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28 juillet 2025

Bourbonnais : Bethel-Thompson et les Als peuvent respirer un peu mieux

Leah Hennel/LCF.ca

MONTRÉAL – Les occasions sont peu nombreuses de nommer un botteur « joueur du match ». Ces êtres uniques sont toujours condamnés à performer. Lorsqu’ils réussissent, c’est normal, c’est leur métier. Lorsqu’ils ratent, on parle déjà de les remplacer. Pour sa performance, jeudi soir, Jose Maltos Diaz reçoit mon ballon (imaginaire) de la partie.

Non seulement le botteur mexicain des Alouettes a-t-il été parfait sur ses cinq tentatives de placement, mais il a établi une nouvelle marque d’équipe avec une frappe de 58 verges pour redonner les devants à son équipe avec une minute et des poussières à faire à la rencontre. Et pour un botteur qui n’était (jadis) pas réputé pour la puissance de sa jambe, il avait une bonne marge de manœuvre. Le ballon a facilement traversé les poteaux. Vous me direz que l’air des montagnes de Calgary lui a donné un coup de main, et vous avez sans doute raison. Mais quand même.

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Maltos Diaz n’a toutefois pas été le seul joueur à se démarquer. En fait, dans un match qui a été loin d’être parfait, il y a quelques noms qui ont retenu mon attention. À commencer par celui qui était aux commandes de l’attaque.

McLeod Bethel-Thompson a bien mal commencé son match. Sur la deuxième séquence des Alouettes à l’attaque, il a lancé une interception qui fait grincer des dents. Mon collègue Pierre Vercheval a utilisé le terme « erreur de recrue », et je le rejoins là-dessus. C’était de mauvais augure pour la suite du match.

Pourtant, malgré le fait que les Stampeders aient marqué des touchés lors de la séquence provoquée par l’interception et lors la suivante, MBT a gardé son sang-froid et a permis à son attaque d’être somme toute productive. On lui a souvent demandé d’exécuter des jeux lors desquels le ballon devait quitter ses mains rapidement afin de compléter de courtes passes et, surtout, d’éviter la pression exercée par le front défensif de Calgary.

On peut dire mission accomplie dans cette dernière facette, puisque les Stamps n’ont collecté qu’un seul sac dans le match. Les passes « difficiles » n’ont pas été nombreuses pour le vétéran quart-arrière, mais il a donné la chance à son équipe d’être dans le match. Comme après son match contre les Lions il y a quelques semaines, je qualifie sa performance de « bon match de réserviste ».

PROVOQUER DES JEUX 

La défense des Alouettes avait des choses à prouver dans ce match, après avoir essuyé quelques critiques lors des dernières semaines.

En début de rencontre, j’ai eu mes doutes. J’ai trouvé que cette défense se faisait brasser sur plusieurs séquences. Le demi offensif Dedrick Mills terminait ses courses la plupart du temps en tombant par en avant et, règle générale, la ligne offensive de Calgary semblait avoir le dessus sur le front défensif des Oiseaux.

Lorsqu’une défense a de la difficulté à arrêter l’attaque adverse, elle doit provoquer des jeux. À quelques reprises, elle l’a fait. Pas moins de trois ballons ont été rabattus par des joueurs de ligne défensive des Alouettes. Au troisième quart, alors que les Stamps étaient au cœur d’une séquence de huit jeux dans le territoire montréalais, Lwal Uguak a provoqué un échappé pour éteindre la menace. Non, l’attaque des Alouettes n’a pas marqué sur la séquence suivante, mais elle a empêché ses adversaires de récolter des points importants alors qu’ils étaient en position de le faire.

Leah Hennel/LCF.ca

D’ailleurs, c’était la dernière menace des Stamps.

Dans les minutes qui ont suivi, Calgary a perdu les services de son quart-arrière étoile quand Vernon Adams Jr. est resté étendu au sol après un contact. Ça m’a donné mal au cœur de le voir tomber ainsi, et j’espère qu’il ne ratera pas trop d’action au cours des prochaines semaines, parce que l’attaque des Stamps n’est plus la même lorsqu’il n’est pas là.

