24 juin 2020

Équipe de la décennie : Faire fi de la familiarité au moment de voter

LCF.ca

TORONTO – En parcourant la liste des candidats, vous remarquerez inévitablement les noms familiers en premier.

En regardant la liste des joueurs en lice pour l’équipe de la décennie, présentée par LeoVegas, que vous soyez un partisan, un membre du comité de sélection ou un représentant des médias, ceux que vous avez vus jouer le plus ou qui ont eu le plus d’impact pour vous seront ceux qui vous sauteront aux yeux en premier. Ce peut être un défi lorsqu’il faut choisir des athlètes ayant provenant de toutes les équipes de la Ligue.

C’est ce qui arrivé pour Chris O’Leary, chroniqueur du CFL.ca, lorsqu’il a analysé les données des receveurs en lice. S.J. Green vient en tête de liste chez les receveurs les plus productifs des 10 dernières années avec 9689 verges et 57 touchés en 157 parties. Adarius Bowman pointe au deuxième rang, avec une récolte de 8208 verges et 40 touchés en 117 matchs. Ses yeux ont ensuite aperçu le nom de Fred Stamps, le neuvième receveur le plus productif. Chris a couvert Bowman et Stamps à Edmonton pendant près de cinq années complètes. Et il a passé les trois dernières années à couvrir Green, à Toronto.

Ce n’est pas parce qu’un joueur vous saute aux yeux qu’il obtiendra nécessairement votre vote – quoi que Green et Bowman ont chacun bâti un solide dossier pour devenir les deux premiers receveurs à cocher sur votre bulletin de vote –, mais cette familiarité est un élément qu’il faut tenir en compte. Encore une fois, qu’il s’agisse d’un partisan, d’un membre des médias ou d’un ancien joueur faisant partie du comité de sélection et ayant évolué aux côtés de certains de ces joueurs par le passé, une personne remarquera naturellement ce qui familier en premier. Mais vous ne pouvez pas vous arrêter à ce critère.

Le chroniqueur du Hamilton Spectator Steve Milton estime qu’il y a entre 20 et 30 représentants de la presse qui assistent, chaque jour, à l’entraînement des équipes des quatre coins du circuit.

« Si vous assistez aux entraînements quotidiens, vous voyez comment s’exercent les joueurs chaque jour », a-t-il souligné. « Et ce n’est pas juste, parce que vous ne voyez pas ce que tous les autres joueurs de la Ligue font à l’entraînement. »

« Alors quand je vois un jeu s’exécuter – par Luke Tasker, un joueur qui passe un peu sous le radar, n’est-ce pas? –, parce que je le vois chaque jour, parce que je vois ce qu’il fait pendant les entraînements et parce que je le vois évoluer comme l’un des plus petits joueurs à ne pas être effrayé d’aller jouer dans le trafic, il y a un biais, parce que je le vois tout le temps. »

« Quand je vois un autre joueur réussir un bel attrapé, je ne le vois pas réussir ce même attrapé 12 fois à l’entraînement, n’est-ce pas? Alors il faut faire attention à ça. Il faut faire très, très attention. Et c’est difficile. »

Rob Vanstone a grandi à Regina en regardant les Roughriders, et il a passé la moitié de sa vie d’adulte à écrire à propos de cette équipe. Ainsi, de la même manière que Milton trouve probablement en premier sur la liste les joueurs ayant évolué à Hamilton, Vanstone voit, de son côté, ceux qui ont porté l’uniforme vert et blanc des Riders.

« C’est difficile parce que vous devez vraiment essayer de changer votre état d’esprit pour vous assurer que si quelqu’un joue à Montréal, il bénéficie de la même considération que s’il joue en Saskatchewan », a confié Vanstone, coordonnateur de la section sports et chroniqueur du Regina Leader-Post.

« C’est ce qu’on entend parfois pour le Temple de la renommée du baseball. On dit que si le joueur A avait joué à New York plutôt qu’à Kansas City, il serait déjà admis au temple. C’est en quelque sorte un problème de familiarité. Je ne veux pas automatiquement me dire : « J’ai vu ce joueur jouer plusieurs fois, et donc il doit faire partie de l’équipe. » Brendon LaBatte, je ne sais pas comment il pourrait ne pas faire partie de l’équipe compte tenu de tout ce qu’il a fait depuis 2008. Les joueurs comme lui ne seront pas les choix difficiles. »

« Ça va être : « OK peut-être qu’il y a un joueur comparable, ici, à un joueur à Toronto ou à Montréal, mais je ne les connais pas aussi bien. » C’est là que je vais devoir contacter certains collègues et leur demander : « OK, voici Weston Dressler. Voici Fred Stamps. Comment compareriez-vous les deux? » Ensuite, on peut ajouter la variable longévité. »

ÉQUIPE DE LA DÉCENNIE, PRÉSENTÉE PAR LEO VEGAS – CALENDRIER DU SCRUTIN

DATES POSITIONS STATUT
23 juin Receveurs, demis défensifs et maraudeur En cours
7 juillet Demi offensif et secondeurs Bientôt
21 juillet Joueurs de ligne offensive et défensive Bientôt
4 août Unités spéciales Bientôt
18 août Quart-arrière Bientôt
1er septembre Entraîneur-chef Bientôt

L’autre question sur laquelle Vanstone s’est interrogé est de savoir si un joueur canadien mérite d’être honoré, même s’il a peut-être connu une carrière plus longue que certains joueurs américains qui sont venus ici, qui ont été époustouflants pendant quelques années et qui ont pris leur retraite ou qui ont choisi d’aller évoluer dans un autre circuit.

« Dois-je accorder un peu plus d’importance à Brad Sinopoli qu’il est un joueur canadien? Il y aura des questions comme celle-là. Des choses comme ça. Ça ne devrait pas être trop difficile, cependant, à la position de demi offensif », a lancé Vanstone en riant.

« C’est un peu bizarre… C’est tellement un atout au chapitre du ratio d’avoir un Canadien à la position de demi offensif, mais il y a Andrew Harris, Jon Cornish et Jerome Messam. Si quelqu’un vous avait dit en 2010 que la décennie se passerait ainsi, je ne suis pas sûr que bien des gens l’auraient cru. »

« Chez les receveurs, je suis content qu’il y ait plus de choix à faire, parce que je n’aurais pas pu limiter mes choix avec un groupe avec autant de talent. »

Le défi de voter pour une équipe comme celle-ci sera de regarder au-delà du familier et de sortir des zones de confort que nous avons tous construites au fil des années à consommer du football. Si vous votez, vous devez essayer d’avoir une vision d’ensemble plus large de la dernière décennie.

D’après un article de Chris O’Leary publié sur le CFL.ca.