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19 avril 2026

Repêchage : Assoiffé, Tristan Marois veut toujours affronter les meilleurs

Colorado Athletics

MONTRÉAL – Suivant les traces de son frère, le Montarvillois Tristan Marois a commencé à jouer au football à l’âge de six ans. Mais, aux dires du principal intéressé, le plaisir n’était pas toujours de la partie.

La piqure pour le sport ne lui est venue qu’à 12 ans quand, défier par son entraîneur chez les Barons de Saint-Bruno-de-Montarville, Marois, plus grand que tous ses coéquipiers, a été muté de demi de coin à joueur de ligne défensive.

« Au football civil, on priorise beaucoup le jeu au sol; j’étais tout le temps loin du jeu », a indiqué Marois lors d’une entrevue avec LCF.ca au camp d’évaluation de la LCF, présenté à Edmonton par Anytime Fitness du 27 au 29 mars dernier.

« Un jour, nous jouions contre les Rebels de Saint-Hubert, et nous étions incapables d’arrêter leurs porteurs de ballon. J’ai dit à mon entraîneur : ‘‘Dis aux joueurs de ligne défensive d’arrêter la course.’’ Il m’a répondu : ‘‘Si tu penses que tu peux faire mieux, vas-y jouer sur la ligne défensive!’’ Sur mes quatre premiers jeux, j’ai réussi trois sacs. C’est là que j’ai réalisé que je pouvais être vraiment bon au football. »

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Après les Barons, il y a eu les Dynamiques du collège Charles-Lemoyne. Puis, inspiré par une connaissance qui avait choisi de s’exiler aux États-Unis pour jouer au football, et désireux de se mesurer à la meilleure compétition possible, Marois a choisi de poursuivre son développement à la Williston Northampton School, située au Massachusetts.

Puis sont survenues la pandémie de COVID-19, et l’annulation de la saison des Wildcats. Afin de continuer son développement, et pour faire face à de meilleurs joueurs et obtenir de meilleures chances de réaliser son rêve d’évoluer, un jour, chez les professionnels, Marois a disputé sa dernière année d’admissibilité à l’école secondaire à la Clearwater Academy International, en Floride.

Après une saison avec les Knights, Marois et deux autres Canadiens, Shakespeare Louis et Nathan Carabatsakis, ont choisi de s’engager envers l’Université Robert Moris, où Marois a joué pendant deux ans. Marois a qualifié son séjour avec les Colonials de « belle expérience » et de « super intéressant », mais son désir de jouer contre les meilleurs était toujours bien présent.

« Robert Moris était une petite université », a expliqué celui qui a fait partie d’Équipe Québec M18 en 2019. « À ma première année, j’ai joué trois matchs. À ma deuxième année, j’ai été partant presque tout le temps. J’étais super content, mais je voulais encore jouer contre les meilleurs, en division 1. Alors j’ai effectué un transfert, en espérant que plus de ressources allaient m’aider à me développer, et qu’un livre de jeux différents allait peut-être m’avantager. »

Marois a ainsi passé les saisons 2023 à 2025 avec les Buffaloes de l’Université du Colorado. Cependant, ce transfert a été coûteux, autant littéralement que symboliquement.

« Un entraîneur que j’avais côtoyé en Floride connaissait un entraîneur évoluant à l’Université du Colorado », a expliqué Marois. « Avec le soutien de mon père, j’ai fait le transfert, en tant que joueur invité (walk on), et sans obtenir de bourse. »

« Je suis passé de partant, avec une bourse d’études, à joueur devant refaire ses preuves », a ajouté le joueur de ligne défensive. « Et on m’a constamment fait lutter pour mon poste dans l’équipe; j’ai dû me battre pour chaque minute de jeu. »

Marois n’a pas joué à sa première année au Colorado. À sa deuxième année, il a fait partie de l’unité de placement. Et à sa troisième année, il a évolué au sein de toutes les formations au sein des unités spéciales. Il ne cache pas que ça n’a pas toujours été facile.

