13 novembre 2019

Williams pourrait faire la différence lors de la finale de l’Est

Johany Jutras/CFL.ca

HAMILTON – Trevor Harris et Dane Evans. Greg Ellingson et Brandon Banks. Larry Dean et Simoni Lawrence.

La finale de l’Est contient toute cette pléthore de vedettes de la Ligue canadienne de football (LCF) et tous ces duels alléchants. Mais ce qui semble se perdre dans les discussions c’est les unités spéciales. Hugh O’Neill et Sean Whyte ont eu des saisons exceptionnelles pour les Eskimos d’Edmonton, en ce qui a trait aux bottés de dégagement et aux bottés de précision. Du côté des Tiger-Cats de Hamilton, Lirim Hajrullahu a mis la barre haute statistiquement parlant, et ce, tout au long de la saison 2019.

Et que dire des spécialistes des retours de bottés? Ces joueurs qui, en une fraction de seconde, en une feinte magistrale, peuvent, à eux seuls, changer l’allure d’un match. En cette année du retour de botté pour un touché, il serait logique de voir Edmonton, Hamilton, la Saskatchewan ou Winnipeg obtenir leur laissez-passer pour le match de la 107e Coupe Grey via la vitesse et les prouesses de leurs retourneurs. En effet, ceux-ci pourraient aller chercher le touché décisif, lors des finales de division. Qui sait?


 
Ces jeux marquent l’histoire. Nous nous rappellerons longtemps de ces retours de bottés fulgurants puisqu’ils viennent de nulle part, contrairement à de gros jeux de passe ou d’explosifs jeux au sol. Ces touchés via les retourneurs semblent traverser le temps et les époques et demeurent toujours spectaculaires, peu importe le moment où ils se produisent. Et pour les Ticats, le joueur qui pourrait marquer l’histoire de la finale de l’Est — ainsi que celle de la LCF au grand complet, de surcroît —, avec un spectaculaire retour de botté jusque dans la zone des buts, c’est Frankie Williams.

En 2019, il a cumulé 1071 verges de gains sur des retours de bottés d’envoi, 949 verges de gains sur des retours de bottés de dégagement et il a marqué deux touchés sur des retours de bottés. Il est aussi le joueur des Ticats qui a évolué à plein temps comme demi de coin, en défense.

Et quel a été le retour de botté préféré de Williams, cette saison?

« Honnêtement, je n’ai pas pris le temps de décortiquer tout ça, mais celui contre la Saskatchewan, lors du premier match de la saison, a vraiment bien commencé l’année. J’avais travaillé fort durant le camp d’entraînement et ç’a tout de suite donné des dividendes, une assurance, une bonne fondation et de l’espoir à notre formation. Ça m’a dit, à moi et à notre équipe, que nous étions capables d’exécuter nos jeux. »

Lors de ce match de la semaine 1, ce jeu a réellement donné le ton à la saison 2019. Au départ, nous ne savions pas à quel point les spécialistes des retours de bottés seraient productifs. Frankie Williams a été couronné le roi de l’Est à ce chapitre, alors qu’il est le finaliste de sa division pour le titre de joueur par excellence sur les unités spéciales. Il fera face au joueur des Bombers Mike Miller, de la division Ouest.

Mais les Ticats sont une équipe bien différente de celle de la semaine 1, contre les Riders et Williams affirme que la route vers la finale de l’Est a solidifié les unités spéciales de sa formation, tout en rapprochant tous les membres de la troupe d’Orlondo Steinauer.

« Nous avons beaucoup de leaders dans ce vestiaire et nous avons appris de nos erreurs. Chaque jour, nous voulons faire mieux que le jour d’avant », dit Williams.

Plus tôt cette saison, CFL on TSN montrait une prise de vue de Frankie Williams qui attendait de capter un botté de dégagement montréalais. Comment se sentait-il à ce moment précis?

Il devait sentir la tension. De la pression. Il devait avoir le goût d’exploser et de danser avec le ballon.

« Nous avons beaucoup de leaders dans ce vestiaire et nous avons appris de nos erreurs. Chaque jour, nous voulons faire mieux que le jour d’avant. »

– Frankie Williams 

Mais en regardant Williams de plus près, nous pouvions voir qu’il semblait calme, voire serein.

Que se passe-t-il vraiment dans la tête d’un spécialiste des retours de bottés, alors qu’il attend et anticipe peut-être le moment où il pourra changer le cours de la rencontre?

« Lors des entraînements, au cours de toutes les répétitions que j’ai à ce poste, je regarde droit devant, je regarde le terrain devant moi et je pense à tous les efforts des bloqueurs qui m’aident à me frayer un chemin jusque dans la zone des buts. Tout ce que j’ai à faire c’est de sécuriser le ballon et de suivre mes bloqueurs. C’est difficile à expliquer ce que ces gars font devant ma course. Ils font preuve d’abnégation, ils sont implacables, impitoyables et ils jouent avec passion. Ils ont du cœur. C’est pour ça que nous ne faisons qu’un. »

Un seul retour explosif. Ce sera peut-être tout ce dont les Ticats auront besoin de la part de Frankie Williams, dimanche prochain, au Terrain Tim Hortons.

« Lorsque nous sommes sur le terrain, vêtus de noir, tout ce que nous avons à faire c’est de regarder dans les yeux de nos coéquipiers. Cet uniforme lance le tempo du match. Lorsque nous sommes vêtus de noir, nous savons ce que ça veut dire. Nous ne sommes pas là pour plaisanter. »

Et Frankie Williams ne plaisante pas, cette saison. Lorsqu’il entrera dans son bureau, au bout du terrain, face aux Esks, dimanche prochain, il sera peut-être le joueur qui permettra aux Ticats d’accéder au match de la Coupe Grey, pour la première fois depuis 2014.

D’après un article de Marshall Ferguson, paru sur CFL.ca