Les Alouettes accèdent à la Coupe Grey grâce à un placement in extremis
HAMILTON — Les Alouettes de Montréal ont eu chaud, mais ils ont obtenu leur qualification pour la 112e Coupe Grey sur le tout dernier jeu du match, quand Jose Maltos-Diaz a réussi son quatrième placement de la soirée, sur 45 verges, pour procurer aux siens une victoire de 19-16 aux dépens des Tiger-Cats d’Hamilton en finale de l’Est.
«Je rêvais d’obtenir une opportunité comme celle-là», a déclaré le botteur mexicain après la rencontre, assurant ne pas avoir ressenti de nervosité,
«Je travaille pour ça. Je m’assure de rester fort mentalement, car je dois donner le meilleur de moi-même pour mes coéquipiers.»
Ses coéquipiers se sont empressés d’aller le retrouver pour célébrer avec lui.
«Je ne sais pas s’il y a une meilleure façon de gagner un match que celle-là, a affirmé l’entraîneur-chef Jason Maas. Toute l’équipe est assise le long de la ligne de côté et regarde un botteur qui a été si bon pour nous cette saison s’exécuter. Je peux vous affirmer qu’il n’y a pas un joueur le long de cette ligne qui ne croyait pas qu’il allait réussir ce botté.
«Quand le ballon est passé entre les poteaux, je me suis dit: ‘Mission accomplie pour cette semaine’. (…) Nous sommes en mission pour une neuvième coupe Grey. Nous en avons parlé toute la saison et travaillé pour cela toute la saison. Ce travail a payé (samedi).»
Les Alouettes se mesureront maintenant aux Roughriders de la Saskatchewan, qui ont battu les Lions de la Colombie-Britannique lors de la finale de l’Ouest. La coupe Grey sera soulevée dimanche soir prochain, à Winnipeg.
Gros travail de la défense
La défense des Alouettes, comme ç’a souvent été le cas cette saison, s’est de nouveau signalé dans cette rencontre, mais jamais autant que sur la dernière possession des Tiger-Cats. Bo Levi Mitchell (29 en 36, 269 verges, un touché une interception) venait de faire franchir 56 verges aux locaux, mais la défense les a stoppés à la ligne de 15, avec encore trois verges à franchir sur un troisième essai. Scott Milanovich a décidé d’y aller avec le jeu sûr et Marc Legghio a fait 16 partout avec un placement de 23 verges.
«Scott est très agressif et je n’aurais pas été surpris qu’il décide d’y aller sur ce jeu, a indiqué Maas. Mais une fois que nous avons repris le ballon, il n’y avait aucune chance qu’on le redonne à Bo.»
«C’est la beauté du football, c’était entre nos mains, a dit le maraudeur Marc-Antoine Dequoy au sujet des sentiments qui habitaient la défense à ce moment. On était sur le terrain et on avait notre mot à dire.»
James Letcher fils a ramené le botté d’envoi qui a suivi à la ligne de 37 des Alouettes. Avec 1:41 à écouler. Davis Alexander et l’attaque montréalaise n’allaient pas rater pareille occasion.
Charleston Rambo a notamment réussi un superbe jeu sur un deuxième et 10, captant une passe d’Alexander avant de déjouer Devin Veresuk, qui reverra ce plaqué raté tout l’hiver dans ses cauchemars. Après ce jeu de 19 verges, ce n’était qu’une formalité.
«Il n’était même pas ma première cible sur jeu», a révélé Alexander, qui a complété 19 de ses 26 passes pour 210 verges et un touché, contre une interception.
Les Alouettes ont placé le ballon à la ligne de 37 des Ti-Cats et ont attendu jusqu’à ce qu’il reste deux secondes au cadran avant de prendre leur temps d’arrêt. Maltos-Diaz a fait opérer sa magie.
Tyler Snead a marqué l’unique touché des Alouettes. Maltos-Diaz a ajouté des placements de 29, 36 et 17 verges.
Shemar Bridges a inscrit le touché des Tiger-Cats. Legghio a complété la marque avec des placements de 29 et 49 verges.
Bémol
Seul bémol dans cette victoire: Alexander a semblé se blesser de nouveau à l’ischio-jambier gauche. En deuxième demie, il a visité l’équipe médicale des Alouettes sous la tente de fortune en bordure de terrain.
«J’ai dit à McLeod (Bethel-Thompson) d’être prêt, mais Davis m’a dit qu’il n’y avait aucune chance qu’il ne termine pas cette rencontre», a raconté Maas, qui a tout de même modifié son approche par la suite.
«J’ai dit à ‘AC’ (Anthony Calvillo, le coordonnateur à l’attaque) que si Davis demeurait dans le match, nous allions utiliser des jeux où il bouge moins. Puis, j’ai dit à Davis qu’il devait maintenant faire confiance à ses coéquipiers, de laisser les jeux se développer devant lui et de ne pas tenter d’en faire trop.»
Départ surprise
On attendait un match explosif en attaque, mais c’est plutôt la défense des clubs qui s’est mise en évidence, surtout en début de rencontre, alors qu’elles n’ont rien donné à l’adversaire. À un point tel que les attaques adverses ne se sont pas trouvées à distance de frappe avant le deuxième quart.
Ce sont les Alouettes qui ont été la première équipe à se retrouver à l’intérieur de la ligne de 20 de l’adversaire, avec une peu plus de neuf minutes à faire à la demie. Ils ont atteint la ligne de 19, avant que Maltos-Diaz n’ouvre la marque avec un placement de 29 verges.
Comme personne ne l’avait prévu, la marque était de 6-3 à la mi-temps.
«On savait que ça allait être un match qui allait se jouer sur les détails, a résumé le secondeur Geoffrey Cantin-Arku. On savait que l’équipe qui allait commettre le moins d’erreurs allait l’emporter. On n’a pas été parfait, mais on a joué un gros match. (…) La défense gagne des gros matchs comme ça.»
«J’étais un peu surpris (du faible pointage), mais en même temps, les défenses des deux équipes cherchaient à limiter les jeux explosifs, a expliqué Dequoy. Limiter une offense comme la leur à un touché, ça nous rend fiers.»
Au retour de la pause, Alexander et l’attaque des Alouettes ont connu leur meilleure séquence de la rencontre jusque-là. Après avoir repris le ballon à sa ligne de 47, la brigade a franchi 62 verges en huit jeux, une séquence couronnée par l’habile passe d’Alexander à Snead dans la zone des buts.
Mais les locaux n’avaient pas dit leur dernier mot. Ils ont franchi 72 verges dès la séquence suivante, une éreintante séquence de 6:10 conclue quand Mitchell a rejoint Bridges sur trois verges.
Après que Maltos-Diaz et Legghio s’eurent échangé des placements, la défense des deux équipes s’est remise en évidence. Mais l’attaque des Alouettes en a fait tout juste suffisamment assez pour leur permettre d’obtenir leur laissez-passer pour Winnipeg.