Menu
8 avril 2026

Le flag football offre à Antony Auclair le meilleur des deux mondes

Mark Blinch/LCF.ca

Le flag football offre à Antony Auclair le meilleur des deux mondes.

Originaire de Notre-Dame-des-Pins, il continue de jouer à un très haut niveau avec l’équipe canadienne de flag football masculin, mais sans courir le même risque de blessure qu’un ailier rapproché de la NFL.

«Je peux jouer au football et c’est toujours ultra-compétitif, a déclaré Auclair. Il n’est pas censé y avoir de contact (au flag football), mais si vous regardez bien, vous verrez des photos de moi essayant d’attraper le ballon avec le bras ou la main d’un joueur défensif devant mon visage.

«C’est du football, et il y aura toujours des contacts et des blessures. Mais il n’y a pas toujours ce risque de blessure grave comme quand on joue en NFL», a-t-il admis.

Auclair a passé six saisons dans la NFL avec les Buccaneers de Tampa Bay (2017-20), les Texans de Houston (2021) et les Titans du Tennessee (2022). Il a rejoint les Buccaneers en tant que joueur autonome non repêché issu de l’Université Laval et a remporté une bague du Super Bowl lorsque son équipe a battu les Chiefs de Kansas City 31-9, le 7 février 2021.

Auclair a pris sa retraite le 1er février 2024, après avoir capté 15 passes pour 131 verges de gain et un touché en 56 matchs dans la NFL.

Mais le flag football offre non seulement à ce joueur âgé de 32 ans l’occasion de reprendre l’action, mais aussi de participer aux Jeux d’été de Los Angeles en 2028, lorsque ce sport sera inscrit au programme olympique.

À six pieds six pouces, Auclair est une cible imposante dotée d’un très grand rayon de réception. Mais compte tenu de la vitesse du flag football, il a perdu 40 lb et se situe maintenant à 225 lb.

«Il y a toute une gamme de compétences différentes chez les receveurs de passes d’une équipe de flag, a expliqué Auclair. Il y a ces petits gars qui font toutes ces feintes, les ‘hip-dip’ et les ‘jukes’, qui ajoutent un élément spectaculaire.

«Et puis certaines équipes ont des receveurs plus costauds, comme moi, qui vont bloquer la vue des joueurs défensifs et remporter des bagarres aériennes pour le ballon. Je pense que le flag ressemble beaucoup au basket, où les pivots sont imposants et où l’on a des meneurs plus petits et plus rapides», a-t-il poursuivi.

Auclair a aidé le Canada à terminer troisième l’été dernier lors du Championnat continental des Amériques de l’IFAF au Panama. Cela a permis aux Canadiens de se qualifier pour le Championnat du monde qui se déroulera cet été en Allemagne.

Mark Blinch/LCF.ca

Les deux meilleures équipes en Allemagne décrocheront des places pour les Jeux olympiques de 2028. Si les États-Unis atteignent la finale, les trois meilleures équipes se qualifieront, car les Américains ont déjà leur place en tant qu’hôtes.

Le Championnat du monde n’est pas la dernière épreuve de qualification olympique. Mais échouer en Allemagne signifierait de devoir participer au Championnat continental de l’IFAF en 2027, puis à la dernière série de qualification olympique en 2028.

Auclair essaie de ne pas voir aussi loin, mais admet que l’idée de jouer pour une médaille à Los Angeles lui a traversé l’esprit.

«Ce serait un rêve, a-t-il admis. Je suis du genre à vivre une journée à la fois. Je veux me qualifier et remporter une médaille au Championnat du monde, mais ça (une médaille olympique), ce serait incroyable.

«Quand on grandit, ce n’est pas quelque chose auquel on pense, car le football n’existait pas. C’est juste super ‘cool’ maintenant pour un enfant de grandir et de voir qu’il y a une chance de remporter une médaille aux Jeux olympiques», a-t-il renchéri.

Même si le Canada décroche son billet pour les Jeux de 2028 cet été, rien ne garantit que les joueurs actuels feront partie de l’équipe olympique.

Le programme organise régulièrement des camps de sélection et, comme la LCF et la NFL autorisent leurs joueurs à participer aux Jeux de Los Angeles, la concurrence sera rude pour les 12 places de l’équipe olympique (10 partants, deux remplaçants).

«Pour moi, l’équipe du Canada n’est pas différente d’une équipe professionnelle où, chaque année, on fait venir de nouveaux joueurs au camp d’entraînement pour qu’ils se battent pour une place, a déclaré Auclair. Chaque année, il faut continuer de jouer, rester compétitif et donner le meilleur de soi-même.»

À cette fin, Auclair adopte une attitude professionnelle dans sa préparation au flag football. Il s’entraîne à temps plein, comme il le faisait lorsqu’il était joueur de la NFL, tout en occupant le poste d’entraîneur des receveurs et des ailiers rapprochés du Rouge et Or de l’Université Laval et en étant copropriétaire, avec son frère, d’une ligue de flag football à Québec qui comptait l’année dernière plus de 60 équipes.

Auclair a déclaré que les membres de l’équipe canadienne et lui étaient conscients de l’impact que la participation à la compétition de Los Angeles aurait sur le flag football ici.

«J’aime à penser que nous essayons de tracer la voie pour le Canada, a-t-il dit. J’ai joué au football professionnel, mais je n’ai jamais eu la chance de porter le drapeau canadien et de jouer contre d’autres pays, ce qui est vraiment génial et un honneur.

«J’ai l’impression que nous essayons de tracer la voie pour ces jeunes», a-t-il résumé.