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2 juillet 2026

Galli : Un nouvel âge d’or pour les Alouettes?

Minas Panagiotakis/LCF.ca

MONTRÉAL – Les Alouettes profitent présentement de leur première semaine de congé de la saison, et j’ai décidé de profiter de cette accalmie du train effréné qu’est une saison de la LCF pour prendre un pas de recul et raconté ici une expérience un peu plus personnelle, mais qui, je crois, résonnera chez beaucoup de partisans de football et des Alouettes au Québec.

Quand j’étais un jeune garçon qui se levait le matin en mangeant un bol de céréales devant le bulletin sportif Sports30, les Alouettes étaient à l’apogée de leur âge d’or des années 2000.

Je me souviens très bien m’être réveillé le lendemain de la conquête de la Coupe Grey en 2009 et d’avoir lu l’histoire du 13e homme des Roughriders dans le journal. Je ne me souviens plus trop où j’avais entendu ça, mais on disait même que le joueur fautif était encore en train de pleurer dans le vestiaire des Riders… Une fausse nouvelle avant son temps? Parenthèse, se réveiller et se dépêcher d’aller ouvrir le journal pour découvrir les résultats sportifs de la veille est une expérience maintenant révolue, mais qui était dure à battre.

La Presse Canadienne

Avec Calvillo aux commandes, mon regard d’enfant avait l’impression que cette équipe était invincible. Chaque fois que j’écoutais un match à la télévision, j’avais la conviction que les Alouettes allaient l’emporter, et que la prochaine passe de Calvillo allait être un touché, probablement dans les mains de Ben « Cahooooon » ou Jamal Richardson.

En défense c’étaient les Chip Cox, Anwar Stewart et Mathieu Proulx de ce monde qui se chargeaient de museler l’adversaire.

Au-delà des succès sur le terrain, je crois que la stabilité dans la formation des Alouettes au cours de cette période a grandement contribué à cet âge d’or, qui suscite encore la nostalgie quand on en parle aujourd’hui.

Quand les gens pensaient aux Alouettes, ils étaient immédiatement en mesure d’associer des visages à l’équipe. Calvillo, Cahoon, Cox et Proulx, entre autres, étaient des noms aussi connus des partisans sportifs québécois que certains joueurs de hockey. Même l’entraineur-chef Marc Trestman était une figure bien connue du paysage médiatique.

Dans les cours d’école, les enfants se prenaient pour Anthony Calvillo en jouant au football, tout aussi bien qu’ils se prenaient pour Sidney Crosby au hockey.

Mais, comme toute dynastie, celle des Alouettes de cette époque a pris fin quelque part autour de 2012-2013, et l’équipe est entrée dans une drôle de phase de son histoire.

De 2013 à 2023, les Alouettes ont effectué neuf changements au poste d’entraineur-chef, soit près d’un par saison. Dans le champ-arrière, ce sont 18 quarts-arrière qui se sont succédé aux commandes de l’attaque. À cette époque, la question des propriétaires de l’équipe est elle aussi devenue un sujet de confusion.

Les Alouettes étaient toujours une équipe, mais un masque couvrait maintenant son visage, son identité. L’exercice de nommer cinq joueurs de la formation, qui était une évidence durant l’âge d’or, est devenu sacrément plus ardu pour l’amateur moyen.

C’était comme si les Alouettes perdaient peu à peu leurs racines dans la métropole, et que leur blason, qui avait autrefois été si luisant, devenait plus terne d’année en année.

Et puis est venue l’année 2023.

Après une période d’incertitude inquiétante durant la saison morte, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau a fait l’acquisition du club, ramenant ainsi la propriété de l’équipe au Québec, là où elle doit l’être.

Danny Maciocia a fait de la magie en mettant la main sur Cody Fajardo et Jason Maas, tandis que des joueurs comme Tyson Philpot et Davis Alexander se développaient tranquillement dans l’ombre, et que Marc-Antoine Dequoy devenait une véritable figure, autant sur le terrain qu’à l’extérieur.

 

Geoff Robins/LCF.ca

On connait la suite; la conquête Cendrillon de la Coupe Grey en 2023, la saison dominante de 2024, et l’avènement de Davis Alexander en 2025, qui a mené son équipe à la Coupe Grey.

Est-il trop tôt pour avancer que l’on se trouve finalement dans un nouvel âge d’or des Alouettes de Montréal? Probablement, oui, mais disons que tout pointe dans la bonne direction.

Depuis la Coupe Grey en 2023, l’équipe a été dominante sur le terrain, et la stabilité de la formation fait en sorte que de nouvelles vedettes voient peu à peu le jour. Dequoy a pris sa retraite, mais il aura marqué l’histoire du club à sa façon. Les Alexander, Philpot et Cantin-Arku sont devenus des favoris de la foule, et même l’entraineur-chef Jason Maas est maintenant une figure bien connue à Montréal.

Ç’aura peut-être pris plus de temps que prévu, mais le flambeau tendu par Anthony Calvillo et sa bande semble maintenant être entre de bonnes mains.