MONTRÉAL – Le calendrier préparatoire des Alouettes de Montréal a débuté de façon bien inquiétante face au Rouge et Noir d’Ottawa vendredi. Plus que la défaite sans équivoque de 27-12, l’état de santé du quart Davis Alexander a de nouveau été source d’inquiétude, lui qui a dû rapidement quitter la rencontre, touché au genou droit. Mais il s’avère qu’il y a eu plus de peur que de mal.
«Sur le coup, je me suis dit: ‘Oh non!’ Mais je n’ai jamais eu peur; c’était davantage pour rassurer tout le monde autour, a assuré Alexander. (…) Si ça avait été un match (de saison), j’aurais pu continuer.»
«On ne veut jamais voir un joueur, qui que ce soit, grimacer de douleur sur le terrain. Dans son cas, quand vous le voyez boiter sur le terrain, automatiquement, les pires scénarios vous viennent en tête, a admis l’entraîneur-chef Jason Maas. Je sais qu’il est capable de jouer dans la douleur, mais ce soir, ce n’était pas la soirée pour ça.
«Il est parfaitement en santé et le plan n’était pas de le faire jouer beaucoup plus longtemps de toute façon.»
Sur la deuxième série à l’attaque des siens, après un jeu semblant anodin, Alexander s’est pris le genou droit avant de regagner le banc des siens.
«C’était la première fois que je me faisais plaquer de la sorte, a expliqué Alexander. Je suis tombé à la renverse et un joueur adverse est tombé sur mes jambes, comme si je faisais un développé à l’horizontale. La sensation était bizarre. Nous avons voulu prendre des précautions.»
Quelques minutes plus tard, les collègues de RDS ont vu le no 10 des Oiseaux quitter le stade en compagnie du Dr Vincent Lacroix, pour subir des examens plus approfondis.
«J’ai vu que RDS avait mis un truc en ligne avec mon nom et celui du Dr Lacroix. Je n’ai pas tout compris, mais je me suis dit que ça ne devait pas être rassurant, a blagué le no 10. On a fait des radiographies et tout est OK.»
Il a d’ailleurs regagné ses coéquipiers le long des lignes de côté au troisième quart, sur ses deux jambes, discutant avec ses partenaires de jeu de façon très expressive.
Alexander a été limité à huit matchs la saison dernière en raison d’une sérieuse blessure à l’ischio-jambier gauche en 2025. Pendant son absence, l’attaque des Alouettes a éprouvé toutes sortes d’ennuis et tous s’entendent pour dire que si les Alouettes veulent connaître du succès cette saison, ils se doivent de compter sur leur quart no 1.
Il n’avait lancé que trois passes au moment de quitter, toutes complétées pour 17 verges. Maas ne changera pas ses plans malgré cette courte sortie.
«Il ne devait pas jouer (vendredi prochain à Ottawa) et il ne jouera pas plus, a affirmé l’entraîneur-chef. C’est la dernière fois que vous le voyiez jusqu’à la semaine 1.»
Dustin Crum, embauché cet hiver pour seconder Alexander, a pris la relève, assurément plus tôt que ne l’envisageaient Maas et l’état-major des Alouettes. Il a bien fait, complétant 15 de ses 20 passes pour 130 verges. Il y a longtemps qu’un quart no 2 des Alouettes a inspiré autant confiance aussi tôt dans la saison.
James Morgan, récemment ramené dans le giron des Alouettes, s’est amené avec cinq minutes à faire au troisième quart. Il a été victime de la première interception du match à sa deuxième tentative de passe, ce qui a mené au deuxième placement du match de Paul Geelen, sur 36 verges. Il a complété sa soirée de travail avec trois passes complétées en six tentatives pour 31 verges.
L’ex-porte-couleurs du Rouge et Or de l’Université Laval Arnaud Desjardins a vécu son baptême de feu chez les professionnels avec un peu plus de neuf minutes à jouer dans la rencontre. Le Québécois a orchestré la seule séquence à l’attaque des Alouettes menant à un touché, sur une course de deux verges de Shomari Lawrence.
«Il a gagné quelques points ce soir, a noté Maas. Je suis surtout heureux qu’il ait joué sans stress. C’est ce à quoi je m’attendais de lui. Nous avons eu une discussion (jeudi) et je lui ai dit d’avoir du plaisir avec cette opportunité, que c’était le même sport qu’il avait si souvent joué. Il a réussi à faire ça et j’en suis très heureux.»
«C’était trippant. C’était un rêve de jeunesse qui s’est réalisé pour moi aujourd’hui, a déclaré Desjardins (7 en 8, 71 verges). D’être en uniforme, j’en étais déjà très reconnaissant. De pouvoir jouer la fin, même si ce n’est pas le résultat qu’on voulait, c’est super le fun.»