Scott Goodwin/LCF.ca

« J’ai toujours dû me battre, mais ça n’a jamais été un problème pour moi », a confié Marois. « Parfois, c’était décourageant; peu importe ce que je faisais, je ne semblais pas améliorer ma position au sein de l’équipe. Mais, en fin de compte, chaque jour je pouvais pratiquer le sport que j’aime. »

« Et ç’a été une bonne occasion de me développer, et de jouer contre la meilleure compétition de toute ma vie. Longtemps, j’ai été grand et mince. Mon poids m’a souvent désavantagé. Je pesais 212 livres quand je suis arrivé au Colorado, et je pèse 240 livres aujourd’hui. Je pense donc avoir fait le bon choix. Ç’a été toute une expérience! »

Avec les Buffaloes, Marois a eu l’occasion de côtoyer plusieurs légendes de la NFL, dont Deion Sanders.

Surnommé « Prime Time » au cours de sa carrière comme demi de coin dans la NFL, Sanders est devenu « Coach Prime » quand il est devenu l’entraîneur-chef de l’Université du Colorado en décembre 2022.

« Coach Prime, il est unique », a dit Marois. « Mais tout le groupe d’entraîneurs était composé de membres du Temple de la renommée. Toute cette expérience d’avoir été entouré d’anciens grands de la NFL, ç’a été vraiment cool. Ils traitaient le programme comme si c’était une équipe professionnelle, alors j’ai vraiment eu une bonne idée de ce à quoi va ressembler le prochain niveau. Coach Saap (l’ancien plaqueur défensif Warren Sapp, consultant en défense avec les Buffaloes) avait toute une personnalité lui aussi. Il a partagé beaucoup de connaissances avec moi. »

N’ayant disputé aucun jeu en défense depuis sa deuxième année universitaire, avec l’Université Robert Moris, en 2022, Marois n’a pas le luxe qu’ont certains autres espoirs de laisser leur jeu sur le terrain parler pour eux.

Bien qu’il aurait aimé que les recruteurs aient un peu plus de preuves de ce qu’il peut accomplir sur la surface de jeu, le principal intéressé a dit être peu inquiet, sachant qu’il possède les habiletés nécessaires pour exceller à sa position, et que ça ne change en rien la manière dont il se perçoit en tant que joueur de football.

D’où l’importance d’avoir laissé une bonne carte de visite lors du camp d’évaluation de la LCF le mois dernier.

Grâce à ses séances d’entraînement, en plus de la journée de tests physiques, Marois a eu la chance de démontrer aux directeurs généraux, aux entraîneurs et aux dépisteurs ce dont il était capable.

Le chroniqueur de CFL.ca, Marshall Ferguson, écrivait justement que Marois a été « …sans doute le meilleur chasseur de quarts-arrière lors du camp d’évaluation, [assumant] tous les rôles qui lui ont été confiés. Schémas défensifs différents, responsabilités différentes… Peu importe! Il est resté concentré, a travaillé d’arrache-pied et a fait preuve d’un effort constant. »

« C’était vraiment agréable », a pour sa part commenté Marois. « Mes résultats ont été corrects; j’étais un peu déçu de mon sprint sur 40 verges et de mon épreuve 3-cônes, mais j’aurai l’occasion de me reprendre à mon ‘‘pro day’’ (NDLR : Marois n’a pas participé au sprint sur 40 verges lors de sa journée de tests physiques à l’Université du Colorado). »

« Lors de la séance d’entraînement du samedi, j’ai bien fait, et je m’y attendais », a-t-il ajouté. « La formule du camp d’évaluation, avec les séances d’entraînement, c’est vraiment agréable. Les tests, c’est important, mais c’est en plaçant les joueurs les uns contre les autres qu’on voit qui sont les meilleurs. »