Repêchage
Tour
-
10 octobre 2019

Une locomotive nommée Lokombo

CFL PHOTO - Peter McCabe

MONTRÉAL – Le receveur des Stampeders de Calgary Josh Huff terminait un superbe jeu la semaine dernière, lorsqu’une torpille – ou une locomotive, c’est selon – du nom de Bo Lokombo est venue l’arrêter de façon spectaculaire.

Le maraudeur des Alouettes de Montréal a baissé l’épaule à mesure qu’il approchait de sa cible à toute vitesse, frappant Huff de toutes ses forces pour le rabattre au sol, lui faisant perdre le ballon. Le coéquipier de Lokombo Dominique Termansen est ensuite venu récupérer le précieux objet.

Ce genre de plaqué est devenu routinier pour Lokombo, cette saison.

Quelques semaines plus tôt, Lokombo avait réussi ce qui sera probablement le plaqué de l’année, alors qu’il est venu à la rencontre du demi offensif des Lions de la Colombie-Britannique Wayne Moore, le frappant tellement fort que même les élégantes assiettes des restaurants du Vieux-Montréal ont frémi.

Lokombo aime être cette locomotive. Il adore faire le gros jeu. « Ça fait du bien », dit-il en riant, lorsqu’on lui demande de décrire la sensation vécue vis-à-vis de ce genre de plaqué.

Lokombo est encore en train de parfaire ses habiletés à cette nouvelle position de maraudeur, mais ceci n’a pas arrêté le joueur de 28 ans – secondeur d’origine – d’épater la galerie.

« J’adore ça, en ce moment », dit-il de la position de maraudeur.

Lokombo a été appelé d’urgence en renfort à cette position, lorsque Taylor Loffler a subi une blessure au genou qui a mis fin à sa saison. Le secondeur des Als, transformé en maraudeur, a rapidement répondu à l’appel.

Et, de match en match, il ressemble drôlement au joueur qu’il remplace.

Loffler a eu un impact immédiat dans cette Ligue au poste de maraudeur, alors qu’il évoluait avec les Blue Bombers de Winnipeg, en 2016. Lokombo et Loffler se ressemblent en ce sens qu’ils aiment, tous les deux, arriver tels des missiles sur le terrain, faisant tout éclater.

« J’ai toujours cru qu’il fallait frapper de façon franche », dit Lokombo, né à Kinshasa, au Zaïre – maintenant la République Démocratique du Congo —, mais qui a vécu au Québec et en Colombie-Britannique, lorsque ses parents ont immigré au Canada.

« J’ai toujours pensé qu’il était important de frapper bien et fort. Et je crois que les partisans apprécient ce genre de jeu. Ils aiment voir que le côté physique du football est toujours vivant. »

« C’est ce que j’ai toujours aimé de ce sport. »

Le maraudeur Bo Lokombo célèbre , à la suite de son retentissant plaqué sur le demi offensif des Lions Wayne Moore (Dominick Gravel/Alouettes de Montréal).

À l’université, Lokombo a joué au poste de secondeur avec l’Oregon. Lorsqu’il s’est amené avec les Lions de la Colombie-Britannique en 2014, à mi-chemin de la saison, il a été envoyé avec le groupe des demis défensifs.

Toutefois, lorsqu’il est arrivé au camp d’entraînement en 2015, il est retourné au poste de secondeur, là où il est demeuré pour deux saisons à Vancouver, avant de se lancer à la poursuite du rêve de la NFL.

Lorsqu’il est revenu en Colombie-Britannique, il était toujours au poste de secondeur, lui qui a fait bonne impression avec 71 plaqués défensifs, deux interceptions et quatre sacs du quart.

En Colombie-Britannique, Lokombo a eu un avant-goût du poste de maraudeur, alors que les Lions lui demandaient, pendant certains matchs, de remplir ce rôle. Tout de même, il est un secondeur dans l’âme. Alors, lorsque le temps est venu de remplacer Loffler, il était un peu stressé.

« Je ne vous mentirai pas. J’étais nerveux », admet-il.

« C’est somme toute inhabituel de voir un gars passer de secondeur à maraudeur. Ça n’arrive pas très souvent. »

Lokombo dit que les entraîneurs lui ont souvent mentionné que son rapide jeu de pied lui permettrait de bien faire sur la tertiaire. Et son expérience au basketball l’a sûrement aidé. Il a donc pris la position de maraudeur lors de la semaine 11 contre Toronto.

Il a aussi reçu beaucoup d’encouragements.

« Les entraîneurs et tous mes coéquipiers croyaient en moi. Et ça, ça m’a beaucoup aidé. Il est normal de faire des erreurs. Mais joue et amuse-toi. »

Lokombo avait réussi huit plaqués défensifs au cours de la victoire contre les Argos, avec les Als qui partaient en semaine de repos par la suite. Lors de la semaine 13, il a ajouté six autres plaqués contre les Lions, ponctuant sa belle performance avec ce plaqué phénoménal sur Moore.

Au cours des six rencontres où il a été partant au poste de maraudeur, cette saison, Lokombo a réalisé 35 plaqués défensifs. Neuf d’entre eux sont survenus contre les Stamps, la semaine dernière, lors d’une partie où il a su contrer la passe de Bo Levi Mitchell, près de la ligne d’engagement, tard au quatrième quart.

Lokombo savait qu’il devait jouer de la sorte afin d’aider la défense montréalaise.

« Il faut se rappeler », dit-il. « Je remplace Taylor Loffler, un joueur trois fois admis sur l’équipe d’étoiles. De bons souliers à remplir. »

« J’ai toujours pensé qu’il était important de frapper bien et fort. Et je crois que les partisans apprécient ce genre de jeu. Ils aiment voir que le côté physique du football est toujours vivant. »

– Bo Lokombo

Et comment faire pour remplir de si grands souliers? En frappant l’adversaire de toutes ses forces, afin de le faire sortir de ses propres chaussures, justement.

Lokombo a poursuivi sur sa lancée de gros plaqués, donnant aux Alouettes de meilleures chances en couverture de passe, décourageant les attaques adverses.

« Comme maraudeur, nous sommes moins dans la réaction que dans la lecture du jeu », dit Lokombo, bien qu’il admette que ses techniques de secondeur l’aident énormément à son nouveau poste.

« Comme maraudeur, il faut être agressif », dit-il. « Et j’ai acquis cette caractéristique en jouant au poste de secondeur. Tout simplement en attaquant le ballon. Comme un secondeur. »

Le poste de secondeur, il l’a appris assez rapidement, sous les ordres de l’entraîneur Don Pellum, lui qui est maintenant avec UCLA, mais qui dirigeait Lokombo, à l’époque, à l’Université de l’Oregon. Par la suite, il a emmagasiné l’expérience de John Holland, l’entraîneur des secondeurs des Lions, maintenant avec les 49ers de San Francisco.

« J’ai appris les bonnes techniques », dit Lokombo, qui a aussi donné du crédit à Mark Washington, le coordonnateur défensif des Ticats qui a dirigé Lokombo en Colombie-Britannique.

« Il a joué un grand rôle dans le développement de mes habiletés en tant que demi défensif », dit Lokombo.

À la suite d’une douzaine de matchs, Lokombo à l’air d’un maraudeur d’expérience, et ce, même s’il devra continuer de parfaire son art.

« Lorsque je me sentirai plus confortable à cette position – mais vraiment très confortable —, je serai en mesure de décoller et de m’envoler », dit-il.

Imaginez ce qu’il pourra faire à ce moment, lui qui, déjà, est très dominant.

D’après un article de Don Landry, paru sur CFL.ca