Singleton et O’Shea réfléchissent sur le vote des secondeurs

TORONTO – Si vous avez de la difficulté à faire vos trois choix en ce qui a trait au vote des secondeurs pour l’Équipe de la décennie, présentée par LeoVegas, prenez note qu’un joueur intronisé au Temple de la renommée du football canadien et un ancien joueur défensif par excellence de la Ligue canadienne de football (LCF) sont de votre avis.

« Elle n’est pas commode, cette liste », a dit Mike O’Shea, lorsqu’il a regardé la liste des secondeurs en nomination pour l’Équipe de la décennie. « Ce n’est pas facile de faire un choix. »

Effectivement, Mike.

Voilà pourquoi nous avons fait appel à l’entraîneur-chef des Blue Bombers de Winnipeg afin de peut-être aider les partisans et les chroniqueurs qui ne savent pas quel chemin prendre. Voilà aussi pourquoi nous avons parlé au secondeur des Eagles de Philadelphie Alex Singleton, lui-même en nomination, à la suite de trois saisons incroyables avec les Stampeders de Calgary.

« Juste d’être sur cette liste avec tous ces joueurs… », a dit Singleton, lui qui a contemplé la liste, voyant son nom aux côtés d’Adam Bighill, Chip Cox, Solomon Elimimian, Simoni Lawrence, Henoc Muamba et J.C. Sherritt. Pour ne nommer que ceux-là.

Au lieu de leur demander pour qui ils voteraient, nous leur avons demandé de nous donner quelques points de réflexions pour chacun de ces candidats.

Est-ce que les informations pertinentes partagées par O’Shea et Singleton vous aideront à faire votre choix?

Voyons voir…

« Un vrai secondeur canadien et il l’a été pour toute la dernière décennie », a dit Alex Singleton du secondeur des Als Henoc Muamba (MontrealAlouettes.com).

Il est difficile pour plusieurs partisans de football de penser à Elimimian et à Bighill séparément, alors qu’ils ont fait partie d’un duo dominant en Colombie-Britannique de 2011 à 2016.

Ces deux joueurs ont fait la pluie et le beau temps aux attaques adverses dans la LCF.

Seront-ils réunis sur l’Équipe de la décennie?

« Solly et Bighill », a dit Singleton, se référant à eux comme le duo que nous avons connu. « Ce qu’ils ont accompli au cours des 10 dernières années est vraiment impressionnant. »

En se penchant davantage sur la carrière d’Elimimian, Singleton a noté que le vétéran a poursuivi sa domination en Saskatchewan, en 2019. « C’est un leader », a -t-il dit de l’athlète qui a remporté deux titres de joueur défensif par excellence de la LCF (2014 et 2016) et le titre du joueur par excellence de la LCF (2014). « C’est un fabricant de jeux et il ne rate pas un plaqué. Ce n’est pas le plus grand ni le plus gros, ce n’est pas non plus le plus rapide. Mais mentalement, il est très fort. Il sait toujours où est le ballon. »

« C’est une machine à faire des plaqués », a ajouté O’Shea, répétant la même phrase pour mettre plus d’emphase. « Une machine à faire des plaqués. »

« Et ses statistiques le démontrent. Toujours à la poursuite d’un joueur. Il atteint plusieurs ballons. Pour générer ce genre de statistiques – et ce n’est pas qu’une question de statistiques —, il faut atteindre souvent le ballon. »

Mike O’Shea et Alex Singleton semblent d’accord sur le choix du secondeur Adam Bighill (Johany Jutras/CFL.ca).

O’Shea, bien sûr, a des connaissances détaillées sur Bighill et sur sa personnalité de joueur, lui qui a dirigé l’athlète deux fois titré de l’honneur du meilleur joueur défensif de la LCF (2015 et 2018).

« Je suis biaisé puisque je l’ai côtoyé », a dit O’Shea.

« Il est polyvalent », a expliqué O’Shea, lui qui est au deuxième rang de tous les temps avec 1151 plaqués défensifs en carrière. « Il fait des choses que je n’avais pas le droit de faire puisque je n’étais pas aussi athlétique que lui. »

« Il comprend tellement ce sport, je l’envie beaucoup », a-t-il ajouté.

Si Singleton devait séparer les deux secondeurs, il avoue que Bighill fait plus mal à l’adversaire.

« Je dirais que Bighill est davantage un dur à cuire », a dit Singleton. « Mais ils sont tellement bons tous les deux. »

Ils sont bons dans la salle vidéo et sur le terrain. Ces deux caractéristiques sont importantes afin de grappiller une place sur l’Équipe de la décennie. Et Singleton et O’Shea s’entendent là-dessus. Mais tous les secondeurs, pour connaître du succès, doivent être en mesure d’anticiper les jeux.

« Je veux dominer tout le monde », a dit Singleton, lui qui est reconnu pour son acharnement au travail. Et O’Shea, lui qui n’a jamais dirigé le joueur défensif par excellence de la LCF en 2017, croit tout de même que les succès de ce dernier proviennent en grande partie de son éthique de travail.

« Il doit y avoir un bon équilibre entre son travail et son instinct », a dit O’Shea.

