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5 mai 2026

Flag-football : Une occasion inattendue pour Arnaud Desjardins

Football Canada

WINNIPEG – Les camps d’entrainement de la LCF ne sont peut-être pas encore amorcés, mais le Princess Auto Stadium de Winnipeg a été le théâtre de football de niveau, en fin de semaine dernière, alors que l’équipe canadienne masculine de flag-football y a tenu un dernier camp de sélection avant le Championnat du monde, qui se tiendra en aout, à Düsseldorf, en Allemagne.

Trente-et-un joueurs ont foulé le terrain lors de ce camp échelonné sur trois jours. Parmi eux, le Québécois Anthony Auclair, l’ancien de la NFL qui est une figure de proue du flag-football canadien depuis quelques années déjà.

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« On va réduire notre formation à 18 joueurs pour la suite des choses », a expliqué Auclair, qui est aujourd’hui entraineur avec le Rouge et Or de l’Université Laval. « Nous sommes un groupe compétitif, qui veut réaliser des jeux. C’est vraiment intense, mais c’est le fun. »

« Tout le monde doit se battre pour un poste », a renchéri l’entraineur-chef Paul LaPolice. « Nous avons tenu des camps d’identifications à travers le pays, et nous avons invité la meilleure trentaine de joueurs ici, à Winnipeg, pour les évaluer et voir qui fera partie de notre formation en aout. »

Si Auclair est un habitué de flag-football, ce n’est pas le cas pour tous les joueurs qui ont participé à ce camp. Le sport étant encore en pleine ascension, plusieurs joueurs de football avec contact ont été invités par LaPolice à Winnipeg, afin de voir si leurs habiletés se traduisaient bien dans un contexte de flag football.

Le quart-arrière Arnaud Desjardins, étoile du football universitaire québécois récemment retraitée, figurait parmi ces joueurs qui se sont présentés au camp sans grande expérience en flag-football.

« Coach LaPolice m’a rejoint il y a quelques semaines pour savoir si c’était quelque chose qui m’intéressait. Il m’a parlé de ma capacité à lancer et à courir. Ce que j’ai pu démontrer au camp d’évaluation de la LCF en 2025, puis ce que j’ai pu faire en lançant à Laval », a expliqué le principal intéressé.

Au flag-football à cinq contre cinq, la version qui sera des jeux olympiques de Los Angeles en 2028, on retrouve une position hybride de quart-arrière, qui peut aussi devenir un receveur. Facile, alors, de comprendre pourquoi LaPolice a pensé que Desjardins pourrait occuper cette position avec l’équipe canadienne.

Un quart-arrière mobile reconnu pour sa vitesse, Desjardins avait impressionné au camp d’évaluation de la LCF en 2025, réussissant un temps de 4,70 secondes au sprint sur 40 verges.

Arnaud Desjardins lors du camp d’évaluation 2025 de la LCF, à Regina. (Arthur Ward/LCF.ca)

« C’est une position qui est comme une double menace. C’est sûr que c’est beaucoup de changements, beaucoup de transitions, et c’est au plus haut niveau. C’est un gros ajustement pour moi, mais j’essaie d’apprendre le plus possible et de m’améliorer chaque jour. »

« Dès sa première journée, il a fait d’excellents jeux », a affirmé Auclair en parlant de son nouveau coéquipier. « Il apprend à jouer un peu plus comme receveur. C’est certains que trois jours ce n’est pas beaucoup pour te prouver, mais ces gars-là sont venus ici et ils ont déjà réussi à faire des gros jeux. C’est vraiment plaisant à voir. »

Pour Desjardins, cette occasion un peu inattendue survient après la conclusion de sa carrière universitaire. Il admet qu’il avait entamé son deuil du football après le repêchage de la LCF en 2025, quand son nom n’avait pas été appelé.

« J’ai voulu profiter au maximum de ma dernière saison; il y avait évidemment beaucoup d’incertitude par rapport à la suite. J’ai fait mon deuil petit à petit; ç’a avait commencé après le repêchage l’an passé. Tout récemment, j’ai commencé à m’entrainer un peu, à lancer, pour être prêt pour ce qui s’en venait. Mais en ce qui a trait au football (avec contact), je sais que c’est terminé pour moi, et je suis super fier de ma carrière. »

Au terme de ces journées d’entrainement, Desjardins a conclu que certaines des idées préconçues qu’il se faisait du flag-football n’étaient pas tout à fait véridiques.

Au sommet de la liste, il réalise maintenant à quel point le football avec contact et le flag-football sont deux sports différents, et que la transition d’un à l’autre n’est pas aussi évidente qu’il croyait.

« C’est un plus gros ajustement que j’anticipais. Je croyais que mes habiletés athlétiques et ma connaissance du football allaient m’aider, et c’est le cas, mais la compréhension du jeu est vraiment différente. Il y a plein d’ajustements sur les tracés, avant la remise c’est différent. C’est une grosse transition. »

Alors que le rêve olympique de 2028 est l’accomplissement ultime de ce nouveau périple pour Desjardins, il demeure conscient qu’il a encore beaucoup de travail à faire avant d’atterrir à Los Angeles, et il préfère se concentrer sur ses objectifs quotidiens, plutôt que de se projeter trop loin en avant.

« Ça serait incroyable! On a encore beaucoup de travail à faire, donc je ne me projette pas trop. Ça demeure quand même une occasion qu’on ne pensait pas avoir en tant que joueur de football. C’est une belle manière de récompenser les joueurs qui empruntent ce parcours. »