Minas Panagiotakis/LCF.ca
TORONTO – La division Est de la Ligue canadienne de football (LCF) demeure un mystère.
Entre Hamilton, Toronto, Ottawa et Montréal, on a souvent l’impression que chaque équipe doit se frayer un chemin à travers la neige pour remporter une victoire lors des affrontements intradivision. Avec le calendrier actuel de la LCF, les rencontres de ce type sont si fréquentes que les entraîneurs sont obligés de faire preuve d’ingéniosité pour surprendre un adversaire familier.
Certes, il arrive qu’une performance exceptionnelle de Kenny Lawler fasse basculer un match, comme lors de la victoire de Hamilton à Toronto cette année.
Ce qui frappe chaque saison, c’est l’incroyable investissement en temps et en efforts pour décrocher l’avantage du terrain en finale de l’Est et le précieux laissez-passer qui vient avec, dans l’espoir d’accélérer les célébrations de la Coupe Grey. Demandez donc à Hamilton à quelle vitesse ces efforts, et la récompense qui les accompagne, peuvent s’évaporer.
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ROUGE ET NOIR D’OTTAWA | 4-14 | QUATRIÈME PLACE
Ne passons pas par quatre chemins, Ottawa n’est pas et ne sera jamais à son meilleur niveau si Dru Brown n’est pas sur le terrain. Le problème en 2025 était que, même avec Brown dans l’alignement, les changements constants entre Brown, Dustin Crum, Matthew Shiltz et Tyrie Adams ont créé une attaque aux forces et faiblesses diverses, qui n’a jamais réussi à former un ensemble cohérent.
Les adversaires d’Ottawa ont bénéficié d’une position de départ moyenne sur leur propre ligne des 39,5 verges, la plus favorable concédée par une équipe en 2025. Avec seulement 27 jeux explosifs créés au total (passes, courses et unités spéciales), Ottawa a terminé dernier de la ligue, à six de moins que Montréal (33), huitième, et moins de la moitié des 63 jeux explosifs des Lions de la Colombie-Britannique.
Ryan Dinwiddie fait son entrée ; son style de jeu agressif en zones profondes devrait bien s’intégrer à l’identité remaniée du ROUGE et NOIR. L’objectif sera de renouer avec le succès à domicile de 2024 et de sortir du fond du classement de l’Est, trop souvent occupé ces dernières saisons.
ARGONAUTS DE TORONTO | 5-13 | TROISIÈME PLACE
Nick Arbuckle a tout donné. Rien d’étonnant pour un joueur qui a tant enduré au cours d’une carrière éprouvante, tant mentalement que physiquement. Avant sa blessure au mollet en fin de saison, Arbuckle était en voie de réaliser des performances dignes de Doug Flutie avec les Argonauts, tandis que le retour de Chad Kelly était sans cesse repoussé.
En l’absence d’un véritable jeu au sol, Arbuckle a admirablement porté l’attaque, mais les défaites serrées ont marqué la saison. Étonnamment, cela a mené Toronto à ne terminer qu’avec un seul match d’avance sur Ottawa, malgré une saison souvent perçue comme bien plus productive pour les Argonauts. En réalité, il leur manquait un attrapé spectaculaire de Dejon Brissett lors de la fin de semaine de la fête du Travail pour rivaliser avec le ROUGE et NOIR, car les deux équipes ont manqué de régularité en 2025, permettant à Winnipeg de décrocher la troisième et dernière place donnant accès aux éliminatoires de la division Est, en vertu du règlement du croisement.
Le problème majeur résidait en défense, où Toronto a encaissé 32,4 points par match, la pire moyenne de la LCF cette saison. Il est certain que le fait que Bo Levi Mitchell prenne plaisir à jouer contre vous et bénéficie d’autant d’occasions de briller chaque année n’arrange rien…
ALOUETTES DE MONTRÉAL | 10-8 | DEUXIÈME PLACE
Quand Davis Alexander était sur de la formation partante, l’équipe était performante. Sans lui, c’était une autre histoire.
Par moments, on avait l’impression que la défense attendait patiemment le retour du nouveau quart-arrière vedette. Les unités spéciales sont restées un point et, malgré les blessures, les Alouettes ont réussi à maintenir un jeu au sol efficace.
La saison 2025 de Montréal se résume à ceci : on n’a jamais vraiment vu leur plein potentiel, car Davis Alexander n’a jamais été à son meilleur niveau. Son potentiel s’est manifesté par éclairs de génie et a mené Montréal à quelques jeux de la victoire à la Coupe Grey, ce qui est remarquable compte tenu des circonstances. Avec Jason Maas, Danny Maciocia et une grande partie du noyau défensif toujours en place, on sent que les Alouettes sont à l’aube d’une nouvelle ère pour le football montréalais, une ère bâtie sur un joueur en pleine forme, un effectif solide et une confiance inébranlable en la vision de Maas.
TIGER-CATS DE HAMILTON | 11-7 | PREMIÈRE PLACE
Ils se sont battus toute la saison pour la première place.
Ils ont enduré la perte déchirante de leur directeur général dans des circonstances cruelles et douloureuses.
Ils ont accueilli un joueur exceptionnel en la personne de Kenny Lawler et l’ont mis en valeur grâce à sa complicité avec Bo Levi Mitchell.
Finalement, tout s’est effondré avec une défaite à domicile en finale de l’Est. Si un ou deux matchs s’étaient déroulés différemment, et si Montréal avait décroché la première place grâce à la défaite de Hamilton à Montréal, la suite aurait été différente. On aurait pu se contenter d’un haussement d’épaules et d’un simple « c’est comme ça ». Mais cette fois, c’était à domicile, et les partisans des Ticats croyaient dur comme fer que leur heure était venue.
Une défense implacable, un jeune secondeur exceptionnel, une ligne défensive renforcée, des botteurs solides et un quart-arrière vétéran expérimenté, pressenti pour le titre de joueur par excellence; tous les éléments étaient réunis. C’est ce qui rend la défaite en finale de l’Est si difficile à digérer à Hamilton.
L’imprévisibilité des éliminatoires de la LCF est ce qui les rend si palpitantes, et si douloureuses pour ceux qui en subissent les conséquences. Maîtrisez votre jeu pendant huit quarts et vous êtes champion. Peinez à trouver votre rythme pendant quatre et c’est l’élimination.
Pour les partisans des Tiger-Cats, c’est une année de plus à attendre la fin d’une disette insoutenable, malgré tous les éloges et les distinctions bien mérités reçus par l’équipe de 2025.
D’après une chronique de Marshall Ferguson publiée sur CFL.ca