Et lorsque nous leur avons nommé les autres noms sur la liste, O’Shea a commencé à louanger un ancien secondeur des Alouettes de Montréal.

Chip Cox a imposé le respect dans la LCF, lui qui a joué de 2006 à 2018, avec les Alouettes (CFL PHOTO/Peter McCabe).

« J’adorais la façon dont Chip Cox jouait », a dit O’Shea. « Il jouait à 100 milles à l’heure. Je ne dirais pas qu’il jouait “cochon”, parfois, mais lorsqu’il s’en venait sur vous, vous saviez qu’il allait se battre jusqu’au bout. »

« Et il jouait aussi sur les unités spéciales. »

De Cox – le joueur défensif par excellence de 2013, en plus d’avoir été nommé à deux reprises sur l’équipe d’étoiles au cours de la dernière décennie —, Singleton avait ceci à dire :

« De ce que j’ai pu voir, il était un leader et un travailleur acharné qui savait toujours où était le ballon. Et il vous punissait chaque fois. »

« Si nous devions reconnaître les secondeurs traditionnels, il devrait être considéré. »

Le secondeur des Tiger-Cats de Hamilton Simoni Lawrence a été nommé à deux reprises sur l’équipe d’étoiles de la LCF au cours de la dernière décennie et c’est sa capacité de connaître soit un match efficace ou un duel rempli d’éclaboussures qui a attiré l’attention de Singleton. Il croit que Lawrence a été chanceux d’avoir été dirigé par des entraîneurs qui l’ont autorisé à être lui-même. Comme, par exemple, Orlondo Steinauer.

« Ils ont laissé Simoni jouer son style de football », a dit Singleton, avant de parler de sa réputation de grand parleur sur le terrain.

« Tout le monde sait que Simoni aime parler. Mais je crois qu’il parle aussi de la trajectoire du ballon. Ce gars-là est un fabricant de jeux. »

« Il est partout à la fois sur le terrain », a dit O’Shea. « Il exécute des jeux clés partout. Et il est aussi un bon leader. »

O’Shea et Singleton ont aussi adressé beaucoup de respect à l’ancien secondeur des Esks J.C. Sherritt, un autre joueur défensif par excellence de la LCF au cours de la dernière décennie (2012).

« Une autre machine à faire des plaqués », a dit O’Shea. « Et si vous portez attention à son physique, vous ne penseriez pas ça de lui, de prime abord. Mais il était tellement talentueux! »

« Il était l’un des gars à surveiller chaque semaine », a ajouté Singleton. « Il devait adapter son jeu puisqu’il était plus petit que la moyenne des secondeurs intérieurs. Il n’avait pas la même portée et tout ce genre de caractéristiques. »

Mais Sherritt était toujours très bien avisé.

« Il avait toujours une longueur d’avance sur les autres », a noté O’Shea.

« Elle n’est pas commode, cette liste. Ce n’est pas facile de faire un choix. »

– Mike O’Shea, entraîneur-chef des Bombers et ancien secondeur dans la LCF

Quelques autres noms… Celui qui a été nommé sur l’équipe d’étoiles de la LCF en 2012, Kyries Hebert.

« Il a joué à toutes ces positions différentes et toujours à un très haut niveau », a dit O’Shea.

Singleton, quant à lui, louange le secondeur des Alouettes Henoc Muamba, lui qui a été nommé deux fois sur l’équipe d’étoiles de la Ligue et qui a remporté le titre de joueur canadien par excellence de la LCF en 2019.

« Un vrai secondeur canadien et il l’a été pour toute la dernière décennie. »

« Vous pouvez construire une équipe autour de ce genre de joueur », a dit Singleton. « Peu importe où il a évolué, il a toujours fait partie du noyau de l’équipe. La façon dont on lui fait confiance, c’est ce qui fait de lui un si grand joueur. »

Singleton ne croit pas qu’il recevra tant de votes puisqu’il n’a passé que trois saisons dans la LCF, toutes avec les Stamps. De la liste des nominations, il est le secondeur qui a passé le moins de temps dans le circuit canadien.

Et, selon lui, c’est deux ans et demi, à cause de la façon dont sa carrière dans la LCF a commencé, en 2016.

Ajouté à la formation partante après que le grand Juwan Simpson ait annoncé sa retraite – un autre candidat pour l’Équipe de la décennie —, Singleton a passé la première partie de sa première saison dans la LCF en jouant sporadiquement en défense. Mais en seconde moitié de saison, il a surpassé Tank Reed et est devenu partant.

Toutefois, Singleton devrait être considéré pour l’une des trois places sur l’Équipe de la décennie.

Oui, plusieurs électeurs argumenteront sur sa longévité dans la Ligue. Mais d’autres voteront en fonction du talent qu’ils voient et qu’ils ont vu.

Et si vous êtes dans le camp de la longévité, Singleton a une solution pour vous.

S’ils décidaient de combiner mon jeu à celui de Juwan et que nous devenions une seule personne, un seul secondeur, je crois que l’on gagnerait, facilement », a-t-il dit, en riant.

D’après un article de Don Landry, paru sur CFL.ca