers aux Alouettes, il y a eu sept pénalités d’appelées pour interférence contre le receveur. Certains étaient mauvais, mais un en particulier, à la toute fin de la partie, était terrible. Le receveur de Winnipeg a agrippé le demi défensif de Montréal et est tombé au sol, dans une tentative évidente d’obtenir un mouchoir – et il a réussi. Ce n’est pas acceptable et je m’occupe de cette situation. Également, certains amateurs des Bombers me demandent si un autre jeu aurait dû être joué à la fin du match, après que l’équipe ait été arrêtée pour une deuxième fois à la porte des buts. J’ai revu les dernières secondes du match et il n’y a rien qui me permet de conclure que cela aurait dû être le cas. Il faut être conscient que les cadrans de nos tableaux indicateurs n’indiquent pas toujours les fractions de seconds. Ce qui est 8 secondes peut être en réalité 7,1 secondes. Il faut aussi tenir compte du fait que le temps s’écoule du moment où le ballon est mis en jeu jusqu’au son du sifflet et que celui-ci ne se fait pas entendre sur le premier contact. Nous demandons à nos officiels d’être «patient avec leurs sifflets» en situation de courts gains afin de permettre au porteur du ballon d’y aller d’un deuxième ou d’un troisième effort – jusqu’à ce qu’il soit au sol, que sa progression soit arrêtée et qu’il soit repoussé vers sa zone de buts.
Maintenant, passons à vos questions.
Q. Pour moi, l’un des aspects les plus intéressants du livre des règlements de la LCF, c’est simplement de lire tous les scénarios de jeux imaginables qui sont couverts, dont des situations de jeu qui sont rares et dont je me demande sérieusement si elles pourraient survenir. Je pense au botté échappé pour un placement (je suis persuadé que ça ne s’est pas produit au cours de ma vie) ou encore le blocage en tandem, que j’ai vu dans le livre, mais que je ne souviens pas d’avoir vu puni depuis que je suis les activités de la ligue, soit près de trois décennies. Bien que ces situations soient rares, elles pourraient tout de même se produire et, dès lors, elles deviendraient des moments importants d’une partie. Voici ma question : comment se préparent les officiels de la LCF pour ce genre de situations? Croyez-vous que vos officiels seraient feraient du bon travail pour appeler un blocage en tandem ou si un receveur capte une passe, puis tente un placement sur un botté échappé? Est-ce que vous passez du temps pour vous préparer à des situations que les officiels ne vivront probablement jamais au cours de leur carrière?
R. Wow, quelle question! Nos officiels passent des heures à anticiper tous les scénarios possibles, peu importe les chances qu’ils se produisent. Plusieurs croient qu’ils doivent être prêts à tout. En passant, l’ancien quart étoile Doug Flutie a réussi un botté échappé lors d’un match de football professionnel, c’était en 2006, pour marquer un converti après un touché. De manière surprenante, cela s’est produit au sud de notre frontière. Ses anciens coéquipiers vous diront qu’il s’exerçait à maîtriser ce type de botté après les entraînements. Et pour ceux qui l’ignoreraient, un blocage en tandem se produit lorsque le bloqueur pousse ou tire le porteur du ballon vers l’avant.
La préparation et les «et si» occupent une part importante du camp d’entraînement des officiels qui a lieu avant chaque saison (oui, nos gars participent aussi à un camp d’entraînement!). En fait, pour tester leur maîtrise et leur connaissance des règlements, nous les soumettons à un test qui présente différents scénarios. Et ils ne doivent pas uniquement avoir la bonne réponse, ils doivent également avoir les bonnes réponses quant au placement du ballon après un jeu qui peut contenir plusieurs changements de possessions, ainsi que d’autres facteurs.
Je vous propose l’une de ces questions. Voici l’une des plus faciles du test de cette année (la réponse se trouvera à la fin de cette chronique). Tentez d’y répondre :
Le numéro 21 de l’équipe A tente un placement de la ligne de 23 verges de l’équipe B. Avant que le ballon croise la ligne de mêlée, il rebondit sur un casque du numéro 52 de l’équipe A, qui est aligné devant le botteur et non pas derrière lui, puis le ballon passe entre les poteaux des buts et au-dessus de la barre horizontale. Le placement est accordé.
