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MONTRÉAL – Est-ce qu’il est trop tôt pour qualifier les Stampeders de « dangereux »?
Après six semaines d’activités, Calgary se réveille aujourd’hui au premier rang de la division Ouest, avec un dossier de quatre victoires et d’une seule défaite. Mieux encore, ils viennent de battre coup sur coup – et de manière convaincante – les Blue Bombers de Winnipeg et les Roughriders de la Saskatchewan; deux équipes que la plupart des observateurs (dont moi-même!) auraient évaluées comme étant supérieures aux Stampeders il y a 14 jours à peine.
En cette mi-juillet, est-ce que c’est farfelu de parler de la troupe du directeur général et entraîneur-chef Dave Dickenson comme étant la meilleure équipe de l’Ouest?
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En tant qu’équipe visiteuse en fin de semaine en Saskatchewan, les Stampeders ont été plus ébranlés au chapitre de la routine que les Roughriders par le report du match de vendredi soir à samedi après-midi. On n’est pas dans nos choses, on n’avait pas prévu être là un jour de plus… C’est plus contraignant. Est-ce que c’est ce qui a expliqué le début de match bizarre de l’unité offensive?
Sur le premier jeu du match, le quart-arrière des Stampeders Vernon Adams Jr. a vu sa passe être interceptée par le demi défensif des Roughriders A.J. Allen. Sur la séquence suivante, on a été capable d’avancer le ballon de 53 verges avant que le demi offensif Dedrick Mills ne soit victime d’un échappé récupéré par la Saskatchewan. La défense a fermé la porte, limitant les Roughriders à seulement trois points sur les possessions qui ont suivi ces deux erreurs.
Sans que tout soit parfait, la suite du match s’est beaucoup mieux passée pour l’unité offensive des Stampeders. Adams a fait honneur à son surnom de « Big Play VA » en réalisant de gros jeux pour son équipe. Ses 428 verges aériennes et ses trois passes de touché ont enterré ses deux interceptions, dont une à l’intérieur de la ligne de 10 verges dans le territoire adverse. On a toujours connu Adams comme étant capable du meilleur comme du pire dans un même match. Samedi, on a eu plus de meilleur que de pire.
Impossible de passer sous le silence la performance du Montréalais Damien Alford, qui a profité des absences de Clark Barnes et de Reggie Begelton pour prendre un rôle plus important dans l’attaque des Stampeders. Il a connu un match d’éclosion dans la LCF en récoltant 156 verges et deux touchés spectaculaires en six réceptions. Il se déplace très bien pour un gars de six pieds et six pouces, et il peut aller chercher les ballons plus haut que n’importe quel demi défensif. Sur son premier touché, il nous a aussi montré qu’il était capable de protéger le ballon malgré un solide contact avec le demi défensif québécois Kerfalla Exumé, qui est arrivé en retard près des lignes de côté. Les receveurs comme lui valent de l’or. Rapidement, il devra faire partie du plan de match des défenses adverses. Je savais que le film Superman sortait en fin de semaine, mais personne ne m’avait dit que Damien Alford jouait le rôle principal!
Un mot rapide sur la défense des Stampeders, qui a encore fait sentir sa présence dans ce match. Oui, elle a concédé 425 verges par la passe à Trevor Harris, mais elle n’a jamais laissé la Saskatchewan installer son attaque au sol malgré la présence du demi offensif A.J. Ouellette dans le champ arrière. Elle a également provoqué quatre revirements, dont deux sur essais, alors qu’on défendait depuis la zone payante.
DOUCHE FROIDE POUR OTTAWA
Ce n’est un secret pour personne : le ROUGE et NOIR d’Ottawa est une équipe très indisciplinée. C’était souvent le cas l’an dernier, et ça l’est toujours cette année. Samedi soir, Ottawa s’est présenté avec l’intention de faire basculer les choses. Et pour la majorité de la rencontre, ç’a fonctionné. Après trois quarts, Ottawa n’avait concédé aucune verge via les pénalités acceptées et menait par sept points face aux Tiger-Cats de Hamilton.
Malheureusement, trois faux bonds sont venus changer l’issue du match.