Le quart-arrière réserviste PJ Walker a beau avoir de l’expérience comme partant dans la XFL et de la NFL, jamais il n’avait obtenu de temps de jeu de qualité dans la LCF. Ç’a paru. Il n’a pas été capable de compléter 50 % de ses passes, et tout semblait aller vite pour lui. Les conditions n’étaient évidemment pas idéales, alors qu’il a été forcé d’entrer à froid dans le match et en jouant avec un groupe de receveurs hypothéqué par les blessures. Il n’a pas été en mesure d’inscrire le moindre point pour son équipe, qui a échappé son avance en fin de match.
Je me dois de contester le choix de jeux de l’entraîneur-chef des Stampeders, Dave Dickenson, en fin de match. Sur la dernière séquence à l’attaque des siens, alors qu’on tirait de l’arrière et qu’on faisait face à un deuxième essai et deux verges, on a demandé à Walker de compléter une passe. Walker n’avait rien démontré de bon depuis son entrée sur le terrain, et Calgary comptait (et compte toujours) sur un Dedrick Mills très efficace. Considérant qu’il restait bien du temps au cadran et qu’on était en mode « trois essais », je m’explique bien mal cette décision.

UN POIDS DE MOINS SUR LES ÉPAULES

En gagnant le premier match depuis que Davis Alexander est tombé au combat, Montréal s’est offert un coussin d’air supplémentaire au classement.

Avec une défaite, le match de cette semaine contre les Roughriders de la Saskatchewan serait devenu un « must win », surtout considérant que Toronto a gagné contre Winnipeg au cours de la semaine 8. Sans dire que Montréal pourra se la couler douce (loin de là) au cours des prochaines semaines, on évite une certaine pression qui aurait pu se faire sentir.

EN RAFALE… 

Kevin Sousa/LCF.ca

Je viens d’en parler : les Argonauts ont (enfin) récolté une deuxième victoire cette saison en venant assez facilement à bout des Blue Bombers au BMO Field.

Si ce résultat est un baume de soulagement pour Toronto, il est très inquiétant pour Winnipeg. Le quart-arrière Zach Collaros a été victime de deux interceptions dans un troisième match de suite et il n’a pas terminé la rencontre.

Les Bombers ont complètement perdu leur élan du début de saison. Je ne les prendrai jamais pour battu après le revirement de situation qu’ils ont provoqué l’an dernier, mais force est d’admettre qu’ils se cherchent présentement.

En Saskatchewan, pour une deuxième semaine de suite, les Roughriders ont laissé leurs adversaires revenir dans le match au quatrième quart. Ils se sont tout de même sauvés avec la victoire, reprenant les commandes de la division Ouest aux mains des Stampeders.

Les Elks amorçaient un premier match avec Cody Fajardo au poste de quart-arrière partant. Il a été victime de rien de moins que huit sacs du quart (!). Sa ligne à l’attaque a été désastreuse en étant incapable de le protéger, mais aussi en n’ouvrant aucune brèche pour le jeu au sol. Pour une fois qu’Edmonton ne tirait pas de l’arrière rapidement dans le match, on a été incapable de donner l’occasion à nos porteurs de ballon (cinq verges au sol par les porteurs dans le match) de jouer un rôle important.

Comme j’ai été sévère avec Tre Ford, je ne jouerai pas à l’hypocrite en sortant les statistiques de Fajardo et en donnant l’illusion d’un grand match de sa part. Je crois toujours qu’il est une meilleure option que Ford, mais considérant le mur faible qu’il a devant lui, il devra prendre des décisions plus rapides et faire sortir le ballon de sa main plus rapidement – un reproche qui lui a souvent été attribué à Montréal. Sans doute pas le retour que Fajardo aurait aimé connaître en Saskatchewan…