Kevin Sousa/LCF.ca
TORONTO – Alors que décembre approche à grands pas, la tentation est grande de se tourner vers l’avenir et vers ses perspectives pour 2026, tant sur le terrain que dans la vie.
Mais avant de nous perdre dans les spéculations autour de la prochaine saison, permettez-nous de revenir sur les enseignements de la saison 2025, riche en action et en rebondissements et couronnée par la victoire des Roughriders de la Saskatchewan à la Coupe Grey, une première en 12 ans.
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Ainsi, voici 10 leçons à retenir :
DOUTEZ DE NATHAN ROURKE À VOS PROPRES PÉRILS
Pour tous ceux qui avaient des doutes l’an dernier après son retour de la NFL, Nathan Rourke a apporté une réponse sans équivoque en 2025 avec les Lions de la Colombie-Britannique : il est un joueur exceptionnel. Guidé par l’entraîneur-chef Buck Pierce, Rourke est devenu le cinquième joueur seulement à remporter les titres de joueur par excellence et de joueur canadien par excellence de la LCF la même année, rejoignant ainsi des noms comme Russ Jackson, Tony Gabriel, Jon Cornish et Brady Oliveira. Rourke a établi des records personnels en termes de verges par la passe (5290), de verges au sol (564), de passes de touché (31) et de touchés au sol (10).
Les quarts-arrière canadiens ne sont plus une nouveauté. Ils sont pertinents, plus que jamais : il n’y a pas si longtemps, l’idée qu’un Canadien puisse être partant comme quart-arrière paraissait absurde. Les meilleurs quarts-arrière de U SPORTS – alors connue sous le nom de CIS – jouaient comme demis défensifs, receveurs, voire centres-arrière, juste pour avoir une chance de jouer comme partant dans la LCF. Grâce à Rourke – et à Tre Ford à Edmonton – cette époque est révolue. (Pour preuve, il suffit de se rappeler que Rourke et Ford se sont affrontés comme partants dès le début de la saison, le 6 juin dernier).
Winnipeg compte désormais sur Taylor Elgersma, 18e choix au total du repêchage 2025 de la LCF, comme successeur potentiel à Zach Collaros, 37 ans, au poste de quart-arrière partant.
CE SPORT CANADIEN N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI CANADIEN
Jetez un œil aux statistiques : le Montréalais Mathieu Betts, ailier défensif des Lions de la Colombie-Britannique, a remporté la très disputée course aux sacs, avec 15. Cinq demis défensifs se partagent la tête du classement des interceptions avec six, et trois d’entre eux sont Canadiens : Adrian Greene de Calgary, Tevaughn Campbell de la Saskatchewan et Stavros Katsantonis de Hamilton.
Le constat est le même en attaque. Rourke a affiché la meilleure cote d’efficacité du quart-arrière au pays, soit 112,2 (parmi les joueurs ayant effectué au moins 100 passes). Le demi offensif Brady Oliveira, de Winnipeg, a dominé la Ligue avec une moyenne de 5,8 verges par course parmi les porteurs de ballon ayant effectué au moins 50 courses. Justin McInnis, de Pierrefonds, s’est classé troisième chez les receveurs de la LCF avec 1256 verges sur des réceptions pour les Lions de la Colombie-Britannique.
LA DÉFENSE REMPORTE LES CHAMPIONNATS (CLICHÉ, MAIS VRAI)
En finale de l’Ouest, alors que son équipe était menée par sept points et qu’il restait moins de trois minutes à jouer, l’entraîneur-chef de la Saskatchewan, Corey Mace, a envoyé le botteur Brett Lauther tenter un placement.
Cette décision a surpris de nombreux partisans des Roughriders, qui en avaient vu de toutes les couleurs en pareilles circonstances cette saison. Mais Mace avait confiance en sa défense, et celle-ci a répondu présente en forçant Rourke à quitter le terrain à deux reprises, avec des dégagements consécutifs.
Ces succès défensifs ont permis au receveur Tommy Nield d’inscrire le touché gagnant avec 12 secondes à faire au cadran, envoyant ainsi la Saskatchewan au match de la 112e Coupe Grey. Lors de cette partie décisive, la défense des Riders a provoqué quatre revirements, permettant à la Saskatchewan de remporter le titre pour la première fois depuis 2013.
LES COUPES GREY SE JOUENT DANS LES TRANCHÉES
On les voit rarement à la une des journaux. Le lendemain de la plupart des matchs, ils boitent, couverts de sacs de glace. Et ils travaillent généralement dans l’ombre, comparés à leurs coéquipiers occupant les postes dits « clés ».