En début de quatrième quart, un retour de botté de 105 verges pour le touché du receveur et spécialiste des retours de botté Kalil Pimpleton a été annulé en raison d’un bloc illégal. Sur le jeu suivant, le quart-arrière Dru Brown a été victime d’une interception qui a mené à un placement des Tiger-Cats, ramenant l’écart à quatre points. Sur la séquence suivante, le joueur de ligne offensive Zack Pelehos s’est mérité une pénalité de procédure inadmissible, transformant un deuxième essai et 13 – un jeu déjà difficile à convertir en premier essai – en un deuxième essai et 18. Un jeu plus tard, Ottawa dégageait le ballon.
La dernière pénalité, mais non la moindre, a été imposée à l’intérieur de la pause obligatoire des trois minutes, ce qui constitue en soi un péché capital. Alors que les Tiger-Cats étaient coincés à la ligne de 30 verges d’Ottawa et que le quart-arrière Bo Levi Mitchell venait de lancer une passe incomplète qui mettait Hamilton en situation de troisième essai et 10, le vétéran joueur de ligne défensive Michael Wakefield a rudoyé le passeur, donnant un premier jeu automatique aux Tiger-Cats à la ligne de 15 verges du ROUGE et NOIR. Trois jeux plus tard, le receveur des Tiger-Cats Kenny Lawler inscrivait son deuxième touché du match, donnant les devants aux siens pour de bon.
La discipline ne s’évalue pas seulement à la quantité de pénalités qui sont méritées par une équipe, mais aussi par le « timing » de ces erreurs. Si je refusais de m’inviter dans les discussions de changement d’entraîneur à Ottawa depuis le début de la saison, je n’ai maintenant plus le choix de me demander si le match de dimanche prochain à la Place TD sera le dernier de Bob Dyce à la tête du ROUGE et NOIR.
CHAPEAU AUX TIGER-CATS
À la surprise de tous, Hamilton se réveille ce matin en tête de la section Est. Pour une deuxième semaine de suite, la connexion Bo Levi Mitchell-Kenny Lawler a fait de gros ravages. Ensemble, ils forment le duo de l’heure dans la LCF, et Lawler a peut-être marqué le plus beau touché de la saison sur son premier majeur du match.
Je me souviens d’une époque pas si lointaine lors de laquelle la défense de Hamilton, menée par le secondeur Simoni Lawrence, était presque toujours l’unité la plus robuste sur le terrain. Victoire ou défaite, ça faisait mal de jouer contre les Tiger-Cats. On dirait qu’on a revu ce côté physique dans ce match. Parlez-en au receveur Eugene Lewis, qui a payé le prix de chaque verge qu’il a accumulé.
PITIÉ POUR LES ELKS
On en parle depuis le début de la saison : Edmonton est absolument incapable de jouer du football de rattrapage. La semaine dernière, le quart-arrière Tre Ford a affiché une cote d’efficacité du quart-arrière parfaite contre Ottawa, dans un match que son équipe a mené d’un bout à l’autre et dans lequel le jeu au sol lui donnait un coup de main.
Contre les Lions, la vérité est remontée à la surface : lorsqu’il est forcé de passer le ballon à tous les jeux, compléter une simple passe relève presque de l’exploit pour Ford. Il n’a pas terminé le match, alors qu’il a été remplacé par Cody Fajardo.
Je pense qu’il est temps de procéder à un changement. Si j’étais entraîneur de cette équipe, c’est Fajardo qui obtiendrait le prochain départ. Et je suis persuadé que ce serait une décision populaire dans le vestiaire.
Ce n’est pas tout. Edmonton concède au moins 31 points lors de chaque match depuis le début de la saison. Dimanche, l’unité défensive m’a donné des maux de tête. Combien de plaqués ont été ratés, permettant aux Lions d’aller chercher des verges supplémentaires? Comble de malheur, le vétéran joueur de ligne défensive Jake Ceresna a quitté en voiturette, présage qu’on pourrait ne pas le voir pendant un bon bout de temps.
Quand l’attaque et la défense ne fonctionnent pas, il n’y a rien à faire. Après six semaines, je suis déjà convaincu d’avancer que l’équipe ratera les éliminatoires. Chose que je ne suis pas prêt à dire d’aucune autre équipe de la Ligue.
