Politique de confidentialité

Veuillez noter que la politique de confidentialité de ce site web a récemment été mise à jour. Cliquez ici pour en savoir plus.

Le confort de Calgary a su attirer deux jeunes hommes de la Pennsylvanie

Herm Harrison et John Helton n’ont réalisé à quel point ils étaient identiques que lorsqu’ils ont tous les deux enfilé l’uniforme des Stampeders de Calgary.

À cette époque, les deux hommes qui ont grandi à trois heures l’un de l’autre en Pennsylvanie – Harrison était de huit ans l’ainé de Helton – avaient tous les deux choisi de disputer leur football universitaire avec l’Université Arizona State, ils avaient tous les deux refusé de jouer dans la NFL et ils avaient tous les deux choisi de poursuivre leur carrière chez les professionnels avec les Stampeders.

Harrison allait évoluer comme ailier rapproché avec les Stamps de 1964 à 1972; Helton était un joueur de ligne défensive, avec Calgary, de 1969 à 1978. Ils ont remporté une Coupe Grey ensemble en 1971, ils ont tous les deux été élus au Temple de la renommée du football canadien et ils ont tous les deux cimenté leur place en tant que grands de l’histoire des Stamps.

Quand ils ont pris leur retraite du football, les deux hommes ont choisi de demeurer à Calgary pour élever leur famille.

À sa sortie de l’Université Arizona State en 1964, Harrison a évalué ses options. Le directeur général des Stamps à l’époque, Rogers Lehew, l’a alors convaincu de venir jouer au Canada.

« Même si plusieurs équipes de la NFL s’intéressaient aux services de papa à cette époque », se souvient la fille d’Harrison, Tamara Thurman, « Lehew a mentionné que les conflits raciaux aux États-Unis dans les années 1960 ne laissaient présager rien de bon. Il a alors fortement recommandé à mon père de jouer au Canada. »

Helton a été sélectionné au septième tour du repêchage de la NFL en 1969 par les Bills de Buffalo. Il connaissait Harrison à ce moment, et il savait aussi comment ce dernier était heureux d’évoluer au Canada.

« Si j’avais joué dans la NFL, j’aurais percé une formation et mes habiletés athlétiques m’auraient peut-être permis d’être partant. Cependant, je crois qu’il y a des choses plus importantes dans la vie que ce que j’appelle l’emballement pour la NFL », a dit Helton de son domicile à Kelowna, en Colombie-Britannique.

« Je ne me voyais pas, personnellement, jouer aux États-Unis, parce qu’il n’y avait que peu d’endroits où j’avais envie d’habiter. J’étais à l’aise en Arizona parce que j’étais à l’université là-bas. Et quand j’allais dans ma ville natale, j’étais aussi à l’aise. Mais si j’avais vécu dans plusieurs communautés aux États-Unis, je n’aurais pas été choyé en tant que personne noire… C’est toujours ma première impression. »

« Je sais que tous les endroits ont leurs problèmes, mais c’est toujours mieux pour une personne d’avoir des options et la possibilité de faire des choix, plutôt que d’être limitée à un tout petit nombre d’options… Je ne regrette jamais mon choix. »

Au cours de son séjour avec les Stamps, Harrison était perçu au sein de son équipe comme celui que les nouveaux joueurs américains pouvaient consulter pour s’ajuster à leur nouvelle ville et à leur nouveau pays. C’était une facette de sa personnalité, qu’il possédait déjà, au moins, lors de son passage à l’université. À Arizona State, il chambrait avec le quart-arrière de l’équipe; c’était la première fois de l’histoire de l’université qu’un joueur noir et qu’un joueur blanc était colocataires.

« Je crois que la raison qui explique cette situation est que Herm pouvait être ami avec n’importe qui ayant besoin d’un ami. Herman s’entendait bien avec tout le monde », a dit Helton.

« J’ai toujours trouvé que Herm était un homme facile à côtoyer. Ne faites rien de mal et le tour est joué. Peu importe qui vous étiez. »

« Mon grand-père avait l’habitude de dire que ce qui est bien est bien, et que ce qui est mal est mal. Aujourd’hui, il existe différents degrés de ce qui est bien et de ce qui est mal. La ligne n’est plus aussi claire. J’aime croire que la manière dont Herman voyait les choses est la même que moi. »

Thurman soutient que son père a choisi Calgary en quête d’une meilleure qualité de vie.

« Il a décidé de venir jouer au Canada, il a rencontré ma mère, puis, évidemment, je suis venu au monde », a-t-elle dit. « L’acceptation des personnes noires à Calgary au début des années 1970 était assurément meilleure, aussi. Mais il se sentait à l’aise et, en tant que couple, ils étaient confiants. C’était une sorte de facteur décisif. »

Les jours de Helton et d’Harrison en tant que coéquipiers ont été peu nombreux, mais de forts liens se sont tissés au cours de ces quatre saisons. Comme le dit Helton, quand on vieillit, tout ce qui reste de sa carrière sont les amitiés que vous avez bâties, ainsi que les histoires et les expériences que vous partagez avec vos amis. Il a toujours aimé rencontrer ses anciens coéquipiers et les anciens des Stamps au fil du temps.

« Nous avons assisté à un match ensemble et j’ai filmé Herm avec mon cellulaire, en train de rire et de faire des blagues. Je conserve cette vidéo sur mon téléphone puisque c’est le dernier match auquel nous avons assisté ensemble », raconte Helton à propos de leur rencontre d’octobre 2013.

Helton avait dit à son ancien coéquipier qu’il passerait le saluer avant de retourner à Kelowna. Il est demeuré stationné devant la maison d’Harrison pendant 30 minutes, à attendre qu’il revienne chez lui, quand il a finalement aperçu la camionnette d’Harrison.

« Nous avons probablement discuté et ri pendant près de deux heures », a dit Helton. Ils avaient prévu se revoir environ un mois plus tard. Alors qu’il visitait sa mère en Pennsylvanie, Helton a reçu un appel pour l’informer que Harrison avait perdu la vie dans son sommeil. Helton se souvient de sa dernière visite et est heureux d’avoir tenu sa promesse d’aller rencontrer son ami cette journée-là et d’avoir eu la chance de passer du temps avec lui. Il voyait sa carrière de 14 saisons dans la LCF comme un emploi, et, comme dans tout emploi, ce qui compte ce sont les personnes que vous rencontrez et avec qui vous passez vos journées.

Harrison et lui ont vu une opportunité à Calgary et ont choisi de la saisir. Et ç’a changé leur vie.

« Le sport du football n’est qu’un complément à tous les joueurs avec lesquels j’ai eu la chance de jouer au cours des années », a-t-il dit.

« Quand je me suis rendu à Calgary, j’aurais pu décider de retourner aux États-Unis pour vivre et pour jouer, mais je faisais partie d’un très bon groupe de joueurs chez les Stamps, et j’aimais beaucoup Calgary en tant que ville. C’est une bonne ville de sports, mais, avant tout, Calgary était une ville où il faisait bon vivre. C’était un bon endroit pour élever une famille. »

D’après un texte de Chris O’Leary publié sur le CFL.ca.