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17 novembre 2017

Ray et Glenn : L’âge du succès

The Canadian Press

MONTRÉAL – Qui a dit qu’avoir 38 ans posait problème?

Anthony Calvillo, Henry Burris et Damon Allen pourraient nous dire que c’est à ce moment qu’ils ont connu leurs meilleurs moments, alors que ces trois quarts ont remporté la Coupe Grey à cet âge tardif et même plus.

Ricky Ray et Kevin Glenn aimeraient fort bien ajouter leur propre nom à cette illustre liste, alors que les deux plus vieux joueurs de la Ligue canadienne de football (LCF) essaieront de montrer à ces jeunes loups émergeants qu’ils sont encore dans le coup.

Plusieurs disent que l’âge n’est qu’un chiffre, mais Ray et Glenn sont tout de même bien conscient que leur temps est compté et que s’ils veulent cimenter leur légende, ils devront le faire vite.

Pour Ricky Ray, son histoire extraordinaire est déjà écrite. Trois fois champion de la Coupe Grey, quatre fois nommé étoile de la LCF, une fois joueur par excellence du match de la Coupe Grey et il est présentement quatrième de l’histoire de la LCF au chapitre des gains aériens, derrière Calvillo, Allen et Burris.

Avec un CV comme celui-là, nous pourrions penser que ceux qui ont douté de la capacité de Ray devaient être fort mal intentionnés.

Edmonton l’a échangé après la saison 2011. Le directeur général Eric Tillman expliquait qu’il était temps de développer les plus jeunes quarts.

Ray a gagné en 2012, permettant à plusieurs d’affirmer que ce fut l’une des pires transactions de l’histoire de la LCF.

Depuis ce temps, les blessures ont miné le jeu de Ray, faisant passer Tillman pour un « génie ».

Ray a joué 11 matchs en 2013, 17 en 2014, trois en 2015 et neuf en 2016.

Ricky Ray est sans aucun doute une légende du football canadien (Johany Jutras/CFL.ca).

Ceci a semé le doute dans la tête de plusieurs vis-à-vis de la capacité de Ray de revenir en force en 2017, alors que les Argonauts semblaient vouloir lui trouver un remplaçant. Par la suite, son entraîneur Scott Milanovich a quitté pour la NFL et la direction torontoise tardait à retrouver le droit chemin.

Ce climat d’incertitude dans l’organisation torontoise ne mettait vraiment pas la table pour un éventuel retour de Ricky Ray dans la Ville reine.

Ray a reçu un appel d’un certain Marc Trestman qui venait d’être embauché comme entraîneur-chef des Argos.

La conversation était un test de la part de Trestman afin de connaître le niveau d’engagement restant dans le réservoir du vétéran quart-arrière. L’ancien entraîneur-chef des Alouettes de Montréal voulait savoir si Ray voulait encore jouer.

Ray le voulait encore et Trestman s’est tout de suite engagé envers son quart vedette, lui affirmant qu’il était son homme. Mais après toutes ses blessures, Trestman semblait jouer à la roulette russe.

Ray l’a remercié de cette marque de confiance en lui offrant une saison extraordinaire et une chance d’aller au match ultime de la 105e Coupe Grey. Ricky Ray à encore une fois prouvé qu’il était toujours un quart-arrière dans une classe appart, capable de réaliser les gros jeux lorsque la situation le demandait.

Cette saison, il a terminé deuxième de la LCF au chapitre des verges de gain par la passe et a été nommé sur l’équipe d’étoiles pour la quatrième fois de sa carrière. Pas mal pour un homme de presque 40 ans.

Pour Kevin Glenn, l’histoire est complètement différente.

Le respect ne cognait pas souvent à la porte du quart des Riders. Les organisations pour lesquelles il se donnait corps et âme n’ont pas souvent manifesté leur gratitude envers lui. De la Saskatchewan à Winnipeg, en passant par Toronto, Calgary, Ottawa, la Colombie-Britannique, Montréal et retournant à Winnipeg et en Saskatchewan, Glenn semblait toujours perdre son poste de numéro un aussi rapidement qu’on le lui donnait.

Kevin Glenn pourrait toutefois recevoir tout le respect qu’il mérite si, dans 10 jours, il soulève la Coupe Grey à bout de bras, à Ottawa, pour la première fois de sa carrière.

Alors que Brandon Bridge est l’avenir de l’organisation saskatchewannaise, Glenn a pleinement mérité son poste de quart partant, cette saison (David Stobbe/CFL.ca).

Alors qu’aucune question ne se pose à savoir si Ricky Ray sera intronisé au Temple de la renommée du football canadien, les doutes planaient encore, cette saison, vis-à-vis de la place de Glenn, et ce, malgré plus de 50 000 verges de gain par la passe en carrière.

Selon plusieurs, si Glenn remporte la Coupe Grey 2017, les doutes se dissiperont…

Comme pour Ray, Glenn s’est vu donner une chance incroyable d’être le quart partant de la troupe de Chris Jones, cette saison. Toutefois, Jones ne criait pas sur tous les toits que Glenn était son homme, comme le faisait Trestman, à Toronto.

Jones a plutôt affirmé que le meilleur aurait l’emploi. Et, plus la saison avançait, plus Glenn a mérité son poste, ne semant plus de doutes dans la tête de son entraîneur-chef.

Chris Jones n’a jamais renié le fait que Glenn était son partant, bien qu’il l’ait laissé de côté à quelques reprises pendant l’année, au grand bonheur de Brandon Bridge.

Ray et Glenn se sont affrontés pour la première fois en 2003, alors que Ray a mené les Eskimos d’Edmonton à un autre match de la Coupe Grey, pendant que Glenn est entré dans la finale de l’Ouest, en cours de route, pour presque battre les Esks.

Cinq ans plus tard, Ray a surpassé Glenn et les Blue Bombers de Winnipeg, lors de la demi-finale de l’Est.

Ils ont à nouveau croisé le fer, lors des éliminatoires de 2012 et Ray a encore une fois eu le meilleur sur son vis-à-vis.

Et maintenant, ils se rencontreront en finale de l’Est, ce dimanche.

Deux quarts de 38 ans, l’un veut confirmer son statut de légende et l’autre veut simplement ajouter une autre Coupe Grey à sa collection.

Mais les deux franchises ont visé juste quant à donner les rennes à deux quarts vétérans afin de les mener aux grands honneurs.

D’après un texte de Jamie Nye, sur le CFL.ca.