25 mai 2021

Trophée Jon-Cornish : Qu’est-ce qui rend John Metchie si spécial?

Université de l'Alabama

TORONTO – Plus tôt cette semaine, une longue liste de joueurs de football canadiens évoluant dans la NCAA ont été reconnus pour leurs prouesses lors de la saison de football universitaire 2020 en étant nommés pour le Trophée Jon-Cornish, remis annuellement au meilleur joueur canadien disputant son football universitaire dans la NCAA.

Depuis la création du prix en 2017, seuls des joueurs offensifs ont eu la chance de signer l’arrière de la gigantesque plaque en métal qui réside en tout temps au Temple de la renommée du football canadien, situé au Terrain Tim Hortons de Hamilton.

C’est impressionnant, mais ce qui est encore plus remarquable, c’est que les trois joueurs qui l’ont gagné jusqu’ici ont eu les mains sur le ballon lors de chaque jeu… ou presque!

Les joueurs de ligne offensive ont l’habitude de dominer lors du repêchage de la LCF. Mais les récipiendaires du Trophée Jon-Cornish et les nommées au fil des années ont constamment démontré que les bons joueurs de football canadiens ne sont pas seulement les colosses que l’on retrouve dans les tranchées.

Ils peuvent courir, attraper, lancer et se démarquer contre les meilleurs, ici comme aux États-Unis.

Il n’y a pas meilleur exemple que lors des deux dernières saisons. En 2019, le demi offensif de l’Université Oklahoma State Chuba Hubbard a été tout feu tout flamme et a remporté le Trophée Jon-Cornish. L’année suivante, John Metchie, un receveur originaire de Brampton, a connu une saison époustouflante lors d’une année où le Crimson Tide de l’Université de l’Alabama a raflé les grands honneurs.

Metchie a amorcé sa saison avec le Crimson Tide comme receveur numéro trois de la formation – ce qui est déjà un exploit en soi lorsqu’on connaît la compétition qui existe afin d’être tout simplement recruté par l’entraîneur-chef de l’Université de l’Alabama Nick Saban et son personnel –, mais il a rapidement été sous les projecteurs lorsque Jaylen Waddle, le choix de sixième tour des Dolphins de Miami lors du plus récent repêchage de la NFL, est tombé au combat en raison d’une blessure à la cheville.

Profitant de son opportunité, Metchie a maintenu une moyenne de 16,7 verges par attrapé, une moyenne bonne pour le septième rang de la conférence Southeastern (SEC), et il a marqué six touchés en 55 attrapés.

Notre statistique préférée pour démontrer tout l’impact du receveur de 20 ans au sein de la formation de l’Alabama?

Il a transformé un essai en premier essai ou en touché lors de 35 de ses 55 attrapés.

Chaque semaine lors de son inoubliable automne 2020, Metchie a donné aux partisans de football canadiens souhaitant voir un athlète d’ici connaître du succès aux États-Unis des raisons de se réjouir.

N’importe quel amateur de football peut voir le talent d’un joueur, mais aux yeux de l’animateur de Pro Football Focus (PFF), un balado qui se concentre sur le football universitaire aux États-Unis, Seth Galina – un expert du football originaire de Montréal –, Metchie est un athlète spécial.

« Il est un receveur complet », a dit Galina. « Il peut accomplir à peu près tout ce que vous voulez, et c’est pourquoi j’ai très hâte de le voir aller lors de la saison 2021. Il sera le receveur numéro un au sein de l’équipe numéro un, alors il recevra plusieurs passes, mais la raison pour laquelle il recevra beaucoup de passes et pourquoi il sera capable de remplacer un joueur de la trempe de Waddle est qu’il peut vous battre en hauteur lors d’un tracé vers les lignes de côté, ce qui est énorme, mais il peut aussi vous battre lors de courts tracés, des tracés souvent effectués par des joueurs élites, des tracés de 10 ou 20 verges. Il est si précis dans ses tracés pour battre ses couvreurs. »

Dans un groupe de receveurs qui comprend le récipiendaire du Trophée Heisman DeVonta Smith – reconnu pour son habileté à se séparer de ses couvreurs grâce à sa grande vitesse (et à son minuscule gabarit de 166 livres) –, Metchie a démontré qu’il pouvait offrir une production plus variée, comme en témoignes les statistiques compilées par PFF.

« Ses statistiques lors de confrontation à un contre un ont été astronomiques; il a fait partie du top-5 pour les verges par tracé parmi tous les joueurs de la NCAA l’an dernier », a dit Galina. « Que voulez-vous de plus d’un receveur? La première chose que l’on regarde c’est si vous êtes capable de battre un couvreur lors d’une confrontation à un contre un. Et dans le cas de Metchie, la réponse est oui, et contre les meilleurs. La deuxième chose que l’on regarde c’est si vous êtes capable de remporter vos batailles lors de couvertures homme à homme quand vous n’êtes pas capable de vous défaire de votre couvreur à la ligne de mêlée, et la réponse est encore oui. »

Le tout a contribué à la victoire du Trophée Jon-Cornish par Metchie, qui retournera à l’école cet automne après avoir assisté à la fête du repêchage d’un ancien récipiendaire du Trophée Jon-Cornish, et désormais choix de troisième tour lors du repêchage de la NFL, Josh Palmer – un autre joueur originaire de Brampton. Metchnie aura à l’œil son propre rêve d’accéder à la NFL. Comme les receveurs de l’Université de l’Alabama ont l’habitude d’être choisis lors des premiers tours du repêchage, Galina voit Metchie comme le prochain receveur du Crimson Tide à être sélectionné.

« Nous (PFF) le plaçons au neuvième ou dixième rang des receveurs du football universitaire l’an prochain, et ne soyez pas surpris s’il se retrouve dans le top-5 à la fin de la saison. Il aura toutes les chances de briller, et il est tout simplement un joueur extraordinaire. »

Il est peu probablement que les partisans de la LCF voient Metchie enfiler l’uniforme de leur club préféré. Toutefois, vous pouvez tout de même être fiers du récipiendaire du Trophée Jon-Cornish pour 2020-2021 pour tout ce qu’il a accompli, et pour tout ce qu’il accomplira dans les années à venir.

D’après une chronique de Marshall Ferguson publiée sur CFL.ca.