29 novembre 2023

La coupe Grey a donné un petit coup de main à la santé financière des Alouettes

La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Les bilans se suivent, mais ne se ressemblent pas pour les Alouettes de Montréal. Le directeur général Danny Maciocia est d’ailleurs bien placé pour en parler.

Lorsque Maciocia a pu faire son allocution lors du bilan de la direction des Alouettes, mercredi, dans le vestiaire de l’équipe au Stade olympique, il a semblé prendre quelques secondes pour bien assimiler toutes les augmentations de ventes que le président Mark Weightman venait de partager aux journalistes.

« Je pensais à l’année passée et nous nous retrouvons à deux extrêmes, complètement, a dit Maciocia. C’est incroyable à quel point les choses peuvent changer en 12 mois. »

C’est que lors du dernier bilan, le directeur général de la formation montréalaise se trouvait en plein c?ur d’un plan quinquennal qui n’allait nulle part, tout en se demandant s’il pourrait retenir les services de certains de ses piliers, dont le quart Trevor Harris et le receveur Eugene Lewis.

Divulgâcheur : il n’a pas pu.

Laissés dans une situation plutôt précaire par ses anciens propriétaires, feu Sid Spiegel et Gary Stern, les Alouettes ont passé une partie de la saison morte à chercher un nouveau président et un nouveau propriétaire.

Ils ont trouvé un propriétaire en mars, l’homme d’affaires québécois Pierre Karl Péladeau, et un président en avril, Weightman. C’était alors le début d’un nouveau plan quinquennal, et dieu sait que les partisans de sport montréalais ont souvent entendu parler de plans quinquennaux ainsi que des résultats mitigés qui suivent.

La différence pour les Alouettes, c’est que les résultats sont venus après huit mois, grâce à une victoire en finale de la Coupe Grey contre les Blue Bombers de Winnipeg. Péladeau, Weightman et Maciocia ne s’attendaient probablement pas à remporter les grands honneurs à leur première année d’association et c’est la raison pour laquelle ils n’ont pas l’intention de dévier de leur plan initial.

« La victoire à la Coupe Grey accélère ce que nous faisons dans notre plan d’affaires, mais ce n’est pas la solution, a insisté Weightman. La réalité, c’est que nous sommes rendus à huit mois d’un plan de cinq ans basé sur trois principes: gagner des matchs, offrir une expérience hors pair au stade Percival-Molson et nous impliquer dans la communauté. Et sur ce dernier point, ça va commencer avec une tournée partout au Québec avec la coupe Grey. »

Au-delà de cette tournée, la troupe montréalaise souhaite se rapprocher de ses partisans, comme elle le faisait beaucoup plus auparavant.

« Pour plusieurs raisons, nous avons perdu le momentum que nous avions en matière de rapprochement avec le public, de participer à des activités avec nos partisans. Ce qui va faire partie de ce plan, ce sont des camps pour les jeunes, des cliniques. Nous savons que le flag football est en développement et en croissance au Canada. Nous voulons nous investir dans ça. D’avoir la coupe Grey avec nous, ça va nous donner une autre belle raison d’avoir les gens », a exprimé Weightman.

AUSSI UNE QUESTION D’ARGENT

La victoire est souvent une belle source de motivation pour sortir le portefeuille, tant pour l’organisation que pour les partisans. Maciocia a le mandat de ramener sur le terrain une équipe aspirante et il peut partir du fait qu’elle aura un appui de taille dans les gradins en 2024.

S’adressant aux journalistes en premier, mercredi, Weightman a parlé d’augmentations considérables de la vente des billets, dont plus de 700 nouveaux abonnements de saison. Il a aussi fait mention d’une augmentation des revenus de 49 % et de l’arrivée de 21 nouveaux partenaires commerciaux.

Après avoir fait part des hausses des cotes d’écoute à la télévision, le président des Alouettes a terminé en déclarant que depuis le match de la Coupe Grey, il y avait eu plus de 2000 commandes de produits dérivés, ce qui représente « à peu près l’équivalent de la dernière année et demie ».

Weightman a été un peu plus timide quant à la rentabilité de l’équipe.

« Je pense que quand je parle d’un plan quinquennal, c’est un peu la vision que nous anticipons parcourir pour nous rendre à la rentabilité. Il y a encore beaucoup de travail à faire à ce niveau-là, mais comme je disais, nous ne sommes qu’à huit mois dans le plan », a-t-il expliqué.

Lorsque les joueurs ont pu profiter des installations du Tim Hortons Field de Hamilton, pendant la semaine menant à la finale de la Coupe Grey, ils ont affirmé qu’il s’agissait d’installations de grande qualité et qu’ils ne bénéficiaient pas des mêmes à Montréal.

La direction des Alouettes a fait savoir qu’il y avait toujours des plans pour permettre aux joueurs de s’entraîner de façon convenable avec des installations à la fine pointe de la technologie, mais qu’il n’y avait encore aucune annonce prévue à ce sujet.

« Ça fait partie des choses que nous voulons aborder comme organisation. Nous voulons établir un plan à moyen terme. De visiter les installations à Hamilton, ça nous a donné toute la motivation pour continuer notre travail là-dessus, a soutenu Weightman. La solution peut venir de plusieurs façons. Il faut comprendre les besoins que nous avons, mais il y a une volonté et nous en avons parlé avec M. Péladeau. Nous voulons avoir une solution et assurer la pérennité de l’organisation. C’est plus une question de temps. »