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MONTRÉAL – J’ai maintenu toute la saison dans cette chronique que les Alouettes étaient la meilleure équipe de l’Est et qu’ils participeraient à la Coupe Grey. C’est fait! Pour une première fois depuis 1970, les Oiseaux sont sortis de Hamilton avec un billet pour le match de championnat de la Ligue canadienne de football (LCF).
Mais ça n’a pas été de tout repos!
Montréal a dû composer avec l’absence de joueurs clés, notamment celles du joueur de ligne défensive Mustafa Johnson (qui était aussi absent la semaine dernière) et du joueur de ligne offensive Pier-Olivier Lestage.
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La dernière fois que les deux équipes s’étaient croisées en saison régulière, le demi offensif Greg Bell et l’attaque au sol des Tiger-Cats avaient complètement traversé la défense des Alouettes, accumulant pas moins de 234 verges au sol. Samedi, malgré un match serré jusqu’à la toute fin (donc aucune obligation de délaisser le jeu au sol pour les deux équipes), Hamilton a été limité à 75 verges au sol. Le quart-arrière des Montréalais, Davis Alexander, a lui-même pris ses jambes à son coup plus souvent qu’à son tour. Il m’a drôlement rappelé le Cody Fajardo de 2023, qui lui aussi avait fait plusieurs jeux avec ses jambes lors des éliminatoires. Inutile de vous rappeler comment la saison s’est terminée cette année-là!
D’ailleurs, Alexander a fait preuve de beaucoup de courage lors de la rencontre. On savait tous qu’il n’était pas à 100 % depuis son retour au jeu, mais il n’a jamais hésité lorsque l’occasion de faire un jeu avec ses jambes se présentait.
Toujours invaincu comme partant dans la Ligue canadienne de football (LCF), Alexander n’a jamais semblé intimidé par les intempéries, que ce soit le bruit de la foule à Hamilton, le froid de novembre ou l’importance du moment.

Nick Iwanyshyn/LCF.ca
Au contraire, à de nombreuses reprises, on l’a vu jeter des regards et gesticuler de manière provocante en direction de la foule et du banc des Tiger-Cats après de gros jeux. Il est directement à cheval sur la ligne entre la confiance et l’arrogance. Personnellement, j’adore ça. Je trouve qu’il a une personnalité unique au poste de quart-arrière dans la LCF. La fiche immaculée ne restera pas pour toujours, mais il surfe présentement la vague de sa vie et il en profite.
Je vais également profiter l’occasion pour lever mon chapeau au receveur Charleston Rambo, qui n’a pas connu une grande saison, mais qui a levé son niveau de jeu d’un cran depuis le début des éliminatoires.
Samedi, ce n’est pas la quantité, mais bien la qualité de ses réceptions qui ont fait la différence. Sur la séquence victorieuse, dans les 80 dernières secondes du match, il a converti deux deuxièmes essais (2e et 6 et 2e et 10) en premiers essais, notamment grâce à son agilité et sa vision une fois le ballon attrapé. Depuis qu’il s’est amené à Montréal en 2024, Rambo a toujours été au sommet de sa forme lorsque Davis Alexander est sur le terrain. Je m’attends à ce qu’il continue de progresser la saison prochaine et qu’il ait un rôle à jouer dans le match de la 112e coupe Grey dimanche prochain.
Félicitations au directeur général Danny Maciocia, à l’entraîneur-chef Jason Maas, et à toute l’équipe! Que c’est bon de voir une équipe qui a les moyens de ses ambitions. Après les bas-fonds des années 2010, j’ai l’impression que les Alouettes sont redevenus « cool » aux yeux du public.
MIRACLE DANS LES PRAIRIES

Matt Smith/LCF.ca
J’avais personnellement choisi les Roughriders pour remporter la finale de l’Ouest, samedi passé, mais je ne m’attendais pas à ce que ça se fasse de cette façon!
Quel match on nous a donné, et ce, malgré le fait que la marque n’était que de 1-0 jusqu’à tard au deuxième quart.
L’entraîneur-chef des Roughriders, Corey Mace, a pris une décision extrêmement audacieuse avec 2 m 44 s a joué à la partie. Alors que son équipe tirait de l’arrière par sept points et qu’elle était en possession du ballon à la ligne de cinq dans le territoire des Lions, il a envoyé son unité de placement et s’est contenté de trois points plutôt que de s’essayer en troisième essai et les buts. Autrement dit : il a volontairement redonné le ballon aux Lions, l’attaque la plus dominante de la Ligue, en ne sachant pas si son équipe allait avoir l’occasion d’y retouché. Il a gagné son pari. Son unité défensive a chassé le quart-arrière Nathan Rourke du terrain en deux jeux.
Mace a été forcé de parier encore quelques instants plus tard, alors que son attaque a elle aussi été chassée du terrain après deux jeux. Avec 1 m 48 s, faisant face à un troisième essai et 10, il a encore fait un vœu de confiance à son unité défensive. Et, encore une fois, elle lui a donné raison.
Deux jeux plus tard, le quart-arrière Trevor Harris et l’attaque des Roughriders amorçaient une séquence de sept jeux et de 76 verges, qui s’est terminée avec le touché du receveur canadien Tommy Nield. Il ne restait que 11 secondes à jouer!
J’offre également une tape dans le dos à Trevor Harris, qui a amorcé ce match avec une fiche de 1-3 en carrière lors d’une finale de division et qui trainait une réputation de ne pas se présenter lors des matchs importants. J’ai côtoyé Trevor comme journaliste à Ottawa comme à Montréal, et même si j’étais d’accord avec certaines des critiques à son endroit (je ne l’ai moi-même jamais épargné), je crois qu’il était exagéré de faire reposer le poids de toutes ces défaites sur ses épaules.
Je termine avec un mot sur Nathan Rourke, qui a connu une saison fantastique avec les Lions et qui, selon moi, devrait remporter le titre de joueur par excellence de la saison 2025.
Six minutes, c’est long dans la LCF. Quand tu prends les devants dans un match éliminatoire, sur la route, et que tu fais des commentaires arrogants à la foule et des partisans complètement crinqués, assure-toi d’aller chercher la victoire comme Davis Alexander l’a fait. Le fameux ‘’It’s our time!’’ de Rourke passe à l’histoire pour les mauvaises raisons, et il va se le faire rappeler longtemps.
