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Les Alouettes viennent de l’arrière pour vaincre les Argonauts 26-25

MONTRÉAL – Davis Alexander a inscrit son nom dans le livre des records de la Ligue canadienne de football aux côtés de celui de Danny McManus avec une huitième victoire consécutive par un quart-arrière en début de carrière, le tout dans des circonstances dramatiques et spectaculaires, jeudi soir. S’il veut le battre, peut-être devra-t-il se montrer patient.

Alexander a marqué le touché décisif avec moins de deux minutes à jouer au quatrième quart, et les Alouettes de Montréal ont arraché un gain de 26-25 contre les Argonauts de Toronto devant 19 354 spectateurs au stade Percival-Molson.

Le touché d’Alexander, sur une course de 10 verges, est venu couronner une poussée de 12 points sans riposte des Alouettes au quatrième quart. Il a cependant été accompagné d’un geste inquiétant pour lui, ses coéquipiers, le personnel d’entraîneurs et les partisans.

«Oui, je me la suis agrippée», a-t-il confirmé en parlant de l’arrière de sa cuisse gauche, la même qui l’avait forcé à quitter la rencontre du 19 juin à Edmonton pendant le troisième quart et qui lui a ensuite fait rater deux matchs.

Les Alouettes joueront leur prochaine rencontre jeudi prochain à Calgary, et il reste à savoir si Alexander sera en mesure d’y participer. La première réaction d’Alexander a été de dire qu’il pourrait devoir s’absenter.

«Je suppose que je ne jouerai pas, mais nous allons certainement passer un examen d’imagerie demain (vendredi). Je ne ressens rien de pire, et ce n’est pas comme si je m’étais déboité quelque chose», a fait savoir Alexander, qui a conclu sa soirée avec 26 passes complétées en 39 tentatives pour des gains de 303 verges, un touché et une interception.

De son côté, l’entraîneur-chef Jason Maas souhaitait évidemment que Alexander n’avait rien subi de trop grave.

«Personne ne veut perdre son quart-arrière partant. Davis nous donne tout. Il nous a clairement tout donné jusqu’à la fin ce soir. Nous allons donc devoir l’évaluer et le remettre sur pied. Parce que je ne veux vraiment pas qu’il rejoue avant qu’il soit complètement rétabli.»

Malgré cette inquiétude, Alexander affichait un grand sourire devant les journalistes, car il était pleinement conscient de l’ampleur de l’exploit que lui et ses coéquipiers venaient de réaliser.

«C’est juste une bande de battants, une bande de gagnants», a répondu Alexander lorsqu’il a été invité à expliquer ce qui venait de se passer.

Les Alouettes (4-2) tiraient de l’arrière 25-7 vers la fin du troisième quart, après deux placements de Jose Maltos et un simple de Joseph Zema, lorsqu’ils ont finalement soulevé leurs partisans.

Lors d’un troisième essai et quatre verges de la ligne de 10 verges des Argonauts, Alexander a repéré Cole Spieker dans la zone des buts pour ramener la formation montréalaise dans le match.

Alexander était d’avis que cette séquence avait fait tourner le vent. Surtout, elle a permis à Alexander d’étaler toute sa confiance en ses propres moyens.

«Je n’ai même pas voulu donner à l’entraîneur (Jason) Maas la possibilité de tenter un placement. J’ai dit à nos gars de rester dans le caucus. Je suis sûr qu’il a vu ça, et je suis sûr qu’il aurait pris la même décision. C’est un jeu énorme. Nous tirions donc de l’arrière par 11 points, nous avons fait confiance à notre défensive et elle n’a donné aucun point le reste du match.»

Maas n’était pas trop certain que ce jeu avait représenté le point tournant du match. Il était plutôt de l’avis que la ténacité de ses joueurs avait mené à cette victoire.

«Il y a tellement de choses qui me passent par la tête, tellement de jeux auxquels je pense», a noté Maas.

«Je suis sûr que demain, quand je reverrai le film, je dirai que ça a peut-être été un tournant, mais il faut juste continuer à jouer. Le point tournant, c’est juste qu’il faut continuer à se battre et à y croire. Et si vous croyez que vous allez gagner à la fin, vous ferez un jeu ici ou là pendant le match. Et je pense que c’est exactement ce que nos gars ont fait.»

Sean Thomas Erlington, sur une course de trois verges, a marqué l’autre touché des Alouettes.

Dans la défaite des Argonauts (1-5), Damonte Coxie, Deonta McMahon et Dave Ungerer ont réussi les touchés.

Arbuckle supplante Alexander

Les partisans des Alouettes qui attendaient le retour au jeu d’Alexander ont dû se contenter d’une performance en demi-teinte du meneur de jeu de la formation montréalaise en première demie, au point d’être surpassé par Arbuckle.

«Oui, nous avons eu un peu de difficultés, mais nous avons quand même réussi à faire avancer le ballon, a affirmé Alexander.

«Nous savons ce dont nous disposons dans ce vestiaire. Nous savons à quel point notre défense est bonne, nous savons à quel point notre attaque peut être explosive, et nos unités spéciales ont réalisé d’énormes retours, et nous savons ce que nous pouvons attendre d’elles.»

Les visiteurs ont été particulièrement efficaces au deuxième quart, inscrivant 15 points grâce à un simple sur un botté de dégagement de 68 verges de John Haggerty et deux touchés consécutifs inscrits en moins de trois minutes vers la fin de la demie, ceux de Coxie et de McMahon.

Ce deuxième touché a eu pour origine une interception de Tarvarus McFadden sur une passe risquée d’Alexander, que le demi défensif des Argonauts a retournée jusqu’à la ligne de 15 des Alouettes.

Trois jeux plus tard, McMahon portait le score 18-4 à la suite d’une course de deux verges.

Les Argonauts ont largement dominé la première demie avec des gains de 221 verges et 17 premiers essais, comparativement à 142 verges et huit premiers essais.