McCarty continue de bûcher et de briller dans l’attaque des Esks

EDMONTON – Si vous souhaitez apprendre à connaître Calvin McCarty, vous n’avez qu’à lui parler. Et si vous voulez en apprendre encore plus sur lui, parlez à ses coéquipiers.

Mais si vous voulez tout savoir à propos de Calvin McCarty, ce joueur acharné, pas besoin de faire ni l’un ni l’autre.

Tout ce que vous avez à faire, c’est regarder les faits saillants de la première demie de la demi-finale de l’Est de dimanche dernier. Et concentrez-vous sur le numéro 31 lorsque les Eskimos d’Edmonton ont possession du ballon.

Le vétéran centre-arrière de 35 ans a connu une première demie exceptionnelle, 30 minutes au cours desquelles il a joué un rôle instrumental dans ce qui allait devenir une victoire de 37-29 à Montréal.

« Tout ce qui est possible de faire pour avoir un impact dans un match comme celui-ci et pour donner de l’énergie à mes coéquipiers, c’est ce que j’essaie d’accomplir », a dit McCarty, peu de temps après l’entraînement des Esks, mercredi, alors que ceux-ci se préparent à croiser le fer avec les Tiger-Cats de Hamilton en finale de l’Est.

« Donc, qu’il s’agisse d’un bloc, d’un plaqué, ou de marquer un touché, j’aime simplement le football, et peu importe ce que l’on me demande de faire, ça me passionne. »

McCarty, disputant présentement sa 13e saison à Edmonton, a accompli plusieurs choses qui le passionnent au fil des années, et il en a remis, dimanche dernier, contre les Alouettes.

Dans les premiers moments du premier quart, McCarty s’est échappé du champ arrière et a capté une passe du quart-arrière Trevor Harris, il s’est fait solidement plaqué par les demis défensifs Greg Reid et Najee Murray, puis il a effectué une pirouette, dans les airs, avant de retomber au sol, à moins de cinq verges de la zone des buts de ses rivaux, avec une passe complétée.

Sur le jeu d’après, il a freiné le demi défensif Jarnor Jones à la porte des buts, et le demi offensif C.J. Gable a porté le ballon derrière lui pour atteindre la zone des buts.

Lorsque Gable a été arrêté à la ligne de deux verges lors d’une course au deuxième quart, McCarty et son coéquipier James Tuck se sont placés derrière lui pour le pousser, encore et encore, jusqu’à ce que le barrage cède que Gable puisse à nouveau franchir la ligne des buts pour son deuxième touché du match.

Puis, McCarty a lui-même inscrit un majeur, en captant une passe de Harris dans le fond de la zone des buts. Mais il avait accompli tellement de choses avant cet attrapé.

Sur le jeu précédent l’attrapé, Harris avait lancé une courte passe au receveur DaVaris Daniels dans le champ arrière, pendant que McCarty sprintait vers la zone des buts des Montréalais (encore une fois, Tuck était là pour effectuer un bloc clé), renversant le maraudeur Bo Lokombo, permettant ainsi à Daniels de porter le ballon jusqu’à la ligne de quatre verges.

Sur la passe qui a mené à son touché, McCarty a bloqué Reid, qui effectuait un blitz, avant de s’échapper et de courir vers un espace libre dans le coin de la zone des buts avant que le secondeur des Alouettes, Henoc Muamba, puisse arriver sur les lieux.

Une première demie exceptionnelle, au cours de laquelle on a pu apercevoir de nombreux exemples des contributions de McCarty chez les Eskimos. Des contributions qu’il continuera d’apporter, dimanche, lors de la finale de l’Est, à Hamilton.

Sur le terrain, il fait usage de force brute lorsque la situation l’exige, qu’il porte le ballon ou que, plus souvent, quelqu’un d’autre le porte, et il a de bonnes mains lorsqu’on lui demande de courir un tracé.

« Je l’ai vu attraper un ballon de football de manière inimaginable. Vous ne me croiriez probablement pas », a confié son coéquipier Natey Adjei, en parlant des prouesses de McCarty lors des entraînements.

Calvin McCarty a été synonyme de constance tout au long de son séjour avec les Eskimos et, bien que son rôle dans l’équipe ait changé, son attitude n’a, quant à elle, apparemment pas changé.

Pendant une période de quatre saisons, de 2008 à 2011, McCarty a été appelé à porter régulièrement le ballon, ou à l’attraper, après qu’il se soit échappé du champ arrière.

Il était au cœur de l’attaque des Eskimos, portant le ballon 88, 67, 62 et 52 fois au cours de ces quatre campagnes. Il a notamment réussi 78 attrapés pour 583 verges en 2008.

Depuis, il a été utilisé avec plus de parcimonie comme porteur de ballon; les occasions de le porter et de l’attraper diminuent, mais pas ses succès quand on lui en donne la possibilité. Comme dimanche dernier; lorsque les Esks ont fait appel à ses services, il a fait le travail. Pendant ce temps, les protections et les blocs de McCarty, essentiels aux succès de son équipe, ont été exécutés de manière professionnelle, et ses corvées et ses plaqués sur les unités spéciales ont été accomplis sans un soupçon de découragement.

