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13 mars 2026

7 traits que les dépisteurs recherchent au camp d’évaluation

Arthur Ward/LCF.ca

TORONTO – Pour les jeunes joueurs de football, le camp d’évaluation de la Ligue canadienne de football (LCF), présenté par Anytime Fitness, est l’audition ultime pour décrocher le poste de leurs rêves devant les directeurs généraux, les entraîneurs et les dépisteurs de la Ligue.

Pour ceux qui gagnent leur vie en évaluant les talents, le camp d’évaluation de la LCF, qui se tiendra plus tard ce mois-ci à Edmonton, est l’occasion idéale de recueillir des informations cruciales avant le repêchage de la LCF.

« Le plus grand défi pour les équipes est d’en apprendre le plus possible en un laps de temps très court », explique Dwayne Cameron, directeur du recrutement canadien des Stampeders de Calgary. « Chaque repêchage, dans tous les sports, est un pari. »

« On se base uniquement sur nos prédictions concernant un joueur, et en réalité, on se trompe dans 50 % des cas. »

Pour éclairer leur décision, les clubs de la LCF recherchent des caractéristiques clés chez les espoirs repêchés. Certaines sont évidentes, alors que d’autres le sont un peu moins.

Voici sept caractéristiques recherchées par les dépisteurs.

LE POTENTIEL BRUT 

Arthur Ward/LCF.ca

Les statistiques déterminent le destin de nombreux espoirs, et certaines sont totalement hors du contrôle de l’athlète. Taille, poids, indice de masse corporelle, taille des mains, longueur des bras, envergure : tout compte, même si cela peut paraître injuste.

« Certains ont un don naturel pour être meilleurs que d’autres, et ça, ça ne s’apprend pas », explique Cameron. « Ils ont eu de la chance. Ils ont une génétique favorable. »

Des exercices comme le sprint sur 40 verges, l’épreuve 3-cônes, le test des changements de direction, le saut horizontal, le saut vertical et le développé couché permettent de mesurer la vitesse, l’agilité, la puissance et la force du haut du corps.

Les participants enfilent également les épaulières pendant deux jours d’entraînement.

« Pour jouer au football professionnel, il faut répondre à certains critères mesurables, sinon on ne peut pas être compétitif au niveau requis », explique Neil McEvoy, vice-président des opérations football des Lions de la Colombie-Britannique. « Si vous êtes trop petit, ça ne vaut pas la peine de vous recruter, et si vous êtes trop grand et trop lent, ça ne vaut pas la peine non plus. »

LE QI FOOTBALL

C’est une autre catégorie qui distingue les joueurs moyens des vedettes, et elle est difficile à mesurer.

« Quels sont les instincts de ce joueur? Est-ce un joueur à qui il faut tout apprendre? Ou bien a-t-il un don naturel et une prédisposition pour la réussite? », précise Cameron.

« Deux joueurs peuvent avoir la même taille et la même vitesse aux tests athlétiques. Pourtant, l’un d’eux sera toujours et constamment bien plus performant que l’autre, et c’est quelque chose d’impalpable. »

Les entraîneurs ont leurs limites, même envers les joueurs les plus doués.

« On peut avoir toutes les mensurations, tout ça », explique McEvoy. « Mais si on ne sait pas lire un livre de jeu ou se positionner, c’est presque aussi handicapant qu’être lent ou pas assez grand. Il faut maîtriser tous ces aspects pour être compétitif au niveau professionnel. »

LA RÉSISTANCE 

Thomas Skrlj/LCF.ca

Être capable de jouer un football exceptionnel, c’est une chose. Être capable de maintenir ce niveau pendant toute une saison régulière de 18 matchs, plus les éliminatoires, c’est une autre paire de manches.

Les blessures sont inévitables au football, et, souvent, la chance joue un rôle important. Cependant, les dépisteurs peuvent se méfier des joueurs dont le dossier médical est lourd et détaille une blessure à répétition ou une blessure chronique qui semble ne jamais guérir.

« Au niveau professionnel, les séances d’entraînement sont très fréquentes », explique McEvoy. « C’est très exigeant physiquement. »

« Il faut être le plus résistant possible, car on a besoin de vous sur le terrain, pas seulement sur les lignes de côté sur le vélo stationnaire. »

Il n’est pas rare de voir des recrues démarrer la saison en force, puis s’essouffler en septembre, lorsque la fatigue se fait sentir.

« C’est l’un des principaux problèmes que je constate chez ces jeunes : ils n’ont jamais joué 18 semaines de matchs », explique McEvoy. « Au Canada, on joue huit matchs. Aux États-Unis, on en joue généralement dix. Mais aucune université ne joue 18 matchs. »

L’HARMONIE DANS LE VESTIAIRE

Un vestiaire de football ressemble à n’importe quel autre lieu de travail. La perfection n’est pas une condition d’embauche, mais il est essentiel que les joueurs s’unissent autour d’un objectif commun, quelles que soient leurs différences personnelles.

« Le pire, c’est de recruter un jeune qui perturbe l’équilibre de l’équipe », explique McEvoy, soulignant que la grande majorité des joueurs ont déjà appris à bien s’entendre avec leurs coéquipiers avant d’atteindre les rangs professionnels.

Les clubs de la LCF effectuent des vérifications approfondies des antécédents et demandent des références aux entraîneurs universitaires avant de prendre le risque de recruter un joueur susceptible de perturber la cohésion de l’équipe.

« On n’a pas besoin d’un vestiaire où tout le monde va au cinéma tous les soirs », dit Cameron. « Vu la taille des vestiaires au football, il est très improbable de trouver plus de 50 joueurs qui sont tous meilleurs amis. »

« En fin de compte, l’important, c’est qu’ils se respectent les uns les autres comme des adultes. »

UNE MOTIVATION INTRINSÈQUE 

Cameron Bartlett/LCF.ca

Selon Cameron, les Stampeders recherchent des joueurs athlétiques et talentueux de haut niveau, mais aussi extrêmement motivés et autonomes.

Le candidat idéal, dit-il, est celui que les entraîneurs n’ont pas besoin de pousser à se surpasser.

« Si vous recrutez quelqu’un de motivé, beaucoup de problèmes potentiels disparaissent », explique-t-il. « Vous savez qu’il s’attaquera à ses points faibles.

« Une personne qui manque de motivation… ne progressera pas et ne deviendra pas la meilleure version d’elle-même si elle se contente de ce qu’elle est. »

UNE OUVERTURE AUX COMMENTAIRES

Les joueurs de football sont humains. Toute critique peut blesser les joueurs visés, peu importe leur gabarit ou leur apparence.

La capacité à accepter les critiques et à en tirer profit est souvent ce qui distingue les bons joueurs des grands joueurs.

« On a affaire à des personnalités fortes, partout », explique Cameron. « La capacité d’un athlète à accepter les critiques constructives ou un coaching exigeant peut faire toute la différence et lui permettre d’atteindre son plein potentiel. »

UNE COMBATIVITÉ MAÎTRISÉE

Laissons le mot de la fin à McEvoy sur les qualités qu’il recherche chez un joueur repêché par les Lions de la Colombie-Britannique.

« Je recherche avant tout la ténacité », dit-il. « J’aime les joueurs qui sont aussi agressifs que possible sur le terrain, et aussi sympathiques que possible en dehors de celui-ci. »

D’après un article de Vicki Hall publiée sur CFL.ca.