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Sa carrière de joueur terminée, Hopkins se concentre désormais sur les écoles

Moton Hopkins sait ce que l’on ressent lorsqu’on s’assoie dans une classe, derrière un pupitre un peu trop petit, et que l’on entend des moqueries à propos de sa taille ou de son poids. Il se souvient aussi de moments, au cours de son enfance, à regarder des inconnus braquer leurs yeux sur son frère, Matthew, ne sachant pas ce qu’est l’autisme et comment aider un enfant qui ne parle pas à trouver sa place dans la société.

Quand Hopkins s’est joint à la LCF, en 2010, amorçant ainsi une carrière de sept saisons comprenant des séjours à Winnipeg, à Montréal et à Ottawa – où il a remporté la Coupe Grey –, il savait qu’il voulait prêter sa voix afin de sensibiliser les autres à ces expériences.

« Comme mon frère Matthew était autiste, j’ai grandi en devant prendre soin de lui, et nous avons traversé plusieurs épreuves, médicalement parlant. Ces expériences ont assurément forgé la personne que je suis aujourd’hui », a souligné Hopkins, 31 ans, et retraité depuis un an. Il a récemment accepté un poste de gestionnaire de projets avec l’entreprise Lockheed Martin à Fort Worth, au Texas.

« Quand nous étions plus jeunes, nous ne pouvions pas faire toutes les activités que font les autres familles en raison de Matthew. En même temps, j’ai tiré plusieurs leçons en n’ayant pas l’opportunité de prendre part à ces activités. J’ai appris qu’il y avait des gens différents, mais que c’était tout à fait correct. »

« J’ai appris qu’il y a bon nombre de personnes qui vivent des situations particulières au sein de leur famille, et que plusieurs autres personnes ne comprennent pas ou ne le savent pas nécessairement. »

Le père d’Hopkins était membre de l’armée de l’air américaine, et, ce faisant, la famille Hopkins a déménagé souvent. Il s’agissait fréquemment d’une épreuve éprouvante pour Hopkins lorsqu’il était un enfant. Pour rendre les choses encore plus difficiles, en vieillissant, son corps s’est mis à changer, lui donnant le poids dont il aurait besoin pour jouer au football, plus tard, mais le poussant à connaître des moments difficiles à l’école.

« J’avais assurément un léger surplus de poids. Je pesais 245 livres en huitième année (deuxième secondaire) », a dit Hopkins.

Il fréquentait une école privée à ce moment, et il aimait la classe dans laquelle il avait été placé. Il faisait partie de l’orchestre de l’école et il avait un bon noyau d’amis, mais l’intimidation était toujours au rendez-vous.

« On m’a souvent ridiculisé parce que j’étais très gros », a-t-il dit. « Je ne parlais pas beaucoup, j’étais plutôt calme et effacé, et je faisais partie de l’orchestre. C’est une épreuve à laquelle j’ai été confrontée en grandissant. »

« Je crois que c’est quelque chose qui m’a aussi aidé à apprécier les personnes différentes. On m’intimidait, mais je ne me suis jamais rendu compte qu’avec mon poids et ma grandeur, j’aurais probablement pu faire changer les choses beaucoup plus tôt », a-t-il dit en riant. « Mais, mentalement, vous n’avez pas cette perception-là de vous. »

Jouer au football, faire partie d’une équipe et rencontrer des personnes qu’il n’aurait jamais rencontrées autrement, a changé sa vie, selon lui.

« Le football est unique : il y a tellement de groupes de personnes différentes au sein de la même équipe », a-t-il dit.

« Pour être bon au football, il n’est pas nécessaire d’avoir des groupes d’entraîneurs spéciaux, et vous n’avez pas besoin d’être super fortunés. Vous rassemblez des joueurs de toute sorte d’origines ethniques, de milieux socio-économiques et parcours de vie, et ça vous enseigne beaucoup. Vous devez créer une chimie avec ces gars-là pendant un camp de quoi, deux à trois semaines? »

« Ça démontre bien qu’il y a des tonnes de différences entre les personnes, mais qu’il est possible d’en faire fit afin d’atteindre un objectif et faire les choses de la bonne manière. »

Quand il s’est joint à la LCF, notamment pendant son séjour à Ottawa, Hopkins a commencé à visiter des écoles pour parler de l’intimidation et pour inciter les jeunes à accepter les personnes différentes d’eux.

« J’aime en parler. J’ai compris qu’en tant qu’athlète, vu la position dans laquelle nous sommes, les jeunes ont tendance à nous écouter », a-t-il dit.

« Même si nous tenons le même discours que leurs parents. J’ai toujours voulu utiliser mes expériences pour aider les autres, pour aider les enfants des autres à se retrouver dans une meilleure position. »

« J’ai eu des amis qui ont eu des opportunités, qui n’en ont pas profité et qui se sont retrouvés dans de moins bonnes situations, ou qui ont foutu en l’air quelques années de leur vie parce qu’ils n’ont jamais eu quelqu’un pour leur dire : ‘’Hey, ne fais pas ça. Ce n’est pas cool, contrairement à ce que tu penses, et telle ou telle personne ne t’entraîne pas dans un bon chemin’’. C’est quelque chose d’important que je tenais à faire. »

Qu’il s’agisse de jeunes plus conscientisés aux poids de leurs gestes et de leurs paroles, ou de la population en général comprenant un peu mieux ce qu’est l’autisme, Hopkins constate des progrès.

« Quand on compare l’époque où j’étais jeune à aujourd’hui, en ce qui a trait à ce qu’est l’autisme et aux besoins particuliers que ce trouble nécessite, les choses sont significativement différentes », a-t-il dit.

« Les gens ne comprenaient tout simplement pas. Ils nous demandaient pourquoi mon frère faisait tous ces bruits, par exemple. »

« C’est plus facile pour lui de se mêler à la société, aujourd’hui, parce que les gens comprennent. Ils possèdent plus d’information, et ils acceptent plus sa situation. Ce n’était pas le cas lorsque nous étions jeunes. À l’époque, nos médecins ne savaient même pas quoi faire. Il n’y avait aucun dentiste qui acceptait des patients autistes, par exemple. »

Hopkins est fier d’avoir parlé à des milliers de jeunes au cours des années, et il est très heureux d’avoir obtenu des commentaires d’un jeune en particulier, qui lui a dit que son discours avait fait une différence.

« Vous ne pouvez pas avoir une influence sur tout le monde. Mais si une personne entend votre discours et que vos paroles lui viennent en aide, ça en vaut assurément la peine », a dit Hopkins. « Une personne touchée vaut tout le temps et tous les efforts nécessaires pour organiser ces rencontres avec les jeunes.»

D’après un texte de Chris O’Leary publié sur le CFL.ca.