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6 mars 2020

Don Jackson : Ticats, hip-hop et football

Stampeders.com

HAMILTON – Don Jackson comprend ce qu’il en est de jouer devant une large foule de partisans.

Il est habitué de voir ces mêmes partisans analyser ses moindres faits et gestes, s’affolant pour un touché et huant lors d’un échappé.

Mais en juin 2019, rien n’aurait pu le préparer à ce moment où il devait fouler la scène à Calgary, non pas pour jouer au football, mais bien pour y jouer sa musique.

« Lorsque j’attendais derrière les rideaux, on aurait pu croire que je n’avais jamais joué un match de football de ma vie», a dit Jackson. « Ma plus grande foule a été celle de Texas A&M, devant 60 000 à 70 000 personnes. »

« Le stress est différent », a-t-il poursuivi. « Mais lorsque je m’y mets, tout semble se ressembler. »

Jackson n’est pas seulement un demi offensif qui évolue dans la Ligue canadienne de football (LCF). Il est aussi un artiste hip-hop connu sous le nom de Don Jayy.

L’athlète de 26 ans a amorcé sa carrière musicale en 2018 – la même année où il a signé son contrat avec les Stampeders de Calgary – avec son nouveau projet « Jack of all Trades ». Jackson a utilisé ses 10 premières chansons pour raconter son histoire, lui qui a grandi à Sacramento, en Californie, parlant du partage de son temps entre le sport et les arts.

Par la suite, il a lancé son premier simple « Taboo », en juin 2019, qui, aux dires de Jackson, est la meilleure chanson qu’il a écrite. Et en 2020, il a sorti une autre chanson du nom de « Picasso Flow ».

La comparaison entre le football et le rap est un sujet de prédilection pour Jackson. Il y consacre même une chanson complète sur son album.

« Au football, je peux sauter sur le terrain et effectuer un jeu », dit-il. « Si mon jeu ne fonctionne pas, je peux toujours me reprendre avec le suivant. »

« Avec le rap, tu ne peux pas te permettre autant d’erreurs. Il faut connaître les paroles et ce que tu as à dire lorsque tu es sur la scène. C’est plus éphémère. »

« La marge d’erreur est donc plus mince. »

À la suite du succès de sa première performance, Jackson est monté une fois de plus sur la scène à Calgary, quelques mois plus tard. Au cours de ce moment, en recevant toute cette énergie de la foule, il a su qu’il devait faire ça dans la vie.

« Je n’arrêterai pas le football puisque ça définit qui je suis », a dit Jackson. « Je ne laisserai jamais ce sport de côté. »

« Mais après mes deux performances musicales, j’ai senti que le monde de la musique me collait à la peau. »

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Le joueur de cinq pieds, 10 pouces et 205 livres a trouvé un certain équilibre entre ses deux amours : le football et la musique. Il vient de terminer sa deuxième saison avec les Stamps et il a décidé de tester le marché des joueurs autonomes, lui qui s’est entendu avec les Tiger-Cats de Hamilton, au cours de l’entre-saison.

Jackson voulait passer à l’est afin de se rapprocher de sa famille et de son fils, Tajae, qui aura un an le mois prochain. Il voulait aussi trouver une équipe avec qui il aurait des chances de remporter la Coupe Grey.

« Je voulais jouer dans une équipe qui a un plan d’action, un plan d’action pour le groupe et pour moi », a dit Jackson. « Mais pas seulement pour mon seul succès, mais bien pour celui de l’équipe au grand complet. »

Jackson se souvient d’avoir vu des vidéos des Ticats lorsqu’il évoluait pour les Stamps. Il a eu le temps d’observer ce que le coordonnateur offensif Tommy Condell faisait à Hamilton. Il trouvait ça intrigant et il voulait en faire partie.

« Les Ticats font beaucoup de trucs intéressants en attaque », a dit Jackson. « Et ils placent leurs joueurs dans des situations où ils auront du succès. Je voulais vraiment faire partie de ce groupe. »

Jackson a parlé au plus grand nombre de gens possibles avant de prendre sa décision. Par exemple, il s’est entretenu avec ses anciens coéquipiers Tunde Adeleke et Ja’Gared Davis. Il a aussi eu une discussion avec Courtney Stephen, lui qui sera de retour à Hamilton, à la suite d’un séjour d’un an à Calgary.

Après deux saisons avec les Stampeders de calgary, Don Jackson jouera avec les Ticats, en 2020 (Stampeders.com).

« Stephen m’a dit qu’il aimait Calgary, mais que Hamilton était encore mieux », a dit Jackson. « Tout le monde disait ça. Je me suis donc dit pourquoi pas? »

Maintenant un membre des Ticats, Jackson est loin du temps où il enregistrait sa musique dans le garage de sa mère en 2009 et où il tentait de faire jouer ses compositions sur les plateformes musicales. Le but, comme au football, était d’obtenir le plus de répétitions possibles.

Il espère avoir une chance en musique sur la scène musicale ontarienne, alors que Hamilton n’est pas loin de Toronto, une ville avec une grande scène hip-hop.

« Calgary m’a ouvert plusieurs portes tant au football qu’en musique », a dit Jackson. « Mais ma décision a été encore plus facile à prendre lorsque je me suis rendu compte que Toronto n’était qu’à 45 minutes de Hamilton. »

D’après un article de Kristina Costabile, paru sur CFL.ca