24 mars 2020

Repêchage 2020 : Les formations de la LCF s’appuieront sur la technologie

Johany Jutras/CFL.ca

TORONTO – Le monde est en quelque sorte sur pause, alors que nous essayons, en tant que citoyens de cette planète, de contenir la COVID-19.

Plusieurs d’entre nous ont vu leurs façons de travailler être modifiées – et pour plusieurs, mises à pied —, tout en tentant de pratiquer la distanciation sociale. Et cet état de fait touche également les directeurs généraux, les entraîneurs et les recruteurs de la Ligue canadienne de football (LCF), eux qui devront vivre un repêchage sans avoir eu le luxe de voir les espoirs nationaux pour une dernière fois, au cours de la saison des camps d’évaluation.

En effet, la LCF a annulé ses différents camps d’évaluation – le dernier camp d’évaluation mondial à Mexico, les camps d’évaluation régionaux à travers le Canada, ainsi que le camp d’évaluation national à Toronto, présenté par New Era – le 12 mars dernier.

Alors que le repêchage mondial et le repêchage national sont toujours à l’horaire – sans oublier qu’il y aura un camp d’évaluation mondial à Toronto, mais à une date ultérieure —, les gens des opérations football à travers la Ligue sont, comme nous, en position inconfortable.

« C’est un rappel à l’ordre. Tout est en suspens », a dit le DG des Lions Ed Hervey. Notons que les Lions ont su qu’un membre de leur personnel a contracté la COVID-19 dernièrement.

« Mais il y a toujours les documents vidéo. Nous sommes habitués d’avoir des mesures précises de grandeur, poids et autres, alors que nous rencontrons les espoirs en chair et en os lors des entrevues. Ce sera un nouveau défi à relever. »

« Nous sommes tous dans le même bateau. »

Le nouvel entraîneur-chef du ROUGE et NOIR Paul LaPolice adore son groupe d’entraîneurs, en vue de la saison 2020 (Kevin Sousa/CFL.ca).

Le nouvel entraîneur-chef du ROUGE et NOIR d’Ottawa Paul LaPolice est à son domicile de Winnipeg, là où sa famille réside toujours, à la suite de son séjour de quatre saisons en tant que coordonnateur offensif des Blue Bombers de Winnipeg.

« La technologie nous a certainement facilité la vie au cours des dernières années », a dit LaPolice. « C’est sûr que nous voulons travailler. Et maintenant, nous pouvons travailler de la maison. »

« Au cours de notre préparation en vue du repêchage, nous serons en mesure de regarder des vidéos de joueurs. Nous verrons si nous les contacterons directement ou si la Ligue coordonnera le tout. »

Le plus difficile pour LaPolice sera de trouver un équilibre dans son travail. Lui et sa femme ont trois enfants à la maison; des filles de 12 et 6 ans et un garçon de 9 ans.

« Normalement, lorsque tu vas travailler, tu vas travailler, mais tu ne peux pas aller travailler pendant 10 heures, à la maison », a-t-il dit. « C’est une ambiance différente lorsque vos enfants s’amusent autour de vous. »

Alors, LaPolice a dû se lever plus tôt afin d’avoir un peu de tranquillité.

« Ce sera l’aspect le plus difficile, en ce moment, pour bon nombre d’entraîneurs », a dit LaPolice.

« Lorsque tu te rends au bureau, tu as habituellement pas mal de temps pour accomplir un paquet de choses. Pour les gars célibataires ou les gars sans enfants, c’est sans doute plus facile. »

Le nouvel entraîneur-chef des Lions Rick Campbell a pu passer beaucoup de temps avec son personnel d’entraîneurs, durant l’hiver (BCLions.com).

Une chose qui a aidé les organisations du ROUGE et NOIR et des Lions de la Colombie-Britannique c’est qu’elles ont pu avoir des heures supplémentaires avec leur personnel d’entraîneurs avant que tout ne soit arrêté. Les deux entraîneurs-chefs ont appelé leur groupe pendant l’hiver afin d’amorcer le travail, en vue de la saison 2020. C’est très important d’établir la chimie rapidement pour ces deux formations avec de nouveaux entraîneurs-chefs.

« Tout le processus se passe à merveille », a dit LaPolice.

« La relation entre nous est déjà extraordinaire. Voir mon groupe interagir m’excite énormément. J’ai vraiment un personnel d’expérience, de très bons entraîneurs et nous ferons de notre mieux afin de nous adapter, improviser et passer à travers cette situation exceptionnelle. »

En C.-B., l’ancien entraîneur-chef du ROUGE et NOIR Rick Campbell a fait la même chose, passant deux semaines avec son personnel d’entraîneurs.

Ce qui est hors du contrôle des organisations de la LCF c’est la condition physique de leurs joueurs. Alors que les installations des équipes de la Ligue et les centres de conditionnement physique publics sont fermés, les joueurs devront être créatifs afin de garder la forme, ou, à tout le moins, simplifier leurs entraînements.

« C’est le temps de l’année où les joueurs, d’habitude, reprennent l’entraînement de façon officielle, lançant et attrapant des ballons », a dit LaPolice.

« C’est une situation qui aura un impact sur la saison à venir. Le virus fait réellement peur. Je sais que le repêchage est important, mais la santé de vos proches l’est aussi et la vôtre également. Je suis sûr que les joueurs y penseront dans leurs préparations. »

« Les gars devront ressortir les trucs à l’ancienne : redressements assis, les pompes, la course, etc. La course est un très bon exercice de conditionnement physique », a dit Hervey.

Les mots de LaPolice résonnent en son personnel d’entraîneurs et en nous. Alors que nous devrons apprendre à vivre avec ces changements, nous devrons nous adapter, improviser et passer à travers cette situation exceptionnelle.

D’après un article de Chris O’Leary, paru sur CFL.ca