7 février 2019

Un mot de Randy : La LCF à l’international

LCF.ca

C’est en regardant le sommet du G7 tenu au Québec la semaine dernière – et cet affrontement Trudeau-Trump – que je me suis mis à penser à la place du Canada dans le monde.

Et ça m’a conduit à penser à la place de la Ligue canadienne de football dans le monde. Ceux qui me connaissent bien confirmeront que, dans ma tête, notre ligue et notre pays sont inséparables.

Tout comme le Canada, qui doit compétitionner et gagner sur le terrain de la nouvelle économie, la LCF doit considérer comment elle se positionne à l’international.

La pensée conventionnelle voudrait que la croissance de la LCF soit à jamais limitée par le fait que le football tel que nous le connaissons ici – contrairement au soccer qui est sur le point d’être partout sur vos écrans en raison de la Coupe du monde – n’est apprécié qu’en Amérique du Nord.

Comme c’est souvent le cas avec la pensée conventionnelle, je crois qu’il s’agit d’une erreur.

J’ai récemment rencontré Oscar Perez, un homme d’affaires sérieux qui est aussi le chef de la direction de la Liga de Futbal Americano Professional dans son pays, le Mexique. La LFA a maintenant trois ans et est passée de quatre à six clubs l’an dernier. Le but de la ligue est de compter dix équipes (ça sonne familier, non?). Les amateurs de sports de Calgary et de Toronto seront amusés de savoir que cette ligue mexicaine compte des clubs qui portent le nom de Dinos et de Raptors.

Les équipes évoluent dans des stades qui ont une capacité de 6000 à 7000 personnes. Bref, le football de style nord-américain travaille à sa croissance au Mexique et il génère une vraie passion. Le pays compte 127 millions d’habitants et environ 40 millions d’entre eux seraient des amateurs de football.

Bon, vous allez me dire que l’intérêt pour la NFL a trouvé une façon de se répandre au Mexique (avant la construction d’un certain mur…), mais que l’intérêt pour le football n’est pas mondial.

Je vous invite à visiter un site appelé americanfootballinternational.com.

Au cours des dernières années, la LCF a étendu sa couverture à plus de 100 pays, grâce, entre autres, à la diffusion en ligne en direct et sur demande.

Vous y trouverez des nouvelles de football qui proviennent de partout dans le monde : une ligue qui compte huit équipes en Turquie, 17 ligues différentes en Europe, le football est en croissance rapide au Japon et émerge en Chine et en Afrique. Les Hell Hounds du Caire viennent de remporter le Egyptian Bowl IV!

Saviez-vous que l’ancien demi offensif Cory Philpot des Lions de la Colombie-Britannique, qui contribue au développement de la Ligue canadienne de football junior, a offert de l’équipement usagé à la nouvelle ligue kényane de football américain à huit joueurs?

Ce que je tente de vous montrer, c’est que notre style de football en Amérique du Nord a une présence internationale. Et ça devrait être le cas de la LCF!

Notre sport, avec son grand terrain, son rythme effréné et son accent sur l’attaque, mérite une place sur la scène internationale.

Il y a ici une occasion de toucher des millions de nouveaux amateurs et, du même coup, de générer des ententes de diffusions internationales qui pourront aider à faire croître notre LCF.

Mais comment peut-on tirer profit de cet intérêt croissant dans le monde?

On pourrait sans doute générer plus d’intérêts à l’extérieur de nos frontières si certains de nos joueurs internationaux provenaient de l’extérieur du Canada ou des États-Unis.

Peut-être pourrions-nous encourager nos entraîneurs à partager leur expertise avec des ligues bien établies à l’étranger. Tient-on des camps d’évaluation à l’étranger pour trouver des joueurs qui ont le potentiel de devenir des étoiles? Peut-être qu’un jour nous pourrions créer une place réservée au sein de nos formations pour un joueur « global ». Des matchs préparatoires dans d’autres pays? Toutes ces réponses?

Certaines de ces idées peuvent paraître cousues de fil blanc, mais il y avait surement des gens qui ne croyaient pas que des joueurs de la NBA proviendraient un jour de la Chine – jusqu’à ce que Yao Ming devienne un joueur dominant. Il n’y a aucun doute que certains croyaient que l’Afrique ne serait jamais en mesure de développer des entraîneurs et des installations pour en faire de même. Puis Akeem Olajuwon a dominé au sein de la NCAA et de la NBA, inspirant au passage une armée de dépisteurs à parcourir cet immense continent sur une base régulière.

Il y a aussi un autre avantage avec cette approche internationale. Ming n’a pas seulement augmenté l’intérêt des Chinois – la Chine étant l’un des marchés les plus imposants de la planète – pour le basketball, il a aussi attiré un nombre impressionnant de Sino-Américains devant la télévision et dans leurs arénas. Imaginez deux secondes l’impact que pourrait avoir un joueur d’origine chinoise ou indienne sur la vente de billets au pays.

Oui, la renommée du basketball dans le monde est établie et le sport se pratique partout. Mais l’arrivée de joueurs issus d’autres continents est déjà une réalité. Jose Maltos, un botteur originaire de Monterrey au Mexique, a été l’un des derniers joueurs retranchés par les Lions cette semaine. Ce dernier avait réussi un placement de 48 verges lors d’un match préparatoire. Il avait réussi une frappe de 56 verges pour l’équipe mexicaine lors de l’International World Cup présenté en Autriche en 2011. Le botteur de dégagement des Riders, Josh Bartel, est un Australien qui est venu faire carrière ici après avoir joué au sein de la ligue de football australien.

Notre ligue sera toujours fière d’être canadienne. Elle comptera toujours sur une grande proportion de joueurs développés ici. Il est difficile d’imaginer le jour où les États-Unis et le Canada, avec leur longue tradition de football, ne seront plus la source de la majorité des joueurs. Mais il faut penser à toutes les occasions qui pourraient se présenter si nous ajoutions une saveur internationale à l’histoire que nous racontons.

Penser différemment est l’une des choses qui nous permettront de bâtir une LCF encore plus solide.

Notre saison commence ce soir à Winnipeg. J’espère que vous aimerez le match, ainsi que tous ceux de la première semaine du calendrier régulier. Ce sera une année fantastique. Dites-vous ceci : si ceux qui aiment la LCF pensent gros et que leur vision de ce que peut devenir notre ligue est large, les meilleurs jours de notre ligue sont à venir.