Est-ce la bonne décision?
Q. J’ai une question à propos de l’obstruction contre la passé vs contact illégal sur un receveur admissible. Voici la situation : L’équipe A a le ballon et une passe est tentée vers un receveur du côté gauche du terrain. La passe est incomplète, mais il y a une pénalité pour contact illégal sur un receveur de l’autre côté du terrain. La pénalité est de dix verges contre l’équipe B et la séquence offensive se poursuit. Sur le jeu suivant, l’équipe A tente une autre passe du côté gauche et il y a obstruction, mais le ballon est jugé impossible à capter et il n’y a pas de pénalité. Pourquoi cela ne serait pas jugé comme un contact illégal comme sur le jeu précédent? On ne peut pas contredire le contact sur un receveur. Le ballon n’était pas «captable» pour le receveur qui a été touché sur le premier des jeux, mais il y a quand même une pénalité. Je sais que les officiels utilisent les bons règlements. Ma question : pourquoi l’obstruction n’est pas applicable uniquement lorsqu’il est possible pour le receveur de capter le ballon. Dans le cas contraire, on appellerait un contact illégal.
R. Il s’agit de deux fautes complètement différentes. Le contact illégal sur un receveur se produit avant que le ballon soit lancé. L’obstruction se produit lorsque le ballon est en vol. Donc, on ne peut pas appeler contact illégal au lieu de l’obstruction simplement parce que la passe n’est pas «captable». Je crois comprendre que vous suggérer que la pénalité devrait être moins sévère contre le demi défensif entre en contact avec un receveur, même si la passe ne peut être captée. C’est un scénario qui pourrait être considéré par notre comité des règlements.
Les entraîneurs, les directeurs généraux, le conseil des gouverneurs, les joueurs et nos officiels sont tous d’accord : si un ballon ne peut être capté, le joueur défensif ne peut pas illégalement obstruer un receveur. Si le ballon atterri cinq verges à l’extérieur du terrain ou dans les gradins, ou qu’il frappe le poteau des buts ou que la passe se trouve cinq pieds par-dessus la tête du receveur, il n’y a pas de raison de croire qu’il aurait pu l’attraper. Selon nos règles, le demi défensif n’aurait pas obstrué le receveur dans de telles situations.
Voici un autre scénario, qui, je crois, se situe dans le prolongement de votre question: disons qu’il y a contact illégal (le mouchoir est lancé, l’infraction se produit, comme on l’a vu, avant que le ballon soit lance) et le receveur poursuit son tracé. Le quart lance le ballon au même receveur, contre qui une autre infraction est repérée. Nous nous retrouvons dans une situation où il y a obstruction et contact illégal sur le même jeu. L’équipe à l’attaque aurait le choix d’accepter l’une des pénalités, mais pas les deux. Et, disons que, sur ce jeu, la passe est jugée impossible à capter… Dans ce cas-ci, le mouchoir lance pour obstruction serait remis dans la poche de l’officiel, mais la pénalité pour contact illégal serait annoncée.
Réponse à la question
La réponse à la question est la suivante: la bonne décision a été rendue. Le placement est bon.
Selon le livre des règlements, lorsque l’équipe A tente un placement et le ballon botté touche ou est touché par un joueur, peu importe de quelle équipe, avant qu’il traverse la ligne de mêlée, et que le ballon passe entre les poteaux et au-dessus de la barre horizontale, le placement vaut trois points.
Tom Higgins est le Directeur de l’Arbitrage de la LCF. Avant de se joindre à la Ligue canadienne de football, Higgins a passé plus de 25 ans à titre de joueur, d’entraîneur et de directeur du personnel.
| CHOIX | ÉQUIPE | POS | JOUEUR | |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Roughriders | OL | Heenan, Ben | |
| 2 | Lions | DL | Westerman, Jabar | |
| 3 | Blue Bombers | OL | Pencer, Tyson | |
| 4 | Eskimos | OL | Pasztor, Austin | |
| 5 | Stampeders | DL | Pall, Ameet | |
| 6 | Eskimos | WR | Chambers, Shamawd | |
| 7 | Lions | OL | Fabien, Kirby | |
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