« C’est l’un de mes coéquipiers les plus altruistes de tous les temps », a dit Adjei, le rapide demi inséré qui s’est joint aux Eskimos il y a maintenant quatre saisons. « Il aime le football et apprécie tellement le sport. Et son désir de gagner et de compétitionner, chaque jour, est incomparable. »

Le joueur de ligne offensive Jacob Ruby, aujourd’hui à sa troisième saison avec les Eskimos, est impressionné par l’appétit de McCarty à accomplir n’importe quelle tâche qu’on lui confie.

« Il est prêt à faire n’importe quoi pour l’équipe », a dit Ruby, qui est sorti du cadre du football pour décrire la richesse de son coéquipier.

« Il est ce joueur qui se présente au travail chaque jour en affichant un large sourire, et il veut rendre tout le monde autour de lui meilleur », a dit Ruby. « Impossible de passer à côté de Cal sans qu’il vous salue ou qu’il vous demande comment ça va. C’est le genre de personne qu’il est. »

La définition d’un coéquipier génial, bref.

Pour McCarty, l’équation qui le pousse à jouer au football – et à y jouer de la sorte – est plutôt simple. Elle comprend plaisir et gratitude.

« Je sais que je suis chanceux d’avoir encore une opportunité de pratiquer ce sport », a-t-il dit. « Donc chaque fois que j’ai la chance de sauter sur le terrain, je suis simplement heureux. Fais-le pour le bien de la famille, pour le bien de l’équipe, et aie du plaisir. »

« Il ne reste plus beaucoup de ces opportunités, donc j’essaie d’en profiter le plus possible », a-t-il dit.

Adjei a donné un surnom à McCarty : il l’appelle « Cal-Vino », parce que, selon Adjei, « comme un vin, il est meilleur avec l’âge. »

Et McCarty se sent bien, même après cette longue saison et après une carrière qui l’a vu courir 337 fois pour 1615 verges, et capter 338 passes pour 2005 verges. Il ne faut pas oublier ses centaines de jeux sur les unités spéciales (il totalise 83 plaqués sur les unités spéciales en carrière) et les innombrables fois où il a empêché un blitz ou effectué un bloc, faisant consciencieusement la salle besogne qui est si importante lors de chaque jeu offensif.

À 35 ans, McCarty ne pense pas du tout à la retraite, soutenant qu’il sent qu’il pourrait jouer jusqu’à la cinquantaine, même s’il n’a pas l’intention de jouer jusqu’à 40 ans. Un autre deux, trois ans? Certainement, si l’on se fie à ses dires.

Cependant, ce n’est pas quelque chose à quoi il pense en ce moment. McCarty se concentre sur le match de dimanche, et sur les Tiger-Cats.

« Ils ont fait du bon travail, neutralisant tout le monde cette année », a-t-il dit en parlant de la défense de Hamilton. « Mais j’ai confiance envers nos joueurs et envers le travail qu’ils accomplissent. J’ai hâte au match de dimanche. »

« Nous pouvons accomplir plusieurs choses en attaque avec Trevor en santé, et, selon moi, qui joue son meilleur football au bon moment. Je suis excité en pensant à ce match, et je suis excité de voir ce que nous pourrons accomplir en tant qu’équipe. Je suis impatient de sauter sur le terrain et de jouer ce match. »

Peu importe ce que l’attaque des Eskimos compte faire contre Hamilton, McCarty sera un rouage important de celle-ci, que vous le remarquiez ou non.

Il dit qu’il a bien résisté, physiquement, durant les dernières semaines de la saison 2019. Il plaisante en disant qu’il est plus que prêt à disputer la finale de l’Est. « Je l’aurais joué hier », s’est-il exclamé en riant. « Allons-y. »

Après 13 saisons à tout donner sur le terrain de football, McCarty est prêt à en donner encore plus, et vous ne l’entendrez pas se plaindre des ecchymoses, des bosses, des courbatures ou des douleurs. Au cours de ces 13 saisons, il a gravi les échelons avec son équipe en remportant la Coupe Grey en 2015. C’est la seule participation de McCarty à un match de la Coupe Grey, alors il sait à quel point cette opportunité peut être rare. Et pourquoi s’approcher si près d’une autre opportunité peut être aussi excitante pour un joueur.

« C’est la raison pour laquelle vous vous présentez au camp d’entraînement », a-t-il dit. « C’est la raison pour laquelle vous vous présentez chaque jour. C’est la raison pour laquelle vous vous entraînez. C’est la raison pour laquelle vous travaillez aussi fort pendant la saison morte, alors que personne ne regarde. C’est la raison pour laquelle quand vous sautez sur le terrain, vous en ressortez avec des courbatures. »

C’est la raison pour laquelle Calvin McCarty continue de faire tout ce que les Eskimos d’Edmonton lui demandent de faire, comme il l’a fait tout au long de sa carrière, malgré les hauts et les bas. C’est ce qu’il a fait dimanche dernier, et ce qu’il fera ce dimanche.

« Pour une opportunité de jouer pour la coupe Grey », a-t-il conclu.

D’après un article de Don Landry, publié sur CFL.ca.