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Buono a choisi le sport et ne l’a jamais regretté

Lorsqu’il songe au périple de sa famille vers le Canada, Wally Buono admet qu’il oublie parfois tout ce qu’elle a traversé.

« Aujourd’hui, les gens ne le réalisent pas, et je ne le réalise pas non plus », a-t-il avoué. « Je ne réalise pas tous les risques et tout le courage dont ont fait preuve des personnes comme ma mère et mon père pour quitter un pays comme l’Italie pour venir s’établir au Canada. »

« Simplement le choc culturel en hiver, avec les conditions météorologiques. Ils ont fait preuve de beaucoup de courage, puisqu’en immigrant dans un pays où vous ne parlez pas la langue, et dans lequel vos habiletés ne sont pas nécessairement reconnues, vous savez que vous avez la volonté de travailler et, qu’heureusement, vous arriverez à dénicher un emploi. »

Buono n’avait que 13 mois quand son père et son oncle ont délaissé leur famille dans le sud de l’Italie.

« De ce que je comprends, quand vous travailliez, vous obteniez des timbres, et quand vous aviez suffisamment de timbres au cours d’une période de deux ans, vous pouviez parrainer certains membres de votre famille », a dit Buono.

« Ils ont probablement fait ça, puisque ma mère, mon frère et moi avons quitté le sud de l’Italie en 1953. Nous avons pris un bateau de Naples à Halifax, puis nous avons pris le train d’Halifax à Montréal. »

Comme la plupart des premières générations d’immigrants, les Buono ont éprouvé des difficultés à amorcer leur nouvelle vie au Canada. Wally n’avait que neuf ans quand son père, un employé du domaine de la construction, est décédé dans son sommeil. Sa mère a mis plusieurs années pour se relever, et, pendant ce temps, Wally et son frère logeaient au Centre de la jeunesse Shawbridge (alors appelé « Boys’ Farm) à Shawbridge, au Québec. Le centre servait de logis aux enfants rebelles ou orphelins et de centre de détention pour mineurs.

« Mon père est mort, ma mère était sans emploi », a dit Buono. « Pendant trois ans et demi, nous vivions au Centre de la jeunesse de Shawbridge, et c’est à cet endroit que j’ai commencé à aimer les sports. C’est de cette manière que j’ai commencé à être impliqué dans les sports. Après trois ans et demi, nous avons obtenu le droit de revenir à la maison. »

« Quand vous quittiez le Centre de la jeunesse de Shawbridge, vous alliez soit vous mettre dans l’eau chaude ou participer à un sport. Heureusement pour nous, nous avons choisi de participer à un sport. On doit d’ailleurs une fière chandelle à un jeune homme du nom de Al Phaneuf. »

« Il était notre entraîneur, puis il est allé jouer au football pour l’Université du Kentucky, avant de jouer avec les Alouettes pour quelques années. C’est lui qui nous a servi de mentor, et qui nous a gardés sur le droit chemin, du moins, dans le sport. »

C’est ce qui a placé Buono sur le chemin qui l’a mené jusqu’où il est aujourd’hui. Après une carrière universitaire avec Idaho State, il a disputé 10 saisons avec les Alouettes. En 1983, il a amorcé sa carrière d’entraîneur, avec un déménagement à Calgary qui s’est prolongé en séjour de 12 saisons comme entraîneur-chef et directeur général. Il s’est joint à la Colombie-Britannique en 2003, avec les mêmes titres, et, en tant qu’entraîneur-chef des Lions, il prendra sa retraite à la conclusion de la présente saison.

En habitant à Vancouver, Buono voit le mélange des cultures qui composent notre pays. Il voit quelque chose de similaire quand il repense aux équipes qu’il a entraînées au cours des quatre dernières décennies.

« Il y a des Afro-Canadiens, des Afro-Américains, des Européens… Il y a des athlètes des quatre coins du globe », a-t-il dit.

Rassembler plusieurs personnes aux parcours différents et tenter de remporter la Coupe Grey, selon Buono, est ce qu’il y a de plus agréable en travaillant dans l’univers du football.

« Prenons un joueur comme Odell Willis. Très charismatique, très enjoué, qui aime la vie. Puis vous avez Gabe Knapton. Très intense, très dévoué et très fort physiquement, qui ne parle pas autant, mais qui a tout de même un effet positif au sein de l’équipe », a dit Buono.

« Puis vous avez un gars comme Joel Figueroa, un grand et gros joueur de Miami, dont la seule présence est intimidante. Ils sont tous complètement différents, mais leurs différences vous aident à construire votre équipe et à bâtir votre chimie, ce qui est crucial pour connaître du succès. »

C’est un concept qui, selon Buono, s’applique également à la vie de tous les jours.

« L’histoire de personnes comme moi-même, dont leur famille, leur père et leur mère ont fait d’énormes sacrifices pour nous donner une opportunité. Nous avons tous des opportunités. Tout le monde a des opportunités. Certains en profitent plus que d’autres. Certains les apprécient plus que d’autres. »

« Je le dis à mes enfants, et je le dis à mon équipe. Chacun profitera d’opportunités. Mais ce n’est pas tout le monde qui profite au maximum des opportunités qui lui sont offertes. Quand cette opportunité se présente, soyez prêts. Si vous ne l’êtes pas, vous n’avez personne à blâmer à l’exception de vous-mêmes. Je crois que ce pays a été bâti par des personnes qui ont obtenu des opportunités, et qui en ont tiré profit au maximum. »

« Nous sommes tous des gens normaux. Vraiment. Nous sommes tous des gens normaux qui avons profité d’opportunités et qui avons tracé notre parcours. »

Quant à lui, Buono a saisi son opportunité, et il a tracé un chemin qui, dans la LCF, ne sera jamais égalé.

D’après un article de Chris O’Leary publié sur le CFL.ca.