4 septembre 2019

Ennuyés par les blessures, les Tiger-Cats continuent de gagner

LCF.ca

HAMILTON – Les rappels sont suspendus dans le vestiaire des Tiger-Cats de Hamilton : une série de chandails d’entraînement jaunes et un rouge, qui pourrait symboliser un clou dans le cercueil de leur saison 2019.

Il y a l’ailier défensif Adrian Tracy, les demis offensifs Sean Thomas Erlington, Maleek Irons et Cam Marshall, le demi défensif Delvin Breaux, puis un autre ailier défensif, Jamaal Westerman. Enfin, on retrouve le chandail rouge, celui du quart-arrière Jeremiah Masoli. Les sept joueurs se retrouvent sur la liste des blessés pour six matchs, et la plupart ne joueront plus au cours d’une saison que plusieurs voyaient comme une opportunité de mettre fin à une période de 18 ans sans victoire à la Coupe Grey pour Hamilton.

Les chandails d’entraînement sont suspendus dans les casiers des joueurs en leur absence, tandis que les membres de la formation active sautent sur le terrain, contribuant à mettre fin à cette sécheresse.


 
Lundi, après avoir transformé un déficit de 24-11 à la mi-temps en victoire de 38-27 à l’occasion d’un affrontement classique de la fin de semaine de la fête du Travail L’Équipeur, on ne trouvait aucun signe de clou ni de cercueil.

Cette version reconstruite des Ticats s’est battue pour venir de l’arrière et mériter une victoire, et afficher le meilleur dossier de la Ligue à 9-2.

Simoni Lawrence a pris part à huit matchs lors de la fin de semaine de la fête du Travail, sept d’entre eux dans l’uniforme des Ticats. Le match de lundi, cependant, était différent, selon lui.

« C’est l’un des meilleurs (matchs de la fête du Travail), en raison de toute notre philosophie en ce qui a trait à l’adversité et de la manière dont nous savons que l’adversité nous frappera toujours », a déclaré le secondeur.

Lundi, pendant les 30 premières minutes du match, l’adversité était bien présente sur le terrain, comme si elle portait un des casques rétro des Argos. Quand les Ticats ont marqué dès leur première série en attaque, le quart-arrière McLeod Bethel-Thompson a lancé une bombe de 96 verges à Derel Walker pour un touché qui allait donner le ton au reste de la demie. Le quart-arrière des Ticats, Dane Evans, a été victime de cinq sacs et a lancé deux interceptions, tandis que les Argos ne ressemblaient en rien à une équipe affichant un dossier de 1-8.

Puis, les combats ont commencé. Trois escarmouches ont éclaté presque simultanément, provoquées par une bousculade entre Lawrence et le demi offensif Argos, James Wilder Jr., en dessous d’une mêlée. Un officiel est sorti de ce fouillis, et un S.J. Green sans casque a refait surface, enragé par ce qui se passait. Lorsque la poussière s’est dissipée et que les mouchoirs ont été ramassés, les Ticats se sont retrouvés en désavantages numériques, perdant leurs demis défensifs Tunde Adeleke et Frankie Williams, tous les deux disqualifiés.

« La fête du Travail », a dit le receveur des Ticats Bralon Addison, pour décrire les émotions sur le terrain.

« C’est ça la fête du Travail, n’est-ce pas? », a quant à lui dit Evans.

« J’ai trouvé (le match de cette année) génial. Toutefois, quand cette petite bagarre s’est produite, et jusqu’au dénouement de celle-ci, ç’a n’a pas été génial. Je ne sais pas vraiment comment ça peut se produire. »

Une foule record de 25 093 partisans au Terrain Tim Hortons était furieuse, et les Ticats ont retraité aux vestiaires à la mi-temps en retard par 11 points.

Orlondo Steinauer, l’entraîneur-chef des Ticats, a été joueur ou entraîneur lors de 21 matchs de la fin de semaine de la fête du Travail, soit avec Hamilton ou Toronto. Il a dit que le match avait dépassé ses attentes en matière d’émotions.

