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3 février 2026

Dequoy : « Mon corps n’en pouvait plus »

Kevin Sousa/LCF.ca

MONTRÉAL — On dit souvent que la nuit porte conseil. Rien n’a été plus vrai pour Marc-Antoine Dequoy, qui avait conclu, avec son agent, Sasha Ghavami, une entente verbale avec le directeur général des Alouettes, Danny Maciocia, pour poursuivre sa carrière à Montréal, dimanche soir, avant de revenir sur sa décision quelques heures plus tard.

Ainsi, après avoir discuté avec sa conjointe, ses proches et Ghavami, Dequoy s’est dit serein avec sa décision de prendre sa retraite. Même si Maciocia a bonifié son offre de contrat à la dernière minute pour tenter de le retenir, et même si une offre d’une autre équipe était sur la table.

«Je savais que la nouvelle offre de Danny tombait dans ses paramètres, et je savais qu’il (Dequoy) voulait revenir avec les Alouettes. Tout marchait», a d’abord expliqué Ghavami en entretien téléphonique.

«C’est à ce moment-là que j’ai senti une hésitation. Je ne sais trop comment l’expliquer. Je sentais que quelque chose n’allait pas. Une hésitation générale. On a creusé, et on est arrivés à la conclusion que son corps ne suivait plus, même s’il avait la volonté de continuer», a ajouté celui qui est l’agent de plus d’une vingtaine de joueurs dans la LCF, en plus de deux autres dans la NFL.

Ghavami, qui a jadis été l’agent de Laurent Duvernay-Tardif et d’Antony Auclair, a néanmoins admis que la décision de Dequoy était particulière, notamment en raison de l’intérêt que le maraudeur suscitait dans le circuit Johnston.

«C’est sûr que le ‘timing’ des choses est assez inhabituel, par rapport à d’autres athlètes, a-t-il admis. Sauf que, souvent, dans le sport professionnel, c’est le sport qui décide pour toi (le moment de ta retraite) — tu es à la recherche d’une entente, et les offres des équipes ne rentrent pas —, mais, quand tu es capable de terminer (ta carrière) selon tes termes, alors je trouve ça très beau, en fait.»

Dequoy et la direction des Alouettes ont donc participé à une conférence de presse en fin de matinée au Stade olympique afin de discuter de la décision du maraudeur d’accrocher ses épaulettes, lundi, à l’âge de 31 ans.

«Quand j’ai reçu l’offre de contrat (des Alouettes) en décembre, j’avais une petite voix dans ma tête qui me disait ‘non’. J’ignorais d’où venait cette voix», a mentionné Dequoy en conférence de presse retransmise par la chaîne RDS sur son site internet.

«Ç’a été tout un processus pour comprendre d’où elle venait. Parfois, quand tu ne sais pas trop où chercher, que tu ne sais pas trop quoi faire, alors tu commences à chercher des réponses ailleurs. Tout ça était très confus. Puis, dimanche, quand j’ai reçu l’offre d’une autre équipe, puis que Danny (Maciocia) a bonifié son offre — une très bonne offre —, il ne me restait plus qu’à ratifier le contrat», a poursuivi le joueur originaire de l’Île-Bizard.

«Mais j’avais encore cette petite voix qui résonnait moi, et c’était étrange. C’est là que la perspective d’annoncer ma retraite est apparue. Mais comment savoir si c’est le bon moment d’annoncer ma retraite? J’ai joué au football pendant 26 ans… C’est là que j’ai réalisé que mon corps n’en pouvait plus», a expliqué Dequoy, vêtu pour l’occasion d’un chandail noir et d’un veston beige sobre.

Maciocia, assis à ses côtés pour l’occasion, a assuré qu’il ne s’agissait pas de la fin de leur relation, mais simplement d’une «transition». Il faut donc s’attendre à ce que Dequoy devienne, en quelque sorte, un ambassadeur des Alouettes auprès des prochains joueurs de football québécois, afin de les attirer dans le nid.

«Il (Dequoy) fait toujours partie de l’organisation, et c’est sûr qu’à un moment donné, il va nous aider, a mentionné Maciocia. En janvier 2020, quand les Alouettes m’ont embauché avec Mario Cecchini, on s’est dit qu’on voulait ramener l’équipe vers les partisans, pour qu’ils s’identifient à elle. (…) Regardez aujourd’hui le nombre de Québécois qui font partie de l’organisation, pas seulement sur le terrain, mais au sein de la direction. Mon souhait le plus cher, c’est qu’ils fassent carrière avec une seule équipe, la nôtre.»

Pour sa part, Dequoy a indiqué que son départ ne laissera pas de vide au niveau de la représentativité québécoise chez les Alouettes, et il a rappelé à ce sujet la longue relation de l’équipe avec les produits locaux.

«Il y en a toujours eu (des Québécois). Avant que j’arrive, il y avait Luc Brodeur-Jourdain, Kristian Matte, Étienne Boulay, Matthieu Proulx… Il y en aura toujours un. Il n’y aura pas de vide, il n’y aura que des opportunités et une plateforme pour les joueurs du Québec. Il y a aussi Pier-Olivier Lestage, des joueurs d’impact. On pense que c’est la fin, mais ça n’est qu’une continuité.»

Quant à savoir ce qui lui manquera le plus dans sa nouvelle vie, le principal intéressé n’a pas hésité une seconde.

«Ce sont les gars dans le vestiaire, ils vont me manquer énormément. Notre sport, c’est une véritable fraternité. On vit ensemble, on rit, on parle, on étudie le football ensemble, a mentionné le Québécois. C’est notre sport, et on l’aime énormément. Voir une salle remplie d’adultes qui pleurent (après la Coupe Grey), parce que nous sommes totalement dévoués les uns envers les autres, parce qu’on sait les sacrifices que ç’a demandés, ça là, c’est spécial, et c’est l’affaire la plus déchirante que j’ai dû laisser aller. (…) Mais, parfois, tu dois faire des choix et prendre la bonne décision pour toi.»

Le choix de deuxième ronde, 14e au total, lors de l’encan de la LCF en 2020, a pris part à 73 parties en cinq campagnes avec les Alouettes. En 2023 et en 2024, il a été élu sur l’équipe d’étoiles de la Ligue, aidant notamment l’équipe à soulever la coupe Grey en 2023.