Mais la victoire de la Saskatchewan lors de la Coupe Grey nous a démontré une fois de plus que le succès de l’attaque repose en grande partie sur les piliers de la ligne offensive. « Je crois que je n’ai pas reçu un seul coup », a déclaré le quart-arrière Trevor Harris après la victoire des Riders contre Montréal (25-17) lors de la 112e Coupe Grey. « J’aurais pu me passer de mes épaulières. »
Les Riders n’ont concédé aucun sac lors du match ultime, offrant ainsi à Harris le temps nécessaire pour établir un record de la Coupe Grey en complétant 85,2 % de ses passes (23 en 27 pour 302 verges).
Ce n’est pas un hasard si les joueurs de ligne offensive sont si bien payés et attirent les convoitises dès qu’ils deviennent joueurs autonomes.
LE MALHEUR DES UNS FAIT LE BONHEUR DES AUTRES
Les Blue Bombers ont lancé leur camp d’entraînement en mai dernier avec Peyton Logan pressenti comme spécialiste des retours de botté. Mais il s’est blessé. C’est alors que Trey Vaval a pris la relève. Le joueur issu de l’Université Minnesota State a dominé la LCF cette saison avec quatre touchés sur des retours de botté : deux sur des retours de botté d’envoi, un sur un retour de dégagement et un quatrième après un placement raté.
Vaval a ajouté 21 plaqués défensifs, quatre plaqués sur les unités spéciales et une interception à sa fiche, ce qui lui a valu d’être nommé joueur par excellence sur les unités spéciales et recrue par excellence de la LCF en 2025.
LES ALOUETTES ONT TROUVÉ LEUR QUART-ARRIÈRE
Certes, Davis Alexander a finalement perdu son premier match en tant que partant lors de la 112e Coupe Grey. Et certes, il a été victime de trois interceptions lors de cette rencontre importante. Mais Alexander a remporté ses 13 premiers matchs comme partant dans la LCF, et il a disputé la finale avec une blessure aux ischiojambiers qui en aurait cloué beaucoup d’autres au banc.
Ce quart-arrière de 27 ans, produit de l’Université Portland State et doté d’une mobilité exceptionnelle et d’un bras puissant, donne aux partisans de football à Montréal toutes les raisons d’être optimistes en vue de la saison 2026.
KEON HATCHER SR. A ENCORE DE L’ESSENCE DANS LE RÉSERVOIR
On aurait pu croire que le receveur des Lions était sur le déclin en 2024, avec des statistiques modestes (33 réceptions pour 608 verges en 11 matchs), alors qu’il se remettait d’une rupture du tendon d’Achille. Cette saison a été une tout autre histoire pour le receveur de 31 ans.
Avec l’aide de Rourke, Hatcher a dominé la LCF cette année avec 1688 verges sur des réceptions, le meilleur total pour un receveur depuis 2016.
UNE MAUVAISE ANNÉE NE DOIT PAS DEVENIR UNE MAUVAISE ÈRE
Dave Dickenson et les Stampeders de Calgary nous ont rappelé cette année que les redressements sont possibles rapidement, même lorsque les critiques vous ont déjà enterrés. Après une saison où ils ont raté les éliminatoires pour la première fois en 20 ans, les Stampeders ont entamé la campagne 2025 avec 12 nouveaux partants en défense.
Ils ont fait appel au vétéran Vernon Adams Jr. au poste de quart-arrière et ont tout de même réussi à aligner une attaque explosive malgré la perte du receveur étoile Reggie Begelton, blessé au genou dès la semaine 2. Finalement, Calgary a terminé la saison avec un bilan impressionnant de 11-7, se reprenant avec brio après une piètre fiche de 5-12-1 en 2024.
NE JAMAIS SOUS-ESTIMER LE BOTTEUR
Si la saison 2025 nous a appris quelque chose, c’est que le destin d’une équipe peut dépendre, et dépend souvent, du sang-froid d’un botteur. Il suffit de demander aux Lions de la Colombie-Britannique, qui ont remporté la demi-finale de l’Ouest grâce à un placement de 43 verges de Sean Whyte à la dernière seconde.
Ou encore, prenons l’exemple des Alouettes de Montréal, qui se sont qualifiés pour la Coupe Grey grâce à un placement de 45 verges de José Maltos Díaz, qui a procuré une victoire de 19-16 aux Montréalais contre les Tiger-Cats de Hamilton en finale de l’Est. Les botteurs sont peut-être atypiques, mais ils sont un ingrédient essentiel à une équipe gagnante.
