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Polak a écrit son histoire en aidant les Rough Riders à survivre

Jo-Anne Polak a écrit l’histoire avec son emploi, mais elle était loin de penser à la page d’histoire qu’elle était en train d’écrire.

Elle a été nommée directrice générale des Rough Riders d’Ottawa en décembre 1988. Les Alouettes de Montréal avaient fait faillite un an et demi auparavant, et les Rough Riders étaient dans une situation financière précaire.

« Nous ne comptions que huit équipes, et nous ne savions pas si la ligue pourrait survivre avec une autre équipe en moins », a dit Polak en direct d’Ottawa, où elle est présentement la vice-présidente aux communications de Postes Canada. Elle est aussi rapide pour souligner le fait qu’elle est détentrice d’abonnements de saison du ROUGE et NOIR.

« Nous avions perdu notre contrat de télédiffusion avec CTV. Nous vivions un chèque à la fois, incapables de faire des prévisions budgétaires. La chose la plus difficile était de remettre des chèques de paie à 3 h la journée après un match. Il y a plusieurs matchs où je ne savais pas si j’allais être capable de verser des salaires. C’était la partie la plus difficile. »

Il y avait plusieurs bons côtés, aussi. Première dirigeante de l’histoire de la LCF et première directrice générale de n’importe quelle équipe en Amérique du Nord, Polak soutient qu’elle ne pensait pas au fait qu’elle était la seule femme lorsqu’elle a amorcé son emploi.

« Pour être honnête, quand j’y repense, j’avais 29 ans. Je pense que personne ne savait que j’avais 29 ans, ce qui en dit long quant à ma routine beauté. Être une femme était une chose, mais avoir 29 ans, ç’en était une autre », a-t-elle dit.

« Diriger une franchise appauvrie est une autre chose. Je crois que j’avais l’appui de plusieurs. »

Elle compte plusieurs anciennes légendes de la LCF de cette époque parmi ses amis. Angelo Mosca, John Candy, Norm Kwong, Hugh Campbell, Cal Murphy, Ralph Sazio, Bob O’Billovitch, Don Matthews. Wally Buono amorçait à peine sa carrière comme dirigeant.

« Je devais me répéter que j’étais jeune, que j’étais nouvelle, que j’étais une recrue et que j’avais encore des choses à prouver », a-t-elle dit. « Personne n’accepte personne dans cette culture, celle du sport professionnel, à moins qu’elle ait prouvé ce qu’elle est capable de faire. Je crois que plus le temps avançait, et que plus nous stabilisions la franchise et que nous connaissions du succès, plus ils m’acceptaient. »

Les choses qu’elle a apprises au cours de son expérience de deux ans sont des apprentissages qu’elle a véhiculés à ceux qu’elle a côtoyés au cours de sa carrière, dans l’univers du sport ou non.

« Si vous entrez dans une pièce en ayant une attitude du type ‘’vous devez m’accepter, vous devez accepter cette femme’’, il ne s’agit pas de la bonne approche », a-t-elle dit.

« Avec des gens comme ça, qui sont des légendes et qui ont connu plusieurs fructueuses années, vous devez entrer dans cette pièce avec gratitude et en leur démontrant le respect qu’ils méritent. Après un moment, tout le monde oublie complètement que vous êtes une femme, et vous faites simplement partie d’une autre équipe avec qui il faut compétitionner. »

Nouvelle dans son rôle de directrice générale, Polak s’est rendu compte qu’elle pouvait consulter ses collègues aux quatre coins de la Ligue lorsqu’elle avait besoin de conseils.

« Je me souviens d’une situation particulièrement difficile, où j’ai finalement appelé Hugh Campbell pour lui dire : ‘’Je ne sais pas quoi faire, je suis perdue’’. Il a été très généreux envers moi », a-t-elle dit.

Elle se souvient d’avoir assisté à un rendez-vous controversé à propos de la composition du calendrier à un certain moment de sa carrière, et que Bob O’Billovitch la regardait et lui disait de ne pas céder un pouce et de maintenir sa position.

« Il y avait plusieurs moments comme celui-ci », a-t-elle dit. « En fin de compte, nous étions tous dans la même situation, et nous voulions tous voir la LCF survivre et connaître du succès. Chacun devait prendre soin de son équipe, mais nous étions dans une situation difficile, très difficile. »

Chaque fois qu’elle rencontre une personne aspirant à un poste de direction dans le monde du sport, elle a un conseil important à offrir.

« Dans le monde du sport professionnel, vous devez apporter une plus-value. Vous ne pouvez pas seulement vous dire : ‘’Je suis une femme, et je veux être acceptée’’ », a-t-elle dit, en faisant référence à son expérience dans le domaine des affaires et du marketing qui a ouvert la porte à son rôle avec les Rough Riders.

« Vous devez avoir une aptitude que l’on recherche, et vous devez être meilleure que tout le monde. »

Même si elle se sentait égale parmi ses pairs, la pression de garder son équipe à flot, tout en ayant l’impression que l’avenir de la ligue était constamment en jeu, était unique pour elle.

« Je ne voulais pas être la femme à la tête de l’équipe (si l’équipe devait déclarer faillite). Je ne m’en serais jamais remise », a-t-elle dit. « En étant la première, je sentais une certaine pression, puisque je me disais que si l’expérience se terminait mal, ce que j’aurais défendu aurait été l’échec de quelque chose d’extraordinaire, et je ne pouvais pas le supporter. »

« Mon histoire est entièrement différente de ce à quoi vous pourriez penser à première vue. »

Polak a démissionné de son rôle de directrice générale en novembre 1991, et l’équipe a été vendue à Bernard Glieberman pour un dollar en 1994. Le football a connu un passage difficile à Ottawa dans les années 1990, et l’équipe a plié bagage en 1996. Mais, avant que le club ne déclare faillite, l’expansion aux États-Unis avait vu le jour puis s’était terminée, et, ce faisant, les Alouettes étaient de retour à Montréal; la Ligue comptait à nouveau sur huit équipes. Ottawa allait accueillir les Renegades de 2002 à 2005, puis le ROUGE et NOIR a disputé un premier match en 2014.

« C’est encore aujourd’hui l’un des plus grands privilèges de ma vie », a-t-elle dit. « J’ai eu la chance de servir la Ligue canadienne de football et les partisans à Ottawa. »

D’après un texte de Chris O’Leary publié sur le CFL.ca.