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14 mai 2020

Les Lions se refont une beauté dans les tranchées; objectif : éliminatoires

THE CANADIAN PRESS/Darryl Dyck

Le LCF.ca présente sa série d’articles sur les « Chartes des positions de l’entre-saison » qui exposera l’alignement des équipes de la Ligue canadienne de football (LCF) tel qu’il est présentement. À noter que ce ne sont pas les formations officielles des équipes de la LCF pour la saison 2020, mais bien des projections et des analyses. De plus, les choix du repêchage 2020 ne sont pas inclus.


VANCOUVER – À pareille date l’an dernier, tout semblait très positif pour les Lions de la Colombie-Britannique. Nous parlions même, à travers la Ligue canadienne de football (LCF), d’un changement à venir en tête de la division Ouest. L’acquisition du quart-arrière Mike Reilly avait été tout un coup de circuit, au cours de l’entre-saison 2019. Les Lions étaient même considérés comme des prétendants à la Coupe Grey.

Bien sûr la réalité de la saison 2019 rattrapa les Lions. Reilly a passé la majeure partie de son année à jouer à « sauve qui peut », lui qui s’est fait renverser plus souvent qu’à son tour. Ce fut difficile pour l’athlète de 34 ans reconnu pour sa dureté physique. La ligne défensive des Lions a accordé un total de 56 sacs du quart l’an dernier, le pire total de toute la LCF.

Du côté de la défense, l’incapacité des Lions à atteindre les quarts adverses leur a fait mal. La Colombie-Britannique a cumulé 28 sacs du quart, un de plus que le total des Alouettes de Montréal, le pire résultat de la Ligue. À l’autre bout du spectre, la Saskatchewan et Edmonton ont doublé les Lions avec 56 sacs chacun, en 2019, à égalité au premier rang du circuit Ambrosie.

Lorsque vous ne remportez pas la bataille des tranchées, que ce soit en attaque ou en défense, les victoires s’accumuleront difficilement. Les Lions ont amorcé le calendrier 2019 avec une fiche de 1-10 et la seule victoire contre Toronto (semaine 4) a été remportée de justesse, sur une erreur de l’équipe adverse. Le changement d’entraîneur de la ligne offensive – le premier de plusieurs ajustements apportés par les Lions – a semblé fouetter la formation de l’Ouest. Les Lions ont alors remporté quatre victoires d’affilée et ils ont même eu des chances de participer aux matchs éliminatoires, jusqu’à ce que Mike Reilly se blesse au poignet, contre son ancienne équipe, les Eskimos.

Sans surprise, le directeur général des Lions Ed Hervey s’est penché sur ces deux problèmes sur la ligne à l’attaque et sur la ligne défensive, au cours de l’entre-saison.

Nous amorcerons le tout avec le problème le plus urgent. Hervey a été en mesure de mettre la main sur le joueur autonome Ryker Mathews – nommé sur l’équipe d’étoiles de l’Est en 2019 —, en plus de prolonger les contrats de Hunter Steward et Peter Godber. Lorsque les Lions ont remporté leurs quatre victoires consécutives, ils avaient la chance d’avoir un horaire plus léger, mais leur efficacité sur la ligne offensive a augmenté sous les ordres de Kelly Bates.

Bates est demeuré avec les Lions à la suite de la saison 2019, lorsque DeVone Claybrooks a été démis de ses fonctions et qu’il a été remplacé par Rick Campbell.

L’ouverture du marché des joueurs autonomes a permis à la ligne défensive des lions de se refaire une beauté. Hervey a conclu des ententes avec les ailiers défensifs Chris Casher des Stamps et J.R. Tavai du ROUGE et NOIR. Ces deux joueurs ont réalisé sept sacs chacun l’an dernier. L’ajout de Micah Johnson comme plaqueur aura sans doute été la plus belle addition de l’entre-saison en défense pour les Lions. Celui qui a été nommé trois fois sur l’équipe d’étoiles de la LCF et qui a remporté deux coupes Grey n’a pas connu la meilleure saison de sa carrière en 2019, avec les Roughriders (quatre sacs), mais il a tout de même cumulé 14 sacs en 2018 avec Calgary, son meilleur résultat en carrière. Lorsqu’il est à son meilleur, Johnson peut être le joueur le plus dominant dans les tranchées. Pour une ligne défensive qui a traîné de la patte en 2019, l’ajout de Johnson ainsi que de deux athlètes prometteurs de 26 ans, pourraient faire des flammèches.

À l’extérieur des tranchées, Reilly a obtenu quelques nouvelles cibles avec lesquelles travailler. Deux anciens receveurs du ROUGE et NOIR se sont joints aux Lions : Dominique Rhymes (1056 verges de gains en 2019) et Caleb Holley (487 verges de gains en 2019).

Les unités spéciales ont reçu l’aide d’un visage familier, alors que le vétéran Chris Rainey effectuera un retour en Colombie-Britannique, lui qui a évolué avec les Lions de 2015 à 2018. Le botteur Sergio Castillo est de retour de la XFL, afin de poursuivre sa route avec les Lions, avec qui il avait eu une excellente saison 2019, réussissant 43 de ses 45 tentatives de bottés de trois points.

Parmi les trois équipes de la LCF qui n’ont pas participé aux matchs éliminatoires l’an dernier, Les Lions sont dans une situation unique. Ils ont l’un des meilleurs quarts de la Ligue derrière le centre en Mike Reilly. C’est quelque chose que Toronto et Ottawa ont eu à arranger lors de l’entre-saison. Le protéger afin de le laisser travailler dans le système offensif de Jordan Maksymic – quelqu’un que Reilly connaît bien, depuis son temps passé à Edmonton — sera la clé du succès pour les Lions, en attaque.

Tant et aussi longtemps que Reilly sera le quart-arrière des Lions, l’attention des partisans sera dirigée sur l’attaque. Mais la défense de la Colombie-Britannique sera intrigante à observer et, sur papier – nous écrivons cela afin de ne pas tomber dans le même panneau que l’an dernier, en ce qui a trait aux espoirs de voir cette formation dominer la Ligue —, celle-ci pourrait permettre à la troupe de Rick Campbell de se démarquer des autres équipes.

Voyant les défaites s’accumuler en plus de voir Reilly ressembler à un lutteur professionnel dans les tranchées a été une surprise, mais ce n’est pas la première fois que nous avons pu constater ce genre de situation. La saison 2019 des Lions a drôlement ressemblé à la première saison de Reilly avec les Esks en 2013, la première fois que Hervey s’était entendu avec le pivot. Les Eskimos n’avaient remporté que quatre matchs cette année-là, et ce, malgré toutes les acquisitions qui devaient faire en sorte d’élever cette équipe à un niveau supérieur.

La plupart d’entre nous se souviennent des deux saisons suivantes d’Edmonton. La ligne offensive des Esks s’est solidifiée et la défense s’est grandement améliorée sous les ordres de Chris Jones. Edmonton avait remporté 12 matchs en 2014 et 14 en 2015, en plus de mettre la main sur la coupe Grey.

Il y a eu beaucoup de changements de qualité chez les Lions l’an dernier. L’équipe aurait dû mieux performer. Lors de cet entre-saison, de bons changements ont eu lieu également. Mais les Lions devront prouver qu’ils sont une meilleure équipe à l’endroit le plus important… Sur le terrain.