« C’est un match émotionnel et une fin de semaine amusante. La foule était exceptionnelle. C’était une super ambiance », a déclaré Steinauer.

La colère de la foule s’est estompée au fur et à mesure que se déroulait le troisième quart. Evans est passé de l’une de ses demies de football les plus difficiles à l’une de ses meilleures, complétant 19 passes de suite à un certain point. Il a commencé à trouver ses receveurs. Addison a terminé la rencontre avec 11 passes captées pour 167 verges et deux touchés, et Brandon Banks a capté neuf passes pour 109 verges.

Au total, Evans a réussi 31 de ses 37 passes pour 442 verges – un sommet pour lui en carrière.

Jackson Bennett, le quatrième demi offensif du club, a amassé 77 verges au sol, dont 25 sur un touché en début de quatrième quart. Une fois le converti d’un point du botteur Lirim Hajrullahu réussi, les Ticats ont pris les devants pour la première fois depuis leur avance de 8-0 en début de match.

« C’était l’un de ces matchs où tout le monde n’a jamais cessé d’y croire », a déclaré Lawrence, qui a réussi neuf plaqués.

« Nous aurions pu nous décourager et nous dire : « Nous n’avons pas gagné parce que notre maraudeur partant a été expulsé, parce que notre demi de coin partant a été expulsé. » Notre substitut n’avait pas de substitut. Nous n’avions rien. »

« Nous étions simplement un groupe déterminé, et nous avons continué à jouer au football. C’est qui nous sommes. »

Quand le camp d’entraînement s’est amorcé, ce n’est pas l’équipe que les partisans des Ticats s’attendaient à voir lors de la fin de semaine de la fête du Travail. Mais elle a tout de même trouvé le moyen de connaître du succès.


 
Evans n’a que 25 ans et en est à sa deuxième année dans la LCF. Lundi n’était que son cinquième départ. Le fait qu’il ait réussi à se débarrasser d’une mauvaise demie lors de l’un des matchs les plus importants de l’année et qu’il ait réussi à ramener l’attaque dans celui-ci est de bon augure pour lui et son équipe. À leur retour d’une semaine de congé, les Ticats prendront la route pour faire face à Calgary, à Edmonton et à Winnipeg. Les tests ne seront que plus grands et que plus difficiles à mesure que la saison avancera.

« Vous devez continuer à travailler », a déclaré Evans. « Si vous jouez chaque match en pensant que vous ne lancerez aucune interception de la saison et que vous lancerez 100 passes de touché, ça ne se produira pas. »

« Vous ne voulez pas être arrogant ou quoi que ce soit, mais vous devez avoir confiance en vous-même. Vraiment, faites ce qui vous a amené ici. Je faisais simplement ce qui m’avait amené ici, ce pour quoi les Ticats ont voulu m’embaucher. Jouer au football comme si j’étais un enfant dans la cour d’école. »

C’est la première fois que les Ticats montrent une fiche de 9-2 au cours d’une saison. Ils n’ont peut-être pas été épargnés par les blessures, mais l’absence de plusieurs joueurs ne semble pas se faire sentir sur le terrain. Le match de lundi était presque un échantillon de leur saison. Encaissez quelques coups, perdez les services de quelques joueurs de manière inattendue, regroupez-vous et trouvez un moyen de gagner.

« Vous n’obtenez que deux points pour celle-là. Aucune équipe n’est déclarée championne, personne ne participe aux éliminatoires en raison du match d’aujourd’hui », a dit Steinauer.

« Mais dire que nous n’allons pas apprécier la victoire et que je ne suis pas fier de notre équipe, c’est faire erreur. »

« Si vous deviez apposer une étiquette sur cette équipe, je dirais que nous sommes un groupe de combattants qui n’abandonnera jamais », a dit Evans.

« Essayons de ne pas être disqualifiés au passage. »

D’après un article de Chris O’Leary publié sur CFL.ca.